Les employés du gouvernement de l’Ontario doivent retourner au bureau cinq jours par semaine à partir de maintenant, malgré les objections des syndicats du secteur public.
En août, le premier ministre Doug Ford a annoncé que des milliers de fonctionnaires ontariens retourneraient au bureau à temps plein d’ici janvier, mettant fin au télétravail et aux modèles hybrides qui ont perduré pendant plus de cinq ans après le début de la pandémie de COVID-19.
M. Ford soutenait alors qu’il était temps de ramener les gens au travail afin qu’ils puissent être encadrés et collaborer.
Les employés de la fonction publique ont souligné le manque d’espace de bureau pour accueillir les employés qui revenaient en masse.
Lundi, M. Ford a assuré que la province «travaille là-dessus», indiquant que le problème devrait se régler.
«C’est bien que tout le monde revienne au travail, comme tous les autres citoyens normaux. Vous sortez et vous vous présentez cinq jours par semaine. Puis s’ils ne peuvent pas venir, il y a des accommodements; ils devront s’arranger avec l’administration», a souligné M. Ford.
Le Syndicat des employés de la fonction publique de l’Ontario a affirmé que cette décision avait été prise «sans tenir compte des réalités auxquelles sont confrontés les fonctionnaires de première ligne».
Le président du syndicat, J.P. Hornick, a déclaré que le tout était «ridicule et insultant».
«C’est un problème qui semble issu de l’imagination du premier ministre plutôt qu’un véritable enjeu sur le terrain», a soutenu M. Hornick, dont le syndicat représente quelque 30 000 travailleurs du secteur public et 9000 employés de la Régie des alcools de l’Ontario.
Il n’y a eu aucune détérioration du service due au travail à distance, a fait valoir M. Hornick lundi lors d’une entrevue.
«Nous n’avons vu aucune preuve et le premier ministre n’en a fourni aucune qui justifierait l’obligation de retour au bureau.»
Le syndicat a indiqué qu’environ 10 000 de ses 30 000 fonctionnaires ont demandé des modalités de travail de rechange, notamment pour des raisons médicales ou pour s’occuper d’un proche, soulignant qu’il est difficile de trouver une place en garderie, même en s’y prenant plusieurs mois à l’avance.
«Aucune de ces demandes n’a encore été traitée», a affirmé M. Hornick.
Les membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) de Santé à domicile Ontario organisaient lundi une journée d’action à l’échelle de la province pour protester contre l’obligation de retour au bureau, avec notamment une pause dans la rue à midi pour réclamer le retour au modèle hybride.
«Les espaces de bureau disponibles ont diminué depuis 2019, ce qui a entraîné une application inégale de l’obligation de retour au bureau dans les différentes régions de la province», a expliqué le syndicat.
«Cela a non seulement un impact sur le personnel qui doit fournir ces services de santé essentiels, mais aussi sur les Ontariens malades et blessés qui dépendent de ces services.»
La fonction publique de l’Alberta reviendra également au bureau à temps plein en février afin de «renforcer la collaboration, la responsabilité et la prestation de services aux Albertains», selon un porte-parole du gouvernement de l’Alberta.
La date et la mesure à laquelle les fonctionnaires fédéraux devront augmenter leur présence au bureau demeurent incertaines. Le premier ministre Mark Carney a promis le mois dernier qu’il clarifierait bientôt son plan.
La règle actuelle, en vigueur depuis septembre 2024, exige que les fonctionnaires fédéraux travaillent au moins trois jours par semaine au bureau. Les cadres doivent quant à eux être présents quatre jours par semaine.

