Un gouvernement libéral présenterait une réforme du régime forestier d’ici un an.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, était à Dolbeau-Mistassini dimanche pour dévoiler sa vision de la forêt québécoise.
Il s’en est pris à la Coalition avenir Québec (CAQ), qui, pendant son règne de huit ans, a «laissé le régime forestier s’essoufler», selon lui.
M. Milliard a dénoncé le dégât laissé par l’ex-ministre caquiste Maïté Blanchette Vézina, qui a présenté une réforme du régime forestier qui a dû être retirée en catastrophe.
L’idée de réserver le tiers des forêts publiques à l’industrie pour faire de l’exploitation intensive avait suscité la grogne notamment des experts, des élus municipaux et des Premières Nations.
Même le Conseil de l’industrie forestière s’était inquiété de la centralisation de la prise de décisions au détriment des régions dans l’aménagement forestier.
Mme Blanchette Vézina se présente aujourd’hui comme candidate pour le Parti conservateur du Québec (PCQ) dans la circonscription de La Peltrie, à Québec.
«La CAQ n’a pas livré; le PCQ récupère celle qui n’a pas livré, a lancé M. Milliard. On va ramasser leur bois mort, parce qu’ils ont essayé de passer un sapin aux Québécois.»
S’il forme le prochain gouvernement, le PLQ mènera des consultations, avec l’objectif d’offrir plus de «prévisibilité» et de «rapprocher les décisions des régions».
«Davantage de planification et de coordination devront être réalisées régionalement, afin de mieux tenir compte des réalités locales», écrit-il dans un communiqué.
«Cette gouvernance devra intégrer dès le départ les différents acteurs de la forêt ainsi que les Premières Nations.»
Il faut également rendre la forêt québécoise plus résiliente aux changements climatiques, selon le PLQ.
Le parti réaffirmerait en outre le principe de résidualité «afin que le bois disponible en forêt privée soit pleinement considéré avant de recourir à la forêt publique».
Utiliser le pouvoir d’achat de l’État
Le bois québécois mérite d’être reconnu comme un «actif stratégique», selon M. Milliard, qui veut que cela se reflète dans toutes les grandes orientations économiques du gouvernement.
Le chef libéral promet d’ailleurs d’utiliser davantage le pouvoir d’achat de l’État pour soutenir toute la «chaîne de valeur» du bois.
Ainsi, les produits forestiers québécois seraient systématiquement considérés dans les projets de construction, de rénovation et d’infrastructure, a-t-il dit.
Le PLQ s’est notamment engagé durant la campagne électorale à construire 100 000 nouveaux logements par année.
La formation de Charles Milliard vise également à transformer davantage au Québec en favorisant la deuxième et la troisième transformation.
«Tout le monde est d’accord avec ça? (...) Ok, mais qu’est-ce qui s’est passé dans les huit dernières années? (...) Pas grand-chose», a défendu le chef libéral.
«Alors il faut remettre le coeur à l’ouvrage là-dessus, parce qu’on n’a pas obtenu les résultats.»
M. Milliard s’engage par ailleurs à aider les entreprises de meubles qui écopent en ce moment de la crise tarifaire avec les États-Unis.
Il leur offrirait des prêts, dont une partie serait non remboursable, ainsi qu’un congé de cotisation au Fonds de service de santé.
Ces mesures «augmenteront rapidement leurs liquidités», a-t-il fait valoir.
Des gains espérés au Saguenay—Lac-Saint-Jean
Le PLQ, qui ne détient actuellement aucun siège au Saguenay—Lac-Saint-Jean, espère faire une percée dans la région le 5 octobre prochain.
Or, de ses cinq candidats, seul celui de Roberval, Serge Bergeron, vient du Saguenay.
Dimanche, M. Milliard a rencontré des militants libéraux lors d’un brunch à Dolbeau-Mistassini, puis a visité La Maison du Bleuet à Saint-Félicien.
Il a rencontré le maire de Saint-Félicien, Jean-Philippe Boutin, et la préfète suppléante de la MRC du Domaine-du-Roy, Marie-Noëlle Bhérer.
Tous deux lui ont parlé d’immigration dans un contexte de pénurie de main-d’oeuvre.
«Ce n’est pas compliqué: chez nous, il y a de la place pour accueillir des personnes, qu’elles soient issues de l’immigration ou non», a déclaré Mme Bhérer en mêlée de presse.
Rappelons que M. Milliard vise un seuil annuel d’immigration permanente entre 45 000 et 70 000. Il souhaite consulter les régions avant de déterminer un seuil précis.
Depuis quelques jours, il refuse de dire s’il pourrait dépasser 70 000 advenant que les besoins en région soient plus importants que prévu.
Il a répété dimanche que l’idée du Parti québécois de couper de moitié l’immigration temporaire sur le territoire est «une catastrophe économique annoncée».
