Pour plusieurs partisans, assister à un match de la Coupe du monde est hors de prix. Même lorsqu’on la suit à distance, elle a un coût puisque ce tournoi se porte aussi sur le dos. Pourtant, afficher les couleurs de son pays peut coûter cher.
Malgré ces prix, l’engouement est bien réel.
« La Coupe du monde, c’est un événement exceptionnel, c’est tous les quatre ans, rappelle Jean-Baptiste Bonneyrat, responsable soccer pour la bannière Sports Experts au Québec et au Canada. Au Québec, c’est sûr et certain qu’il y a un énorme engouement. »
Chez Sports Experts, les chandails Replica se vendent généralement entre 120 $ et 135 $ tandis que les versions authentiques, semblables à celles portées par les joueurs, peuvent grimper jusqu’à 230 $.
Les maillots sont les produits les plus populaires parmi la panoplie de marchandises disponibles pour le tournoi. Le chandail du Canada est actuellement le plus demandé, selon lui. La France, l’Argentine, le Portugal, la Colombie, l’Algérie et le Maroc figurent aussi parmi les nations populaires, notamment en raison des nombreuses communautés présentes à Montréal.
« Le chandail numéro un qu’on va retrouver à l’heure actuelle, la plus grosse vente au Québec et au Canada, c’est bien sûr le chandail du Canada », dit M. Bonneyrat.
Un maillot, plus qu’un bout de tissu
Pourquoi des milliers de personnes sont-elles prêtes à dépenser des centaines de dollars pour un chandail? Pour Eric Brunelle, professeur titulaire et directeur du Pôle sports à HEC Montréal, la réponse ne se trouve pas seulement dans le vêtement lui-même.
« Quand on achète un maillot sportif, on ne fait pas seulement qu’acheter un chandail, explique le professeur. On achète des valeurs, on achète une identité, on achète une appartenance ».
Selon lui, le maillot devient une manière d’appartenir à un groupe. « C’est pour affirmer que je suis un vrai supporter de l’équipe, au point où si j’ai le maillot, je fais partie de l’équipe », ajoute-t-il.
La Coupe du monde accentue encore ce phénomène. Contrairement à une saison régulière, l’événement revient seulement tous les quatre ans. Il crée des souvenirs, des rituels et des discussions.
Reste que le prix peut en freiner plusieurs. Lors de la visite de Noovo Info au rassemblement partisan Mondial Foot 2026 pour le match opposant la France au Sénégal, plusieurs partisans disaient préférer une version non-officielle moins chère à un chandail authentique vendu à plus de 100 $.
Pour M. Brunelle, ce choix est d’abord lié au budget. « Ce n’est pas tout le monde qui a les moyens de se permettre un chandail à 200 $, dit-il. Donc ça crée une certaine forme d’exclusion, mais on veut quand même répondre aux besoins. »
Au-delà de la simple marchandise
L’impact de la Coupe du monde ne se mesure pas seulement aux ventes de maillots. Selon M. Bonneyrat, les grands tournois ont souvent un impact sur la pratique du sport.
« À l’issue de la Coupe du monde, les inscriptions, notamment dans les clubs de soccer, augmentent », souligne-t-il.
Même dans un pays souvent associé au hockey, le soccer prend de plus en plus de place.
« Il y a à peu près 750 000 licenciés au hockey au Canada et il y a 1,5 million de personnes qui sont licenciées au soccer, affirme M. Bonneyrat. C’est vraiment le sport grandissant au Canada et au Québec. »
