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De nouveaux jalons pour les jeunes afin de planifier les étapes financières de la vie

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Tony Capotosto, vice-président des services bancaires canadiens de la Banque Scotia, apparaît sur cette photo fournie par l’agence, prise le samedi 6 juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Photo fournie Tony Capotosto, vice-président des services bancaires canadiens de la Banque Scotia, apparaît sur cette photo fournie par l’agence, prise le samedi 6 juin 2026. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE/Photo fournie (PhotographesCommercial)

Les jeunes n’ont pas besoin d’une énième série de statistiques leur rappelant que leur vie financière sera différente de celle de la génération de leurs parents. Ils ont besoin d’un plan.

Les études coûtent cher, l’accès à la propriété est repoussé, les carrières ont évolué. Il existe désormais de nouveaux jalons à franchir pour atteindre l’autonomie financière, et les délais ont changé.

Selon Chris Merrick, directeur de Merrick Financial et conseiller financier indépendant à Toronto, le premier objectif des jeunes commence dès qu’ils décrochent un emploi.

L’importance du budget

Dès que vous recevez votre premier salaire, vous devez établir un budget.

«Établir un budget est davantage un outil qu’une corvée, a expliqué M. Merrick. La nouvelle norme veut qu’un budget soit moins le signe de difficultés financières que le reflet d’une bonne culture financière, car le coût de la vie et celui du logement sont plus élevés. Il est beaucoup plus difficile de s’en sortir à l’aveuglette.»

Il est possible d’utiliser une application ou de simplement créer un tableau Excel, a-t-il ajouté. La méthode choisie importe moins que ce que le budget représente: une maîtrise des dépenses. C’est pourquoi cette première étape est sans doute la plus difficile, croit M. Merrick.

«Si vous gagnez de l’argent, que vous en dépensez et que vous parvenez malgré tout à mettre une somme importante de côté, [un budget] est moins important, mais ce n’est pas le cas de la grande majorité des gens, a avancé M. Merrick. Cela signifie ne pas acheter ces billets de concert, ne pas faire ce voyage, ne pas sortir dîner deux fois par semaine, ne pas aller boire un verre.

«Un budget implique essentiellement des contraintes de mode de vie. C’est souvent le plus difficile, surtout quand on est jeune et qu’on a envie de profiter de la vie», a-t-il analysé.

La prochaine étape devrait commencer immédiatement après la mise en place d’un budget, et se situer entre le début et le milieu de la vingtaine. Il s’agit de constituer un fonds d’urgence.

«Au lieu d’épargner pour une maison ou un mariage, vous avez besoin d’un fonds d’urgence couvrant trois à six mois de dépenses, a averti M. Merrick. Même avant de rembourser toutes vos dettes, simplement parce que [un fonds d’urgence] vous procure aussi un sentiment de sécurité. C’est une question de psychologie.»

Une fois ces deux premiers objectifs atteints, les étapes classiques qui suivent, soit rembourser ses prêts étudiants, épargner pour un mariage ou une maison, investir, épargner pour la retraite, ne doivent pas nécessairement se succéder de manière linéaire, estime Tony Capotosto, vice-président des services bancaires canadiens à la Banque Scotia.

«Ce n’est plus comme autrefois, où l’on se concentrait sur un seul objectif, a avancé M. Capotosto. Aujourd’hui, de nombreux Canadiens ont plusieurs objectifs, et il s’agit de trouver le bon équilibre. Ce que je dirais, c’est: privilégiez la régularité plutôt que la perfection.»

Trouver un équilibre

L’une des premières étapes importantes avant d’aborder la trentaine pourrait consister à solliciter des conseils professionnels et à élaborer un plan financier multiobjectif.

M. Capotosto a indiqué que la génération Z avait déjà une longueur d’avance sur les générations précédentes. Un sondage de la Banque Scotia réalisé en février a révélé que 47 % des membres de la génération Z avaient sollicité les conseils d’un conseiller financier, contre 38 % chez les milléniaux.

«Il est important de bien cerner sa situation financière dès le début, sans se concentrer uniquement sur un seul objectif isolé, mais en voyant comment celui-ci s’inscrit dans la gestion de ses dettes, de son épargne, de ses placements et aussi de ses dépenses quotidiennes», a précisé M. Capotosto.

«Cela peut vous aider à prendre vos décisions avec plus d’assurance à mesure que vos priorités évoluent au fil du temps», a-t-il ajouté.

M. Merrick a indiqué qu’il était possible d’établir un budget et de se constituer un fonds d’urgence par soi-même en effectuant quelques recherches en ligne, mais il a reconnu que les objectifs suivants gagneraient à bénéficier de conseils.

Se libérer de ses dettes dès que possible est une grande victoire, a-t-il admis, mais il est possible de viser deux objectifs à la fois.

M. Merrick préconise de rembourser ses prêts étudiants tout en investissant dès que possible, en fonction notamment des taux d’intérêt appliqués à la dette.

«En ce qui concerne les aspects plus délicats, à savoir dans quels comptes placer l’argent destiné à l’investissement, c’est un peu plus compliqué, a mentionné M. Merrick. Il n’est pas nécessaire d’être riche pour consulter un conseiller financier.»

Il est désormais plus courant que la dette étudiante perdure jusqu’à la fin de la trentaine, a noté M. Merrick, et, pour certains, l’accession à la propriété peut n’intervenir qu’à la quarantaine.

L’achat d’un logement constitue une étape majeure pour de nombreux Canadiens, mais ce n’est pas nécessairement une étape obligatoire.

«Louer et investir la différence» reste une alternative viable pour se constituer un patrimoine au fil de la vie, a fait savoir M. Merrick, soulignant à quel point cette stratégie est courante dans le reste du monde.

«C’est ainsi qu’ils financent leur retraite. Ici, tout le monde est obsédé par l’immobilier. L’achat d’une maison est en quelque sorte un indicateur de réussite sociale», a-t-il avancé.

Plus généralement, M. Merrick estime que le plus grand changement pour les jeunes Canadiens consistera à moins se concentrer sur les actifs et à mesurer plutôt leur bien-être financier à l’aune de leurs habitudes. Ont-ils un plan, contribuent-ils à plusieurs priorités, respectent-ils leur budget ?

«Vous avez un système, n’est-ce pas? Vous disposez d’un fonds d’urgence. Vous cotisez un montant fixe chaque mois, vous le placez sur les bons comptes, vous vous construisez un avenir en vue de ces objectifs», a expliqué M. Merrick, «plutôt que de simplement acheter une maison à un certain âge».

Avoir un plan et s’y tenir est l’objectif ultime, les objectifs individuels ayant moins d’importance, selon M. Capotosto.

Le même sondage de la Banque Scotia a révélé que plus de la moitié des Canadiens de la génération Z ont des difficultés financières à trouver un équilibre entre leurs envies et leurs besoins.

«Par rapport aux autres générations, il s’agit davantage d’adopter des comportements cohérents», a noté M. Capotosto.

Nina Dragicevic

Journaliste