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Comment les jeunes investisseurs peuvent-ils commencer à se constituer un patrimoine?

Le temps est votre meilleur atout, alors commencez à l’utiliser.

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Pour de nombreux jeunes Canadiens, les obstacles à l’investissement semblent insurmontables. Entre les prêts étudiants, la hausse des loyers et le coût de la vie, il peut sembler difficile de réunir un capital de départ.

Par Kumutha Ramanathan, la Presse canadienne

Pourtant, une somme aussi modeste que 500 à 1000 $ suffit pour commencer à prendre les habitudes qui permettent de créer une richesse à long terme.

Lorsque votre budget est limité, chaque dollar doit être utilisé à bon escient. La marge d’erreur est plus faible, et le nombre écrasant de produits financiers, des FNB aux actions individuelles, peut mener à une paralysie de l’analyse.

Selon les experts, il n’existe pas de méthode infaillible pour choisir des actions au début. Concentrez-vous plutôt sur la structure, la simplicité et la cohérence.

Tout d’abord, choisissez le «domicile» de votre argent

Avant de se lancer sur le marché boursier, les jeunes investisseurs doivent décider où placer leur argent. Il existe plusieurs options, notamment le compte d’épargne libre d’impôt (CELI), le régime enregistré d’épargne-retraite (REER), le compte d’épargne libre d’impôt pour l’achat d’une première propriété (CELIAPP) ou un compte non enregistré.

Diandra Camilleri, gestionnaire de portefeuille associée chez Verecan Capital Management, fait remarquer que de nombreux jeunes Canadiens se précipitent pour acheter un produit sans tenir compte des implications fiscales ou de l’accessibilité du compte qu’ils utilisent.

«La localisation des actifs, qui consiste à décider quels comptes détiennent quels investissements, est souvent considérée comme une décision fiscale, mais elle influe également sur l’accessibilité de votre argent et sur ce qu’il peut réellement vous apporter au fil du temps», explique Mme Camilleri.

Elle note que les investisseurs atteignent souvent la trentaine ou la quarantaine avant de se rendre compte qu’ils ont épargné dans le mauvais véhicule.

Qu’il s’agisse d’un CELI pour sa flexibilité ou d’un REER pour sa croissance à long terme, il est tout aussi important de demander conseil sur «où» placer votre argent que sur «quoi» placer.

La stratégie des 1000 $: restez simple

Une fois le compte ouvert, comment un débutant devrait-il investir une somme forfaitaire de 500 $ ou 1000 $?

Robert Gill, gestionnaire de portefeuille chez Fairbank Investment Management, estime que la simplicité est primordiale. Bien que sa société privilégie généralement d’autres stratégies d’investissement pour les portefeuilles plus importants, il note qu’un petit capital constitue une exception pratique pour l’utilisation de fonds négociés en bourse (FNB).

«Avec un montant limité à investir, répartir le capital entre plusieurs FNB peut introduire une complexité inutile et une diversification excessive, explique M. Gill. Un FNB indiciel suffit généralement pour offrir la diversification et le potentiel de croissance dont un nouvel investisseur a besoin.»

M. Gill suggère de se concentrer sur ceux qui suivent le TSX, le S&P 500 ou le MSCI World, plutôt que sur des secteurs de niche. Cela permet à un jeune investisseur de participer à la croissance des entreprises de premier plan sans les frais et la complexité liés à la gestion d’un portefeuille multi-actifs.

Noyau et satellite: une approche modulaire

Shane Obata, gestionnaire de portefeuille chez Middlefield, partage l’avis de M. Gill selon lequel il convient de constituer une base d’actions mondiales diversifiée et étendue afin de disposer de fondations stables.

Une fois cela fait, il suggère d’envisager une approche légèrement plus active et prudente, appelée stratégie «noyau et satellites».

«Vous pouvez ajouter des investissements thématiques spécifiques qui, selon vous, ont une durabilité à long terme… afin de saisir un potentiel de croissance plus élevé», explique M. Obata.

Il recommande toutefois la prudence lors de l’achat d’indices passifs pour des secteurs complexes, tels que la technologie. Dans les secteurs en évolution rapide, un indice passif oblige les investisseurs à détenir à la fois les «perdants» et les «gagnants», les exposant ainsi à des risques inutiles.

Le débat sur les FNB «tout-en-un»

Une option populaire pour les débutants est le FNB «tout-en-un» de répartition d’actifs, qui détient des actions et des obligations mondiales. Bien que pratique, M. Obata avertit qu’il peut s’agir d’une solution «unique» qui manque de flexibilité pour s’adapter aux conditions du marché.

«En regroupant tout, les investisseurs perdent une partie de leur flexibilité pour ajuster leur allocation d’actifs en fonction des conditions du marché», explique M. Obata.

Il note également que dans les comptes imposables, ces fonds limitent les stratégies d’optimisation fiscale, telles que la récolte des pertes fiscales, car il n’est pas possible de vendre de manière sélective les titres sous-jacents.

L’habitude des 200 $ par mois

Après l’investissement initial, l’étape suivante consiste à effectuer des cotisations mensuelles. Si vous ne disposez que de 200 $ par mois, devez-vous les répartir?

M. Gill le déconseille. «Une cotisation mensuelle de 200 $ est tout à fait adaptée à un investissement dans un seul FNB diversifié, mais elle est généralement insuffisante pour être répartie efficacement entre plusieurs produits d’investissement», explique-t-il.

Les jeunes investisseurs ne doivent pas non plus s’inquiéter du fait que leur contribution mensuelle soit plutôt modeste. Mme Camilleri affirme que la régularité est bien plus importante que le montant en dollars. Elle recommande de mettre en place des contributions automatiques afin de développer une discipline sans avoir à y penser.

Évitez le piège de la sélection des actions

Enfin, MM. Gill et Obata s’accordent à dire que les débutants devraient éviter la tentation de sélectionner des actions individuelles.

«La sélection de titres individuels est une tâche difficile qui nécessite un investissement en temps considérable pour rechercher et suivre les entreprises, ce dont la plupart des débutants ne disposent tout simplement pas», souligne M. Obata.

M. Gill est d’accord, soulignant que le suivi des entreprises individuelles nécessite une expertise, de la patience et un détachement émotionnel, ce qui peut s’avérer difficile et potentiellement accablant pour un investisseur novice.

Pour quelqu’un qui débute, le message est clair: commencez modestement, automatisez votre épargne et privilégiez une large exposition plutôt que de sélectionner la prochaine action en vogue.

Le temps est votre meilleur atout, alors commencez à l’utiliser.