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Des choix financiers difficiles pour les soins de fin de vie des animaux de compagnie

Pour ceux qui ont des animaux de compagnie vieillissants, il y a des décisions difficiles à prendre.

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La chienne Lucy apparaît sur cette photo non datée. LA PRESSE CANADIENNE/Photo fournie par Emma Gilmour (Crédit obligatoire) La chienne Lucy apparaît sur cette photo non datée. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Emma Gilmour)

Au fur et à mesure que Lucy vieillissait, ses analyses sanguines ont commencé à révéler des résultats anormaux.

Alors que cette chienne de 80 livres, croisée berger, s’apprêtait à fêter ses 10 ans, sa propriétaire, Emma Gilmour, souhaitait obtenir un diagnostic. Le vétérinaire de Lucy a évoqué la maladie de Cushing comme une possibilité.

Emma Gilmour a déboursé près de 5000 $ pour des examens complémentaires, notamment une échographie, un tomodensitogramme et des consultations chez des spécialistes. Lucy avait une masse au niveau du foie représentant près d’un quart de la taille de l’organe, et une intervention chirurgicale a été recommandée pour l’enlever. La masse était située à proximité d’artères et, si celles-ci venaient à se rompre, Lucy risquait de mourir.

L’opération coûtait 10 000 $ supplémentaires.

«Ils ont exigé un acompte de plus de 8000 $ avant même d’envisager l’opération, témoigne Mme Gilmour. J’ai dû présenter ma carte de crédit et ils ont prélevé une autorisation de paiement de plus de 8000 $ ce matin-là. Ils n’opèrent pas un chien tant que vous ne les avez pas payés à l’avance.

«Donc, si vous n’avez pas accès à une ligne de crédit, ou si vous n’avez pas 8000 $ sur votre compte bancaire, vous ne pouvez littéralement pas le faire.»

Mme Gilmour ne regrette pas les dépenses engagées, et Lucy se porte bien depuis l’opération en novembre 2025. Elle a combiné des retraits de son REER, une marge de crédit et des options de transfert de solde pour réduire ses intérêts. Elle espère avoir tout remboursé d’ici la fin de cette année.

«Je suis le genre de personne qui ne regrette pas ce qu’elle fait; je regretterais plutôt ce que je n’ai pas fait, explique Mme Gilmour. Je suis simplement dans une situation privilégiée, j’ai beaucoup de chance d’avoir ces moyens à ma disposition et d’avoir pu faire cela.»

Pour ceux qui ont des animaux de compagnie vieillissants, il y a des décisions difficiles à prendre concernant les soins en fin de vie.

Un des amis de Mme Gilmour a décidé de ne pas faire subir de chimiothérapie à un vieux chien recueilli dans un refuge — non seulement à cause du coût, mais aussi parce que le chien avait une peur bleue des trajets en voiture et du cabinet vétérinaire, et que le traitement aurait été long et traumatisant.

Un autre ami de Mme Gilmour a choisi de ne plus faire retirer les petites tumeurs qui apparaissaient régulièrement un peu partout sur le corps de son chien, et celui-ci a quand même vécu jusqu’à l’âge de 16 ans.

«Si vous ne vous sentez pas capable de rester objectif, j’essaierais de demander à un ami de vous aider (à prendre ces décisions), car il peut être vraiment difficile, évidemment, de prendre du recul sur le plan émotionnel», conseille Mme Gilmour.

Des soins guidés par le confort

Votre vétérinaire saura également vous conseiller, et ces conversations difficiles ne donnent lieu à aucun jugement, affirme Lauralee Dorst, directrice du bien-être animal au sein de la Toronto Humane Society et technicienne vétérinaire agréée.

«L’une des plus grandes idées reçues en médecine vétérinaire est que les contraintes financières reflètent l’attachement d’une personne à son animal de compagnie», explique Mme Dorst lors d’un entretien par courriel.

«Les soins de fin de vie doivent être guidés par le confort, la dignité, la qualité de vie et la compassion — et non par la honte.»

Les frais vétérinaires peuvent mettre à mal la capacité des gens à payer leur loyer ou leur hypothèque, ou à subvenir aux besoins de leurs propres enfants, souligne Mme Dorst. Et ces coûts peuvent s’étaler sur des mois, voire des années, dans le cas de maladies chroniques comme les problèmes cardiaques, le diabète, l’arthrite, les maladies dentaires et les problèmes de mobilité.

«Pour de nombreuses familles, même quelques centaines de dollars peuvent représenter une somme difficile à débourser, et une facture de plusieurs milliers de dollars peut très rapidement les contraindre à prendre des décisions douloureuses», explique Mme Dorst.

Beaucoup d’options de traitement

La médecine vétérinaire a connu un développement rapide, offrant désormais un éventail sans précédent d’options thérapeutiques, souligne Maggie Brown-Bury, vétérinaire à Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador, et présidente de l’Association canadienne des médecins vétérinaires.

«Les options se sont améliorées et sont devenues plus nombreuses, affirme-t-elle. Nous pouvons faire beaucoup plus aujourd’hui, alors qu’il y a 20 ou 30 ans, il existait certaines maladies pour lesquelles nous n’avions aucune solution. Mais bien sûr, ces progrès ont un coût.

«En tant que propriétaire d’animaux de compagnie, je me suis moi-même retrouvée dans une situation où l’on en viendrait presque à souhaiter que cette option n’existe pas, car désormais, la question n’est plus de savoir si l’on est en mesure de le faire d’un point de vue logistique, mais si l’on en a les moyens financiers.»

En dehors de son activité professionnelle, Mme Brown-Bury aborde ces décisions en toute franchise avec ses propres amis. Ce n’est pas parce qu’on peut le faire qu’on doit nécessairement le faire.

«Le chien ne comprend pas pourquoi on lui fait tant de piqûres, explique-t-elle. Et souvent, les gens sont tiraillés par cette décision: “Suis-je égoïste? Est-ce que je fais cela parce que je ne veux pas lâcher prise?”

«Et mon conseil est toujours le même: nous ne voulons en aucun cas que l’animal souffre. Nous allons discuter des options qui permettront d’alléger ou de mettre fin à ses souffrances, ce qui signifie que l’euthanasie doit parfois être envisagée comme une option thérapeutique lorsque nous sommes confrontés à une maladie grave chez un animal âgé.»

Et les assurances?

Certains propriétaires d’animaux débattent des avantages respectifs d’une assurance pour animaux de compagnie et d’un fonds d’épargne d’urgence, mais Mme Dorst indique que disposer des deux, si possible, constitue l’option la plus sûre.

«L’assurance n’est pas une solution complète pour la planification de fin de vie, précise-t-elle. Les contrats peuvent comporter des franchises, des plafonds de remboursement, des exclusions, des délais de carence, et peuvent ne pas couvrir tous les aspects des soins palliatifs, de l’euthanasie, de la crémation ou des soins funéraires. Les familles doivent examiner attentivement les contrats afin de bien comprendre ce qui est couvert et ce qui ne l’est pas.»

Mme Brown-Bury indique que certains vétérinaires n’hésitent pas à recommander des compagnies d’assurance pour animaux de compagnie, et qu’au moins une option au Canada propose la facturation directe, ce qui évite d’avoir à payer d’avance.

Il est important de souscrire une assurance lorsque l’animal est jeune, mais il est tout aussi important d’investir dans sa santé dès son plus jeune âge et de manière régulière, ajoute Mme Brown-Bury.

«Comme le dit le vieil adage: mieux vaut prévenir que guérir, avance-t-elle. Effectuer des bilans de santé annuels lorsque votre animal est jeune et établir une relation de confiance avec votre vétérinaire afin qu’il connaisse les caractéristiques normales de votre animal vous aidera vraiment à réduire les coûts à long terme.»

Lucy se porte très bien pour son âge, et Mme Gilmour affirme que sa décision de procéder à l’opération aurait peut-être été différente si Lucy avait montré des signes de déclin depuis des années. L’espérance de vie de Lucy après ce type de tumeur est d’environ deux ans, selon les spécialistes.

«À part cela, Lucy semblait en très bonne santé et était encore très active; j’avais donc simplement l’impression qu’il lui restait encore beaucoup de vie devant elle, témoigne-t-elle. Pour moi, cela en valait donc la peine à ce moment-là, mais c’est sans aucun doute un facteur que j’aurais absolument pris en considération.

«Même si l’on dispose des moyens financiers nécessaires, il faut penser au chien et se demander quelle est la solution la plus judicieuse.»

Nina Dragicevic

Journaliste