$ Jour de paye

Les rénovations vertes pourraient augmenter la valeur de votre maison

Un nouveau livre blanc sur l’immobilier durable voit le jour au Québec.

Publié le 

Noovo Info

Les inquiétudes face au réchauffement climatique et aux besoins énergétiques gagnent du terrain dans le monde de l’immobilier. C’est du moins une des conclusions de l’organisme Décarbone+ qui a publié en avril un livre blanc sur l’immobilier durable au Québec.

«Je donne souvent la métaphore de la grenouille dans un chaudron d’eau chaude», illustre le président de Décarbone +, Philippe Hudon. Selon lui, le milieu immobilier doit réaliser qu’il y a de réels risques à ne pas construire de façon résiliente.

Alors qu’on lie souvent les rénovations vertes à un moyen de diminuer sa facture d’hydroélectricité, elles offrent aussi une «pérennité financière», selon le rapport.

Les grandes lignes du livre blanc indiquent qu’une propriété qui n’est pas résiliente et écoénergétique pourrait perdre plus de 10 % de sa valeur à long terme. Un gain de 5% est aussi possible avec l’ajout d’infrastructures écoénergétiques comme une thermopompe.

Plusieurs acteurs du milieu étaient présents lors du dévoilement du livre blanc, dont un expert en financement immobilier à la Banque Nationale. «Le risque climatique c’est un risque additionnel. On a du travail à faire, mais ça fait partie des considérations des cotes de risque pour les prêts», explique François Morin.

Cette considération pour les risques climatiques n’est pas encore parfaitement implantée, mais devient de plus en plus présente chez les banques et les assurances, estime le banquier.

Inondations accrues

Au Québec, les nombreuses inondations causées par les pluies records ces derniers étés ont coûté des centaines de millions de dollars, selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC).

Les acheteurs veulent faire un achat informé, «mais malheureusement, il n’existe pas de cotation du risque au Québec», souligne le directeur de Décarbone +.

Le livre blanc recommande donc une cotation liée aux risques climatiques, comme les zones inondables. Le gouvernement québécois a annoncé en 2025 un nouveau cadre sur les zones inondables.

Inondations: plusieurs municipalités sur leurs gardes Plusieurs municipalités sont sur leurs gardes alors que de grandes quantités de pluies sont attendues ce qui fait augmenter le risque d’inondations. Les détails avec Lili Mercure.

Il manque toutefois de données au Québec pour la création d’une côte de risques, selon Philippe Hudon.

« Il y a une cote énergétique qui est en train d’être mise en place par le gouvernement, mais elle se veut plutôt informative et pour les bâtiments commerciaux», ajoute-t-il.

Trois cibles

Ce livre blanc ne cherche pas à changer les habitudes des Québécois et des Québécoises au plan individuel, mais surtout celles des grandes institutions.

«On vise vraiment trois groupes: les constructeurs, les évaluateurs et les investisseurs», résume le président de Décarbone +.

Agir sur ces trois grands axes de l’immobilier est nécessaire pour arriver à faire une transition vers des bâtiments écoénergétiques et résilients, selon lui.

Bien que le milieu de l’immobilier ne changera pas du jour au lendemain, le livre blanc vise à donner un second souffle à l’immobilier durable au Québec.

«On avait vraiment le vent de face dans les dernières années», déplore Patrick Côté, directeur Groupe Montoni, une société de développement en immobilier durable. Il espère voir un changement de mentalité au cours des prochaines années.

Cette difficulté peut s’expliquer par la baisse d’intérêt envers les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), à la suite entre autres de la présence accrue de Donald Trump et Elon Musk dans l’espace médiatique.