Un éventuel gouvernement du Parti québécois (PQ) serait «très proactif» sur le plan des relations internationales, a promis le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, qui reproche à la Coalition avenir Québec (CAQ) d’avoir délaissé ce dossier au cours des dernières années.
M. St-Pierre Plamondon a été invité par le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM) à présenter sa vision du Québec face à différents enjeux mondiaux.
Devant un parterre d’environ 350 personnes, jeudi après-midi, le chef de la formation souverainiste a réitéré son engagement de doubler la taille du réseau des représentations du Québec à l’étranger s’il prenait le pouvoir en octobre prochain.
Dans son allocution, M. St-Pierre Plamondon a reproché au gouvernement caquiste de ne pas avoir fait des relations internationales une priorité ces dernières années, entraînant, par exemple, «un ralentissement ou un affaiblissement de nos relations avec des pays comme la France», selon lui.
«C’est sûr qu’un gouvernement du Parti québécois va être très proactif en diplomatie en général, mais très, très proactif, et je dirais même courageux, dans le cadre de négociations qui peuvent affecter le Québec», a-t-il dit sur scène, faisant référence aux potentielles négociations commerciales avec les États-Unis, lors d’un échange avec le chef de la division politique du journal «Le Devoir», Marco Bélair-Cirino.
M. St-Pierre Plamondon reproche au gouvernement caquiste d’avoir été «à la remorque» dans le contexte de la guerre commerciale avec nos voisins du Sud. Il promet qu’un gouvernement péquiste agirait davantage «en prévention».
Le chef du PQ estime que l’ancien premier ministre François Legault «s’est largement désinvesti des missions internationales, surtout les missions diplomatiques. On en a vu très peu».
Environ deux semaines après son arrivée comme première ministre, Christine Fréchette s’est rendue à Washington le mois dernier. Cette fin de semaine, elle prévoit s’envoler vers Paris pour une mission.
Bien que d’accord avec ces voyages, le chef péquiste doute de voir des résultats.
«C’est à l’image de tout le reste. On tente de faire en quelques semaines ce qu’on n’a pas fait pendant sept ans et demi. Et évidemment, avec la difficulté que les résultats ne s’inventent pas en quelques semaines», a-t-il affirmé en mêlée de presse.
«Ce que je viens de dire devant le CORIM, c’est que les relations internationales, elles sont utiles justement quand les plaques tectoniques bougent, mais elles requièrent de l’attention pendant plusieurs années. On n’invente pas des relations du jour au lendemain», a-t-il ajouté.
Des «promoteurs de paix»
Un gouvernement péquiste serait «plus sérieux et assidu» dans les relations internationales, a soutenu M. St-Pierre Plamondon. Il veut aussi en «faire une question personnelle».
«C’est-à-dire que je trouve qu’on n’a pas assez vu dans les huit dernières années le premier ministre du Québec s’occuper et prendre une place à l’international», a-t-il expliqué en répondant aux questions de M. Bélair-Cirino.
Le dirigeant souverainiste croit que le Québec peut notamment mieux tirer son épingle du jeu sur le marché européen, évoquant «une sous-utilisation» de l’accord de libre-échange avec l’Europe.
M. St-Pierre Plamondon a également offert sa vision d’un Québec indépendant sur la scène internationale. Il croit que les Québécois seraient appelés à être des «promoteurs de paix» en raison de l’absence d’un passé conflictuel avec les autres pays, mais aussi en raison de leur tempérament.
«Je suis convaincu que nous sommes voués, nous sommes appelés à devenir des artisans de paix partout dans le monde. (...) Quand on regarde les pays scandinaves, leur niveau d’influence tient à leur agilité, à leur finesse», a-t-il dit, mentionnant que le Québec a les atouts pour exercer un «soft power».
Le chef du PQ a précisé qu’un Québec souverain serait membre de l’OTAN. «Une banque de la défense sera donc en très bonnes mains et sera toujours très bienvenue à Montréal», a-t-il fait valoir.
La conférence de M. St-Pierre Plamondon s’inscrit dans le cadre d’une série du CORIM intitulée «Québec 2026: Le monde dans l’urne» à l’approche des élections générales du 5 octobre.
Parmi les prochains chefs à se prêter à l’exercice, le CORIM a annoncé jusqu’à présent la participation de Ruba Ghazal, de Québec solidaire, et de Charles Milliard, du Parti libéral du Québec.

