$ Jour de paye

Ce qu’il faut savoir avant d’acheter votre première propriété

Plusieurs acheteurs se demandent s’ils sont prêts financièrement à faire le grand saut.

Publié le 

Acheter une première propriété représente l’une des décisions financières les plus importantes d’une vie. Acheter une première propriété représente l’une des décisions financières les plus importantes d’une vie. (Noovo Info)

Acheter une première propriété représente l’une des décisions financières les plus importantes d’une vie. Plusieurs acheteurs se demandent toutefois s’ils sont réellement prêts financièrement à faire le grand saut.

Aux yeux de Nicolas Karaoglanian, conseiller en gestion de patrimoine chez fdp Gestion privée, il faut commencer par la base. «C’est vraiment de regarder c’est quoi votre capacité d’emprunt, c’est quoi votre capacité financière, c’est quoi votre budget», note-t-il d’emblée.

M. Karaoglanian explique qu’il faut également connaître votre «coût de vie». «Le coût de vie, c’est vraiment ce qu’on dépense après impôts, c’est le montant réel qu’on dépense chaque année par rapport à nos revenus», soutient-il.

Et la mise de fonds?

Certains acheteurs se demandent également s’il est vraiment nécessaire d’accumuler 20% de mise de fonds avant d’acheter une propriété.

Si vous achetez une propriété avec une mise de fonds inférieur à 20%, vous devez vous procurer une assurance prêt hypothécaire auprès de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). «Cette assurance protège votre prêteur au cas où vous seriez incapable d’effectuer vos paiements», indique la SCHL.

Vous devez donc calculer un montant additionnel pour cette prime.

«Je privilégie 20% de mise de fonds pour une propriété idéalement. Dans le pire des cas, à 10%, j’irais pas à 5% parce que ça coûte très cher. Si on n’est pas capable d’aller chercher un 10% de mise de fonds, on reste à loyer. Ça c’est clair pour moi», croit M. Karaoglanian.

Un mode de vie

L’idée selon laquelle payer un loyer revient à jeter son argent par les fenêtres est un mythe que l’expert souhaite nuancer.

Selon Nicolas Karaoglanian, une personne qui demeure locataire tout en investissant l’argent qu’elle économise peut bâtir un patrimoine comparable à celui d’un propriétaire.

«C’est un choix de vie d’être propriétaire ou locataire. Du côté financier, ce n’est pas clair s’il y en a un qui est meilleur que l’autre», note-t-il.

La différence dépend souvent de la discipline. Les propriétaires accumulent de l’équité en remboursant leur hypothèque. Les locataires doivent plutôt mettre volontairement de l’argent de côté et l’investir.

Ce dernier précise que peu de locataires parviennent réellement à économiser l’excédent d’argent. «C’est pour ça qu’après 20, 25 ans, les propriétaires vont se retrouver plus riches», remarque-t-il.

Un locataire qui est bien discipliné et qui maximise ses abris fiscaux, le REER et le CELI parviendra toutefois à un même résultat qu’un propriétaire, complète-t-il.

«Il n’y a pas de problème à continuer d’être à loyer et d’être bien prêt pour passer à l’action pour l’achat parce qu’il y a beaucoup de choses qui sont sous-estimées quand on achète», ajoute-t-il.

La facture ne s’arrête pas chez le notaire

Recevoir les clés de la nouvelle propriété est souvent perçu comme la dernière étape de l’achat. En réalité, ce n’est que le début d’une nouvelle série de dépenses.

La taxe de bienvenue, le déménagement, l’ameublement et même les rénovations sont souvent oubliés dans le budget des nouveaux acheteurs.

L’expert dit d’ailleurs avoir déjà vu des propriétaires acheter «la grosse cabane» et n’avoir que «des chaises pliantes pour la meubler». «Il y a beaucoup de choses qu’on sous-estime [lors de l’achat]», indique M. Karaoglanian.

Une décision qui dépasse les chiffres

M. Karaoglanian invite les futurs acheteurs à regarder au-delà des calculs bancaires.

Les institutions financières peuvent déterminer le montant maximal qu’une personne est en mesure d’emprunter, mais cela ne signifie pas nécessairement qu’elle sera à l’aise avec les paiements qui en découlent.

Selon lui, devenir propriétaire ne devrait pas obliger quelqu’un à abandonner toutes ses habitudes de vie, qu’il s’agisse de voyager, de pratiquer des loisirs ou simplement de conserver une certaine liberté financière.

«On ne peut pas être esclave de notre propre maison», résume-t-il.

Pour les premiers acheteurs, la meilleure décision n’est pas seulement celle possible sur papier, mais celle qui correspond le mieux à sa situation financière.