Les promesses électorales du PQ

Le Parti québécois présente ses mesures pour augmenter le taux de natalité

Le taux de fécondité pour 2025 est l’un des plus bas que la province a enregistré de son histoire.

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Le PQ présente ses mesures pour augmenter le taux de natalité Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a présenté une série de mesures de soutien à la parentalité, son parti souhaitant ultimement augmenter le taux de natalité au Québec.

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, a présenté une série de mesures de soutien à la parentalité, son parti souhaitant ultimement augmenter le taux de natalité au Québec. 

Le taux de fécondité pour 2025 est l’un des plus bas que la province a enregistré de son histoire, se situant à 1,36 enfant par femme, selon l’Institut de la statistique du Québec. L’Institut a enregistré un creux historique en 2024, lorsque le taux a chuté à 1,35.

En conférence de presse dimanche matin à Saint-Eustache, M. St-Pierre Plamondon a soutenu que certaines études estiment qu’il pourrait être de 1,9 si l’on prenait en compte toutes ces personnes qui souhaitent avoir des enfants, mais ne peuvent pas se le permettre économiquement. «Et c’est ce “gap”-là l’enjeu», précise-t-il. 

Entre les difficultés à trouver un logement et à joindre les deux bouts, le chef demande s’il est envisageable d’ajouter un enfant à l’équation. «Les jeunes Québécoises et Québécois qui veulent fonder une famille nous disent carrément: on n’en a pas les moyens.»

M. St-Pierre Plamondon planifie ainsi de créer une prime pour encourager les citoyens à fonder des familles nombreuses. D’un montant de 350 $, cette allocation supplémentaire s’ajoutera, par enfant, à l’allocation de base, pour un total de 700 $ par enfant pour les troisième et quatrième enfant. Il chiffre les coûts de cette mesure à 55 millions $. 

Il compte aussi bonifier le Régime québécois d’assurance parentale (RQAP) pour que la décision d’avoir des enfants soit plus «viable» pour les parents, une mesure qui coûtera 342 millions $ à l’État, estime le chef. 

Ainsi, les parents pourraient toucher au minimum 300 $ par semaine, peu importe leur salaire. Les taux des régimes de prestation augmenteront également: les parents pourront ainsi recevoir une plus grande proportion de leur revenu habituel. 

Pour ces parents qui touchent des prestations entre 300 et 664 $ par semaine, le taux de remplacement de leur revenu sera de 100 %. 

Pour le régime de base, cette proportion passera de 70 à 75 % du revenu pour les sept premières semaines, et de 55 à 60 % pour les 25 semaines suivantes. Pour le régime particulier, le taux passera de 75 à 80 %. Le PQ compte également allonger à trois ans la période durant laquelle des parents peuvent toucher des prestations. 

Les pères en deuil périnatal seraient également admissibles à recevoir une prestation sur quatre semaines. 

Son parti souhaite créer 10 000 places en Centre de la petite enfance (CPE) sur 4 ans, portant le chiffre total de nouvelles places disponibles d’ici 2030 à 25 000, en prenant en compte les 15 000 places déjà en cours. 

Il promet également le remboursement des deuxièmes et troisièmes rondes de fécondation in vitro. 

M. St-Pierre Plamondon a expliqué que ces mesures sont prévues dans le cadre financier du parti. 

Il a indiqué que la mesure serait «autofinancée» par un fonds d’assurance parentale renfloué de cotisations accrues, venant infirmer la décision du gouvernement caquiste de diminuer les cotisations au RQAP. 

Paul St-Pierre Plamondon a dénoncé le «tabou» entourant sa volonté d’augmenter le taux de natalité «À chaque fois que j’ai parlé de natalité, c’est devenu une controverse. Il n’est pas question de dicter à qui que ce soit comment mener sa vie, mais c’est de permettre à ceux qui veulent des enfants d’en avoir dans un environnement où le coût de la vie est parti en vrille sous la CAQ.».

PSPP tente de charmer ses jeunes électeurs

Dimanche après-midi, le chef a passé environ une heure et demie sous le dôme de la Société des  arts technologiques (SAT) pour répondre aux questions de jeunes électeurs, pour la plupart, péquistes affirmés, d’autres, indécis. 

Il a invité les jeunes électeurs à prendre le flambeau de la démocratie et de la cause souverainiste, et refuser les discours de «pessimisme et de peur», favorisés par la polarisation et la distorsion des propos, en ligne. 

«Ayez un attachement pour la démocratie et n’ayez pas peur de votre avenir. Prenez-le, avec confiance et détermination, parce que, malheureusement, mon groupe n’aura pas réussi», a-t-il dit, en faisant référence à l’issue du référendum de 1995.

Jeanne Campeau, 19 ans, votera pour la première fois aux élections provinciales cette année. L’étudiante au baccalauréat en environnement sait déjà que c’est le PQ qui remportera son vote. 

L’environnement est un point non négociable pour elle, et estime que le plan du PQ rejoint ses convictions. 

«Les changements climatiques, ça touche l’anxiété», explique-t-elle, faisant un parallèle entre deux des principales préoccupations de la jeunesse québécoise. 

Elle ne s’est pas dite surprise, mais déçue, de voir que les préoccupations environnementales étaient mises au banc dans cette élection. 

«C’est un élément de stress assez grand, mais je pense qu’il y a quand même une volonté de mobilisation au niveau des étudiants.»

Le premier vote de Clara Bélisle, 18 ans, ira aussi au PQ. Non seulement ça, mais cette élection provinciale sera aussi sa première comme candidate, puisqu’elle se présente comme candidate pour le parti dans Viau, à Montréal. 

«Je trouve qu’il y a un manque de représentation des jeunes à l’Assemblée nationale. C’est difficile de se voir à travers quelqu’un qui n’a pas la même réalité que soi, souligne-t-elle. Il n’y a pas beaucoup de membres de l’Assemblée qui sont aux études ou locataires.»

«Il y a qui de mieux placé que quelqu’un qui vient de commencer à voter?», interroge-t-elle pour expliquer sa décision de se lancer en politique.

Reste que si les jeunes se sentent moins représentés, c’est peut-être parce que leur taux de participation aux élections est faible. 

Pour les élections provinciales de 2022, la Vitrine statistique sur les jeunes de 15 à 29 ans rapporte un taux de participation de 54 % pour électeurs de 18 à 34 ans, comparativement à une moyenne générale de 66 % pour les Québécois âgés de la majorité. 

«La politique ne s’intéresse pas aux jeunes, répond Mme Bélisle. Ce n’est tellement pas vrai que les jeunes ne veulent pas participer !»

Les deux femmes décrivent ce «stéréotype qu’on a accroché» au dos des jeunes, selon lequel ces derniers sont désintéressés de la politique, qu’ils ne veulent pas voter, ou que ça ne les regarde pas. «Mais quand tu parles aux jeunes, ce n’est pas ça du tout», indique-t-elle. 

«Quand on va commencer à s’intéresser à ce que les jeunes veulent, les jeunes vont commencer à s’y intéresser.»