Éducation

Polytechnique Montréal ne sert plus de bœuf dans ses cafétérias

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Diouma Barro sert un repas à l'étudiante Imane Chafi à la cafétéria de Polytechnique Montréal, le mardi 27 janvier 2026. L'université a retiré le bœuf de son menu en septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes Diouma Barro sert un repas à l'étudiante Imane Chafi à la cafétéria de Polytechnique Montréal, le mardi 27 janvier 2026. L'université a retiré le bœuf de son menu en septembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

Polytechnique Montréal annonce avoir retiré le bœuf de ses cafétérias afin de réduire son empreinte carbone.

L’école d’ingénierie montréalaise a commencé à retirer le bœuf de ses six points de restauration en septembre, desservant environ 2500 repas par jour à 10 000 étudiants.

Patrick Cigana, directeur du Bureau du développement durable et sociétal de Polytechnique, explique que le bœuf était responsable de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre des cafétérias.

Il cite une étude de l’Université d’Oxford, selon laquelle le bœuf produit près de dix fois plus d’émissions de carbone que le poulet.

M. Cigana a précisé que l’école s’attend à une baisse des émissions liées aux cafétérias cette année, bien que les données complètes ne soient pas encore disponibles.

Cette décision a entraîné la suppression de certains des plats les plus populaires de l’école. Trois des plus prisés, le hamburger au bœuf, le sandwich Philly et la poutine à la viande fumée, contenaient du bœuf.

Benoit Beauséjour-Savard, directeur de l’Association des services alimentaires de Polytechnique, précise que le hamburger représentait près de 4 à 5 % des ventes.

Pour compenser la disparition de ces plats populaires, l’école a élargi son offre alimentaire plutôt que de réduire le choix offert aux étudiants, ajoute M. Beauséjour-Savard.

De nouvelles options ont été ajoutées aux six points de restauration, dont un bar à sushis, un bar à ramen et un comptoir de bols de poké. Le hamburger au bœuf a été remplacé par des hamburgers au poulet, aux pois chiches et aux haricots noirs.

M. Beauséjour-Savard a fait savoir que ces changements n’ont pas entraîné de hausse des prix, la plupart des repas coûtant toujours moins de 10 $.

Des étudiants interrogés par La presse Canadienne se disent ravis des changements.

Imane Chafi, âgée de 26 ans, présidente de l’Association des étudiants des cycles supérieurs de Polytechnique, affirme que les nouveaux menus l’incitent à diversifier son alimentation.

Sophia Roy, 26 ans, raconte qu’elle mange plus souvent à l’école depuis la mise en place des nouveaux menus.

Polytechnique Montréal, affiliée à l’Université de Montréal, dit être le premier établissement d’enseignement postsecondaire en Amérique du Nord à cesser de servir du bœuf à ses étudiants.

Les producteurs agricoles critiquent toutefois cette décision.

Selon Charles-Félix Ross, directeur général de l’Union des producteurs agricoles, il est dommage de se priver de cette source de protéines.

D’après lui, ce n’est pas la solution pour promouvoir et pérenniser le développement durable et l’achat local.

D’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), un organisme composé de scientifiques et de représentants gouvernementaux du monde entier, de nombreuses recherches démontrent que les produits animaux ont généralement un impact environnemental plus important que les aliments d’origine végétale.

Elliot Muller, analyste au Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et la transition durable, mentionne que les conclusions de ces recherches justifient la décision de l’école de retirer le bœuf de ses menus.

Il y a trois ans, Polytechnique a collaboré avec le centre pour calculer l’empreinte carbone de chaque plat et l’afficher dans les cafétérias.

M. Cigana explique qu’une note a été attribuée à chaque plat afin d’intégrer cette notion dans l’environnement étudiant.

Les groupes environnementaux de Polytechnique espèrent que cette initiative aura un impact encore plus important.

M. Beauxéjour-Savard indique que les cafétérias pourraient ensuite s’attaquer au lait, même si l’objectif n’est pas d’éliminer complètement les protéines animales.

D’autres universités du Québec suivent de près cette initiative, selon M. Beauséjour-Savard.

Il souligne également qu’un groupe de directeurs de services alimentaires, notamment ceux de l’Université Laval et d’importantes universités de la région du Grand Montréal, s’inspirent de l’exemple de Polytechnique.