Faire ses propres pâtisseries, coudre ses vêtements, apprendre la menuiserie ou la poterie, s’initier au vélo de montagne… Beaucoup de Canadiens ont une liste de nouveaux passe-temps qu’ils aimeraient explorer.
Mais chacune de ces activités peut être coûteuse, surtout lorsque le nouvel adepte ne sait pas s’il va suffisamment l’apprécier pour s’y consacrer durablement.
Sara McCullough, planificatrice financière et propriétaire de WD Development, explique qu’il est important de déterminer combien d’argent l’on souhaite consacrer à la découverte d’une nouvelle activité.
Pour cela, il faut avoir une idée claire de sa situation financière globale, c’est-à-dire savoir le montant des dépenses pour le logement, les transports, l’alimentation et la vie quotidienne, précise-t-elle.
«Que pourriez-vous consacrer à ce nouveau passe-temps? Y a-t-il autre chose auquel vous allez renoncer?», demande Mme McCullough.
Mais explorer de nouveaux loisirs n’est pas seulement une question d’argent, ajoute-t-elle. C’est aussi une question de temps et de faisabilité.
Par exemple, même s’il est possible de facilement dépenser 3000 $ pour acheter du matériel de cyclisme, les questions sont de savoir si la région est adaptée à la pratique et si l’on a du temps à y consacrer.
Mme McCullough témoigne qu’elle adore la planche à pagaie, mais qu’elle ne vit pas près d’un lac ou d’une rivière. Pour elle, le coût de la pratique de ce sport comprend également le temps nécessaire pour se rendre au lac en voiture ainsi que l’investissement dans l’équipement.
«Ce nouveau passe-temps ne vous ruinera peut-être pas financièrement, mais il pourrait vous ruiner en temps», dit-elle.
Quelles compétences?
Les experts suggèrent de prendre en compte les compétences que l’on possède déjà lorsqu’on se lance dans un nouveau passe-temps.
Jenny Rodrigues, une résidente de Toronto, a toujours aimé cuisiner, il ne lui a donc pas été difficile de se lancer dans la fabrication de son propre pain au levain.
«Je fais des gâteaux pour mes enfants. Je fais des muffins et des biscuits pour mes collègues, explique Mme Rodrigues. Alors je me suis dit: pourquoi ne pas essayer le pain?»
L’achat d’une cocotte, qui peut coûter plusieurs centaines de dollars pour un modèle de bonne qualité, a été un investissement pour se lancer dans la fabrication du pain au levain, tandis que d’autres ustensiles plus petits, tels qu’un racloir à pâte et un thermomètre à pain, l’ont aidée à perfectionner son pain, explique-t-elle.
Alors qu’elle maîtrisait la fabrication du pain au levain, Mme Rodrigues souligne que «maintenant, c’est devenu un investissement en temps et je dois juste gérer mon temps un peu mieux».
En bref, il s’agit de faire le point sur l’argent, le temps et les compétences nécessaires à son nouveau passe-temps, selon Mme McCullough.
La gestion des attentes
Il est possible d’essuyer quelques échecs avant de vraiment commencer à apprécier un nouveau passe-temps. Il est donc important d’intégrer ces attentes, ajoute-t-elle.
Saijal Patel rapporte qu’essayer des cours d’initiation peut être un moyen de tester le terrain.
«Il s’agit simplement de déterminer si vous appréciez suffisamment cette activité pour vous y consacrer à plus long terme», explique Mme Patel, fondatrice du cabinet de conseil financier et de formation Saij Elle.
De nombreuses entreprises proposent des cartes d’une journée ou des réductions sur le premier cours afin d’attirer de nouveaux clients, ajoute-t-elle.
Pour les activités qui nécessitent l’achat d’équipements coûteux, l’emprunt ou la location sont des solutions, conseille Mme Patel.
Par exemple, il est possible d’emprunter l’appareil photo d’un ami pour essayer la photographie ou de louer des patins avant de se lancer dans le patinage sur glace, propose-t-elle. Souvent, les groupes Facebook communautaires offrent la possibilité d’emprunter ou de louer du matériel.
«Nous commettons souvent l’erreur de penser que nous devons nous habiller et nous présenter d’une certaine manière pour être bons, mais ce n’est pas le but d’un loisir», explique Mme Patel.
Mme McCullough se souvient avoir acheté un rameur après des semaines de recherche, pour découvrir par la suite qu’une de ses connaissances en possédait un qui servait essentiellement de penderie.
«Parfois, vous pouvez obtenir des choses gratuitement parce qu’il s’agit du passe-temps abandonné de quelqu’un d’autre, dit-elle. Ou vous pouvez trouver d’autres personnes avec qui pratiquer ce passe-temps.»
Et les anciens passe-temps?
D’autres fois, revisiter ses anciens loisirs — et le matériel que l’on possède peut-être encore — peut permettre de réutiliser certaines choses et d’économiser de l’argent lorsqu’on en commence un nouveau, explique Mme McCullough.
Elle ajoute que cela aiderait également à voir tout le matériel d’un ancien passe-temps qu’on n’a pas utilisé depuis longtemps, et qu’on pourrait vendre ou échanger contre des articles nécessaires pour la nouvelle activité.
«Pouvons-nous désencombrer (…) avant d’introduire quelque chose de nouveau, conclut-elle. Cela vaut peut-être la peine de faire un petit bilan.»

