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Commencer à apprendre aux enfants à épargner dès l’âge de 5 ans

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Une personne utilise l’application de calculatrice de son téléphone, à Toronto, le lundi 22 septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Sammy Kogan Une personne utilise l’application de calculatrice de son téléphone, à Toronto, le lundi 22 septembre 2025 | Crédit image - LA PRESSE CANADIENNE (Sammy Kogan)

Selon des experts en finances personnelles, ouvrir un compte bancaire avec ses enfants — dès l’âge de 5 ans — peut les aider à acquérir des compétences en matière de gestion de l’argent.

Les enfants se développent à des rythmes différents; les experts affirment donc que le choix du moment opportun pour ouvrir un compte bancaire dépend davantage du tempérament de l’enfant que de son âge.

Mais, quelle que soit la date à laquelle votre enfant aura accès à un compte bancaire, les parents devraient chercher des moyens de rendre cette expérience concrète, car la gestion de l’argent est de plus en plus une activité numérique par rapport aux générations précédentes.

Chris Merrick, directeur de Merrick Financial, estime que les parents devraient commencer à envisager d’ouvrir un compte pour leur enfant entre 5 et 9 ans, «car les enfants comprennent les calculs de base et les compromis».

Cependant, l’âge approprié pour chaque étape peut varier.

«Je pense vraiment que cela dépend du tempérament de l’enfant, de l’effort que vous y consacrez, et s’il risque de tout gaspiller, alors vous devez exercer un contrôle plus strict», explique M. Merrick.

Mais les faux pas peuvent aussi être une expérience enrichissante.

«C’est aussi une bonne chose qu’ils commettent des erreurs quand ils sont jeunes», souligne-t-il.

M. Merrick indique qu’il y a d’autres éléments à prendre en compte pour les parents qui souhaitent ouvrir un compte pour leur enfant, comme le degré d’autonomie qu’ils souhaitent leur accorder. En matière de surveillance, il recommande d’ouvrir des comptes en cotitularité pour les plus jeunes, mais les parents doivent également veiller à ne pas trop s’immiscer dans la gestion du compte de leur enfant.

De plus, M. Merrick précise que les parents devraient tenir compte des frais liés aux virements Interac.

«Les jeunes enfants sont tous à l’ère du numérique, il faut donc en choisir un sans frais», avance-t-il.

La tirelire ou le compte?

Il note que la pratique consistant à ouvrir un compte pour les enfants n’est pas très courante.

«La famille doit être assez aisée pour le faire, car, en général, ce n’est possible que lorsque l’hypothèque est en cours de remboursement ou entièrement remboursée, que les CELI ou les REER des parents sont maximisés, et qu’ils disposent d’argent non enregistré supplémentaire qui sera imposable pour les parents», énumère M. Merrick.

Ce qui est plus courant, ajoute-t-il, ce sont les parents qui donnent de petites sommes d’argent à leurs enfants pour une tirelire.

Fred Masters, président de Masters Money Management, souligne que les enfants sont peut-être plus prêts que certains parents ne le pensent.

«Il est très important de réaliser que des progrès ont été accomplis ces dernières années au Canada en matière d’éducation financière, et que les jeunes enfants sont clairement exposés aux finances personnelles maintenant, et ce, dans tout le pays, dès la première année», explique-t-il.

M. Masters indique que les comptes bancaires pour enfants ne concernent pas tant le montant d’argent qu’ils contiennent que le fait de «se lancer» pour prendre l’habitude d’épargner dès le plus jeune âge.

«Si l’on y regarde de plus près, les enfants n’ont pas besoin d’un compte bancaire lorsqu’ils sont à l’école primaire. Ils n’en ont tout simplement pas besoin. Ce que vous essayez de faire, c’est de les initier naturellement à l’idée d’avoir un compte bancaire et d’épargner, c’est vraiment l’objectif», détaille-t-il.

Une autre raison importante d’ouvrir un compte pour un enfant, ajoute M. Merrick, est que les comptes bancaires d’aujourd’hui sont tous numériques.

«L’argent est devenu invisible. À mon époque (…) on allait au restaurant, les parents payaient en argent comptant, et on pouvait visualiser l’argent. Aujourd’hui, quand on va au restaurant, on se contente de passer son téléphone ou sa carte», rappelle-t-il.

«Les enfants ne pensent pas que c’est gratuit; ce n’est tout simplement plus comme avant, où ils pouvaient visualiser le paiement, ce qui les amène à y réfléchir.»

Des discussions et du concret

Kelley Keehn, cheffe de la direction du Money Wise Institute, explique qu’un premier compte bancaire est une excellente occasion pour les parents d’avoir des conversations financières avec leurs enfants. Cependant, elle ajoute que certains parents peuvent se sentir un peu nerveux à l’idée de parler d’argent avec leurs enfants en raison de leurs propres insécurités potentielles en matière de finances.

Dans l’ensemble, elle recommande aux parents de prendre également des mesures pour concrétiser l’existence des comptes bancaires numériques pour leurs enfants.

«Je sais que cela demande beaucoup d’efforts aux parents, mais je les encourage vraiment à s’asseoir avec de l’argent comptant au moins deux fois par an et à l’utiliser quand c’est possible (…) simplement pour donner à leurs enfants une petite idée concrète de ce qu’est réellement l’argent», conseille-t-elle.

De plus, Mme Keehn ajoute que les parents devraient veiller à ne pas présenter cela comme une punition pour leurs enfants, qui verraient leur argent versé sur un compte qu’ils ne peuvent pas dépenser.