Je discute avec beaucoup de personnes qui sont à la retraite ou sur le point de l’être, et le même sujet revient sans cesse: ce ne sont pas les grands krach boursiers qu’elles regrettent.
Ce sont les petites décisions prises en toute discrétion, celles qui semblaient judicieuses sur le moment, mais qui, sans qu’elles s’en rendent compte, leur ont coûté cher par la suite. La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces regrets peuvent être évités si vous les anticipez.
Je vais vous présenter ci-dessous 10 des regrets financiers les plus courants que j’entends chez les retraités canadiens, ainsi que ce que vous pouvez faire dès maintenant pour éviter qu’ils ne deviennent les vôtres.
1. Ils n’ont pas suffisamment épargné pendant leurs années de revenus les plus élevés
C’est un regret que presque tout le monde partage dans une certaine mesure. La quarantaine et la cinquantaine sont généralement les années où vos revenus sont les plus élevés et vos dépenses les plus faibles, une fois que l’hypothèque est gérable et que les enfants ont grandi, et cette période s’achève plus vite que les gens ne le pensent.
Trop de personnes laissent leur train de vie s’alourdir progressivement et engloutir chaque augmentation de salaire au lieu de la mettre de côté. Augmenter votre taux d’épargne ne serait-ce que de quelques pour cent pendant ces années de plein emploi peut faire toute la différence pour votre retraite.
2. Ils se sont trop appuyés sur le RPC et la SV
Voici le problème : ces programmes n’ont jamais été conçus pour financer intégralement votre niveau de vie. Le RPC a été conçu pour remplacer seulement environ un quart de votre revenu moyen d’activité, ce pourcentage passant à un tiers grâce à la récente amélioration. C’est tout.
Si vous êtes parti à la retraite en pensant que les chèques du gouvernement suffiraient à subvenir à vos besoins, vous risquez d’avoir une surprise. Les retraités qui se sentent à l’aise sont ceux qui ont considéré le RPC et la SAR comme un plancher, et non comme la totalité de leur revenu de retraite.
3. Ils n’ont pas commencé à investir assez tôt
L’argent laissé sur un compte d’épargne semble en sécurité, mais il ne fructifie pratiquement pas, et les années pendant lesquelles vous ne faites pas d’investissements sont précisément celles où la capitalisation aurait été la plus avantageuse.
Un dollar investi à 30 ans rapporte bien plus qu’un dollar investi à 50 ans, et ce temps-là, on ne peut pas le rattraper. Si vous êtes jeune et que vous lisez ces lignes, commencez dès maintenant, même avec de petites sommes.
4. Ils n’ont pas prévu une retraite suffisamment longue
Les chiffres de Statistique Canada montrent qu’une personne de 65 ans aujourd’hui peut s’attendre à vivre encore environ 20 ans en moyenne, et de nombreux Canadiens dépassent largement les 90 ans.
Si votre plan ne s’étend que jusqu’au début de vos 80 ans, cela pourrait poser problème. Je préfère que vous prévoyiez de vivre jusqu’à 95 ans plutôt que de vous arrêter à 82 ans et de vous retrouver à court d’argent.
5. Ils sont entrés en retraite avec des dettes
Un crédit immobilier ou une ligne de crédit ne disparaît pas avec votre salaire. J’ai vu des retraités épuiser leurs économies simplement pour rembourser des dettes qui auraient pu être réglées quelques années plus tôt.
C’est particulièrement regrettable, car c’est tout à fait évitable. Si vous travaillez encore, consacrer dès maintenant des sommes supplémentaires au remboursement de vos dettes à taux d’intérêt élevé est l’un des meilleurs investissements que vous puissiez faire.
6. Ils n’avaient pas prévu dans quel ordre puiser dans leurs comptes
L’ordre dans lequel vous retirez votre argent — REER, CELI ou comptes non enregistrés — peut faire varier votre facture fiscale sur toute votre vie de plusieurs dizaines de milliers de dollars. La plupart des gens improvisent.
Un ordre inadapté peut vous faire passer dans une tranche d’imposition supérieure ou déclencher des récupérations de prestations auxquelles vous ne vous attendiez pas. J’ai détaillé les décisions financières les plus courantes que les Canadiens finissent par regretter, y compris celle-ci, dans une récente vidéo de Blueprint Financial si vous souhaitez approfondir le sujet.
7. Ils ont été pris au dépourvu par la récupération de la SV
Ce problème touche des gens chaque année. Dès que votre revenu net dépasse 95 323 $, l’Agence du revenu du Canada commence à récupérer 15 centimes sur chaque dollar supplémentaire de la pension de la vieillesse (OAS).
Un retrait important d’un FERR, la vente d’un bien immobilier ou même des revenus d’investissement élevés peuvent discrètement vous faire dépasser ce seuil. La solution consiste à planifier vos revenus des années à l’avance, et non au dernier moment. Si vousallez bientôt avoir 65 ans, il est utile de savoir comment ces crédits et prestations évoluent.
8. Ils ont financé leurs enfants adultes avant d’assurer leur propre avenir
Je comprends, vous voulez aider vos enfants à payer leur apport personnel ou leur mariage. Mais trop de retraités ont donné généreusement et se sont retrouvés à court d’argent une décennie plus tard.
Vous ne pouvez pas obtenir de prêt pour votre retraite comme vos enfants peuvent obtenir un crédit immobilier. Assurez d’abord votre propre avenir, puis aidez-les dans la mesure du possible. Ce n’est pas égoïste, c’est tout le contraire.
9. Ils n’ont pas tiré pleinement parti de leur CELI
Le CELI est l’un des outils les plus puissants dont nous disposons au Canada, et il est largement sous-utilisé. Les retraits sont entièrement exonérés d’impôt et, surtout, ils ne sont pas pris en compte dans le calcul de la récupération de la SAR.
Les retraités qui ont constitué un CELI disposent d’un levier fiscal dont ils peuvent tirer parti chaque fois qu’ils ont besoin de liquidités, sans aucun effet secondaire fâcheux. Si vous disposez d’une marge inutilisée, la combler devrait figurer en tête de votre liste de priorités.
10. Ils ont attendu trop longtemps pour établir un plan
Le plus grand regret ? Ne pas s’être penché sur un véritable plan avant que la retraite ne soit déjà là. À ce stade, bon nombre des meilleures stratégies – reporter le versement du RPC, gérer ses tranches d’imposition, compléter son CELI – ne sont plus envisageables ou s’avèrent bien moins efficaces.
Si vous avez l’impression d’être à la traîne, ne paniquez pas, mais n’attendez pas non plus. Il y a presque toujours quelque chose que vous pouvez encore faire pour améliorer votre situation.
Conclusion
Aucun de ces regrets n’est dû à l’imprudence. Ils proviennent du fait d’être très occupé, d’être optimiste ou simplement de ne pas savoir ce qu’il faut rechercher. Les retraités qui se sentent véritablement en sécurité ne sont pas ceux qui ont gagné le plus, mais ceux qui ont planifié leur retraite de manière réfléchie. Si ne serait-ce qu’un seul de ces points vous a fait réfléchir, c’est une bonne chose, car vous avez encore le temps d’agir en conséquence.
Christopher Liew est titulaire des certifications CFP® et CFA, et ancien conseiller financier. Il rédige des conseils en matière de finances personnelles destinés à des milliers de lecteurs canadiens chaque jour sur Blueprint Financial.

