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Des forfaits voyage aux eSIM, comment éviter les frais d’itinérance élevés en voyage?

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Une personne utilise un cellulaire à Ottawa, le lundi 18 juillet 2022. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick Une personne utilise un cellulaire à Ottawa, le lundi 18 juillet 2022. (Sean Kilpatrick/La Presse canadienne)

Les dépenses peuvent rapidement s’accumuler lors de vacances à l’étranger, qu’il s’agisse de repas somptueux, de billets d’avion ou d’hébergement, mais rester connecté peut parfois être la principale source de mauvaise surprise sur la facture pour les voyageurs à leur retour.

Ainsi, lorsque votre téléphone cellulaire se met à sonner pendant une balade nocturne à Paris, à Rome ou à Melbourne, des experts conseillent de bien réfléchir avant de répondre, sous peine de vous retrouver avec des frais d’itinérance exorbitants — à moins que vous ne vous soyez organisé à l’avance.

Les Canadiens disposent aujourd’hui de plusieurs options pour utiliser leur téléphone à l’étranger sans se ruiner, mais le choix de la solution la plus adaptée dépendra de votre destination et de la durée de votre séjour.

Les principaux opérateurs ont commencé à proposer des forfaits d’itinérance adaptés aux séjours prolongés à l’étranger, plutôt que de se contenter de tarifs journaliers d’itinérance qui sont devenus de plus en plus onéreux au fil des ans. Il existe également des forfaits tout compris qui intègrent l’itinérance dans certains pays aux frais mensuels, tandis que certains clients avisés préfèrent acheter une eSIM, ce qui leur permet de se passer complètement de leur opérateur.

«Avec un peu de préparation, on peut éviter bien des dépenses», explique Nadir Marcos, cofondateur et chef de la direction de PlanHub.ca, une plateforme qui permet aux consommateurs de comparer les offres des différents opérateurs de télécommunications.

«Ces frais d’itinérance journalière sont très onéreux; c’est donc vraiment l’option à éviter.»

Différentes options

M. Marcos indique que la plupart des grands opérateurs proposent des forfaits mensuels incluant l’itinérance vers les États-Unis ou le Mexique pour un supplément d’environ 5 à 10 $. Il ajoute que passer temporairement à l’un de ces forfaits peut souvent s’avérer l’option la plus abordable, même si les démarches nécessaires pour y parvenir constituent une source de désagréments, sans compter le risque de perdre les promotions en cours associées à votre forfait actuel.

Sinon, ou pour des destinations plus éloignées, M. Marcos préfère activer une eSIM de voyage prépayée sur son téléphone cellulaire. Il précise qu’il existe toute une gamme de fournisseurs d’eSIM proposant des tarifs nettement moins chers que les tarifs journaliers d’itinérance des opérateurs canadiens.

Par exemple, pour un séjour de deux semaines en France, une eSIM de voyage offrant jusqu’à 10 gigaoctets de données coûterait actuellement moins de 14 $ au total, selon une recherche effectuée sur l’outil de comparaison SimBud.com de Planhub.

«Le seul inconvénient, c’est que vous ne pouvez ni répondre à vos appels ni passer d’appels depuis votre propre numéro, ce qui pose problème», souligne M. Marcos.

Mais à «l’ère de la commodité», Mohammed Halabi recommande aux clients d’opter pour une autre solution afin d’éviter ce désagrément potentiel. Il précise que les forfaits voyage récemment lancés par les grands opérateurs sont peut-être plus chers qu’une eSIM, mais qu’ils s’accompagnent d’une procédure plus simple à suivre.

«Les eSIM sont intéressantes en matière de service», explique M. Halabi, directeur et fondateur de MyBillsAreHigh.com, une entreprise qui aide les clients à négocier avec les opérateurs de télécommunications.

«Personnellement, je privilégie davantage la commodité et je suis prêt à payer un peu plus cher.»

Le prix de la commodité

Le prix de ces forfaits varie en fonction de la destination et de la durée du voyage, avec des offres disponibles pour des séjours de quelques jours seulement ou même d’un mois entier.

Avec les forfaits voyage de Rogers, par exemple, il en coûterait 70 $ pour accéder aux données, aux appels et aux SMS de votre forfait pendant un séjour de 14 jours en Europe. À titre de comparaison, le tarif d’itinérance journalier de l’entreprise sur ce continent s’élève à 18 $.

Un forfait voyage pour les États-Unis coûterait 60 $ pour la même durée, contre un tarif d’itinérance de 16 $ par jour pratiqué par l’entreprise.

M. Halabi indique que les coûts sont similaires chez les trois grands opérateurs pour des forfaits de voyage comparables, soulignant qu’ils ont commencé à proposer ces forfaits au cours de l’année écoulée. Le forfait de voyage européen de 14 jours de Bell est proposé à 75 $, contre un tarif de 16 $ par jour, tandis que Telus propose la version la moins chère à 50 $ pour deux semaines, contre un tarif d’itinérance quotidien de 18 $.

Cette initiative des principaux opérateurs de télécommunications du pays visant à élargir leur offre fait suite aux critiques formulées par l’autorité de régulation du secteur concernant les frais d’itinérance élevés.

Le CRTC était intervenu

En 2024, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) avait appelé les grandes entreprises de téléphonie mobile à proposer des options d’itinérance plus abordables, soulignant que les consommateurs étaient non seulement confrontés à des tarifs en hausse lorsqu’ils voyageaient à l’étranger, mais aussi à des options «peu flexibles».

Le CRTC a déclaré que les Canadiens manquaient de choix en matière d’itinérance, car la plupart des consommateurs ne pouvaient pas choisir de forfaits adaptés à leur utilisation et à la durée de leur voyage, contrairement aux voyageurs d’autres pays.

«J’ai des clients qui passent tout leur temps à l’étranger et qui payaient 18 $ par jour», souligne M. Halabi.

«C’était donc très pénible avant, mais aujourd’hui, ces nouveaux forfaits de voyage ont allégé ce fardeau.»

D’autres réglementations sont en place pour éviter les mauvaises surprises lorsque les voyageurs rentrent chez eux et consultent leur facture.

Les opérateurs sont tenus de plafonner à 100 $ les frais d’itinérance de données au cours d’un même cycle de facturation mensuel, à moins que le client n’accepte explicitement de payer davantage. Ce plafond inclut tous les frais facturés au client au titre de l’itinérance de données, tels que les forfaits journaliers à tarif fixe et les forfaits permettant au client d’utiliser son appareil à l’étranger de la même manière qu’au Canada.

À compter d’avril 2027, les opérateurs devront avertir les clients lorsque la consommation de données de leur appareil atteindra 50 $ en itinérance internationale, afin qu’ils sachent qu’ils ont atteint la moitié du plafond.

Les deux défenseurs des consommateurs notent que les frais peuvent facilement s’accumuler si l’on n’y prête pas attention. Il est important d’être conscient des coûts potentiels — en particulier lorsque l’on voyage en famille avec plusieurs appareils — et de prévoir à l’avance une solution adaptée à la situation.

«Le mieux est de se préparer avant de partir», conclut M. Marcos.

Entreprises dans cette dépêche: (TSX:RCI.B, TSX:BCE, TSX:T)

Sammy Hudes

Sammy Hudes

Journaliste