La première ministre de l’Alberta a déclaré qu’elle était ouverte à la diversité des opinions au sein de son groupe parlementaire, après qu’un député de son Parti conservateur uni eut estimé qu’un référendum sur la sécession serait bénéfique pour la province.
Danielle Smith a réaffirmé samedi, lors de son émission de radio diffusée dans toute la province, que son gouvernement soutenait une Alberta souveraine au sein d’un Canada uni, malgré les opinions exprimées la veille par Jason Stephan, député de Red Deer-South, dans une lettre d’opinion publiée sur le site web du média conservateur «Western Standard».
Mme Smith a souligné qu’elle a pris des mesures pour obtenir cette souveraineté, notamment en signant le protocole d’entente sur l’énergie entre l’Alberta et le Canada avec le premier ministre Mark Carney.
«Certains ne croient pas que ces griefs puissent ou seront réglés et ont perdu espoir envers le Canada. Mon rôle est de cerner ces problèmes et de les résoudre un par un», a-t-elle déclaré.
«Il est possible qu’une voix au sein de notre caucus exprime une perspective différente. Bien que nous soyons un caucus qui valorise la diversité des opinions, je peux vous assurer que notre caucus et notre gouvernement appuient mon point de vue: nous sommes favorables à la souveraineté de l’Alberta au sein d’un Canada uni», a-t-elle ajouté.
M. Stephan, qui est également secrétaire parlementaire de la première ministre chargé des affaires constitutionnelles, a écrit dans la lettre publiée vendredi qu’il invitait tous ceux qui aiment la liberté et la prospérité à signer une pétition en faveur d’un référendum sur la sécession.
Il affirme qu’Ottawa tente de manipuler les Albertains en leur faisant croire qu’un référendum entraînerait une incertitude économique. L’élu conservateur soutient que la démarche vise plutôt à demander des comptes à Ottawa pour ses «lois stupides» qui «érodent les libertés des Albertains au profit d’un État-providence».
«Le statu quo est inacceptable et il ne fera qu’empirer. Signez la pétition», a demandé M. Stephan.
Le groupe ayant lancé la pétition, Stay Free Alberta, a jusqu’au 2 mai pour recueillir un peu moins de 178 000 signatures.
Ces dernières semaines, Mme Smith et plusieurs députés provinciaux ont annoncé ne pas avoir signé la pétition, réaffirmant leur soutien à une Alberta souveraine au sein d’un Canada uni.
Le gouvernement de Mme Smith a toutefois été critiqué pour avoir modifié les règles afin de faciliter l’inscription d’une question de séparation sur un référendum et pour ne pas avoir condamné ouvertement le mouvement séparatiste.
Parmi les critiques récentes du gouvernement albertain figure Doug Griffiths, président et chef de la direction de la Chambre de commerce d’Edmonton.
«Si j’avais le choix, je souhaiterais que le gouvernement albertain dise: “Ça suffit. Nous nous concentrons sur la croissance des entreprises, la croissance économique… et non sur l’idée de quitter le pays”», a-t-il déclaré lors d’une entrevue plus tôt ce mois-ci.
Ses commentaires font suite aux résultats d’un sondage mené par la Chambre de commerce de l’Alberta auprès de ses membres et investisseurs, qui indiquent que plus de la moitié des participants estiment que la question de la séparation provinciale affecte l’économie de l’Alberta.
L’étude révèle qu’une grande partie des entreprises jugent que la question de la séparation compromet la planification de leur avenir économique.
Shauna Feth, directrice générale de la Chambre de commerce, a qualifié la séparation d’enjeu majeur pour les entreprises en Alberta.
«Ce n’est pas tant une question d’idéologie que d’incertitude engendrée par ce débat», a-t-elle soutenu.

