La France a enregistré mardi la journée la plus chaude de son histoire, dans le cadre d’une vague de chaleur précoce et exceptionnelle qui touche l’Europe, a indiqué le service météorologique national.
Selon ce dernier, l’indicateur thermique national français — qui correspond à la moyenne des températures relevées dans 30 stations météorologiques — a atteint un nouveau record de 29,8°C. Le précédent record de 29,4°C remontait aux vagues de chaleur d’août 2003 et de juillet 2019.
Des températures maximales diurnes supérieures à 40°C ont également été enregistrées dans de nombreuses stations météorologiques, a précisé Météo-France.
La France a dénombré 40 décès par noyade au cours de la dernière semaine, alors que la population cherchait à se rafraîchir pour échapper à la chaleur torride. Le service météorologique national, Météo-France, a placé 54 départements, soit environ la moitié du pays, en alerte rouge canicule.
La canicule touche également d’autres régions d’Europe, exposant des dizaines de millions de personnes à des températures extrêmement élevées. Et elle est loin d’être terminée. L’Italie, l’Espagne et la Grande-Bretagne sont également frappées.
Le changement climatique d’origine humaine est lié à des phénomènes météorologiques de plus en plus extrêmes, et les projections de l’agence des Nations unies chargée du climat indiquent que les cinq prochaines années devraient battre de nouveaux records de chaleur.
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a déclaré que les 40 personnes décédées par noyade depuis jeudi dernier étaient principalement des jeunes.
Dans un pays où la climatisation n’est pas généralisée, les écoles, les transports publics et les événements sportifs ont été affectés. À Paris, la Tour Eiffel a adapté son fonctionnement à la canicule, fermant ses portes l’après-midi au lieu de tard dans la nuit comme à son habitude. Le musée du Louvre a annoncé qu’il fermerait deux heures plus tôt que d’habitude du mercredi au samedi.
Ces conditions extrêmes devraient perdurer au moins jusqu’à la fin de la semaine, avec des températures maximales diurnes supérieures à 40°C dans de nombreuses villes.
«De nouvelles températures record sont attendues, dont certaines pourraient dépasser tous les records précédents, quelle que soit la période de l’année», a prévenu Météo France.
Cette vague de chaleur est exceptionnellement intense, survenant très tôt dans l’été, «mais sa durée reste incertaine», a précisé le service météorologique. Elle a déjà été comparée à la vague de chaleur d’août 2003, lorsque les températures les plus élevées enregistrées depuis plus d’un demi-siècle avaient causé environ 15 000 décès, dont plusieurs parmi les personnes âgées vivant dans des appartements et des maisons de retraite non climatisés.
L’Europe est le continent qui se réchauffe le plus rapidement au monde, avec des températures augmentant deux fois plus vite que la moyenne mondiale depuis les années 1980, selon le service Copernicus sur le changement climatique de l’Union européenne. Au cours des quatre dernières années, plus de 200 000 personnes sont décédées en Europe de causes liées à la chaleur, et la plupart de ces décès auraient pu être évités, a estimé ce mois-ci le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé.
Ces températures supérieures à la moyenne peuvent provoquer des épuisements dus à la chaleur et des coups de chaleur pouvant mettre la vie en danger.
De l'autre côté de la Manche, en face de la France, des centaines d'écoles britanniques ont annoncé qu'elles fermeraient leurs portes ou finiraient plus tôt cette semaine en raison d'une chaleur record attendue, tandis que de nombreux services ferroviaires ont été réduits afin d'éviter des problèmes liés à la chaleur sur les voies.
Le Met Office, l'agence météorologique britannique, a lancé une alerte rouge de chaleur extrême pour mercredi et jeudi, les prévisions suggérant que le record historique de température quotidienne du mois de juin pourrait être battu.
Des températures avoisinant les 37°C sont attendues dans le sud de l’Angleterre, avec jusqu’à 35°C dans le sud-est du Pays de Galles. Le pic de la vague de chaleur est désormais prévu pour mercredi et jeudi, lorsque les températures maximales pourraient atteindre 39°C à Londres ou dans le sud de l’Angleterre. La situation devrait s’améliorer d’ici vendredi, a indiqué le Met Office.
Mardi, plusieurs opérateurs ferroviaires à travers le Royaume-Uni, y compris le train express desservant l’aéroport de Londres-Gatwick, ont annoncé qu’ils annulaient ou réduisaient leurs services cette semaine. Les opérateurs ferroviaires ont exhorté la population à «ne voyager qu’en cas d’absolue nécessité» mercredi et jeudi.
Plus au sud sur le continent, l’Espagne est confrontée à une vague de chaleur touchant diverses régions de la péninsule ibérique.
L’agence météorologique nationale espagnole, l’Aemet, a émis mardi des alertes rouges pour des températures atteignant 44°C dans le sud de l’Andalousie, ainsi que des avertissements concernant des températures pouvant atteindre 40°Cdans les régions habituellement tempérées de Cantabrie et du Pays basque, situées le long de la côte atlantique nord.
Rubén del Campo, météorologue à l’Aemet, a déclaré que l’Espagne, qui connaît depuis peu des étés de plus en plus torrides, allait connaître des températures encore plus élevées en raison du changement climatique, les vagues de chaleur devenant plus fréquentes, plus longues et se produisant en dehors de la période habituelle de juillet et août.
Sur la douzaine de vagues de chaleur enregistrées par l’Aemet au mois de juin depuis le début de ses relevés en 1975, la moitié s’est produite depuis 2015, a précisé M. del Campo.
Le changement climatique d’origine humaine réchauffe l’atmosphère, tant au-dessus de l’Espagne que dans les eaux maritimes environnantes, a-t-il expliqué.
Copernicus, l’agence de surveillance de l’Union européenne, a constaté qu’en Europe et dans le monde, 2024 a été l’année la plus chaude jamais enregistrée et que le continent a connu son deuxième plus grand nombre de jours de «stress thermique».
Les scientifiques avertissent que le changement climatique aggrave la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur et de sécheresse, en particulier dans le sud-est de l’Europe, rendant la région plus vulnérable aux répercussions sur la santé et aux feux de forêt.
Samuel Petrequin, The Associated Press
