Fils de Presse

Passager aspiré par un hublot brisé sur un vol: conclusions de l’enquête

Publié le 

Le comptoir de Ryanair, à l’aéroport de Barajas à Madrid, en Espagne, le 10 août 2018. (Photo AP/Paul White, archives) Le comptoir de Ryanair, à l’aéroport de Barajas à Madrid, en Espagne, le 10 août 2018. (Photo AP/Paul White, archives) (Paul White)

Des pièces de moteur brisées ont endommagé une vitre d’un avion de Ryanair peu après son décollage en Grèce le mois dernier, entraînant la tête d’un homme dans l’ouverture avant que ses compagnons de voyage ne le tirent en lieu sûr, indiquent jeudi des enquêteurs américains.

Une pale du ventilateur du moteur droit du Boeing 737-800 s’est détachée, projetant des fragments à travers le fuselage, selon un rapport préliminaire du Conseil national de la sécurité des transports des États-Unis (NTSB).

L’incident, survenu le 10 juillet, s’est produit après le décollage de l’avion de la ville de Thessalonique, dans le nord de la Grèce. Les enquêteurs ont trouvé des restes d’oiseaux à l’intérieur du moteur, ce qui suggère que l’avion aurait pu heurter des oiseaux lors du décollage, bien qu’ils n’aient pas encore déterminé la cause exacte de la rupture de la pale de ventilateur.

L’homme de 61 ans, qui a failli être aspiré hors de l’appareil, a été blessé au cou et à l’épaule et a subi des brûlures par frottement.

L’aide des autres passagers

Les agents de bord ont rapporté aux enquêteurs avoir entendu et ressenti de fortes vibrations continues et avoir vu de la fumée ou de la brume à l’intérieur de la cabine avant que les masques à oxygène ne tombent du plafond.

L’un d’entre eux a alors remarqué que certains passagers se levaient et appelaient à l’aide, car l’homme assis au siège côté hublot de la rangée 11 était partiellement coincé dans le hublot endommagé. Les autres passagers ont réussi à le ramener à l’intérieur de la cabine.

Le passager blessé a été déplacé vers la rangée 12, où un passager, qui est médecin, s’est occupé de lui. D’autres passagers ont obtenu des agents de bord une boîte métallique, qu’ils ont utilisée pour tenter de colmater le hublot brisé jusqu’à ce que l’avion puisse atterrir.

Une série de courtes vidéos enregistrées depuis l’intérieur de l’avion et diffusées par Radio Thessaloniki montrait des passagers portant des masques à oxygène après la dépressurisation de la cabine. Une autre semblait montrer le hublot arraché, avec un homme assis à proximité portant un masque à oxygène. Une troisième vidéo, apparemment filmée après l’atterrissage de l’appareil, montrait les premiers secours à l’œuvre dans l’allée.

Des pales inspectées en mai

Le mois dernier, Ryanair a indiqué dans une déclaration que le vol «était rentré à Thessalonique peu après le décollage lorsqu’un hublot s’est détaché en vol».

Les règles internationales de l’aviation permettent à l’Autorité hellénique d’enquête sur la sécurité aérienne et ferroviaire de confier les enquêtes au NTSB, ce qu’elle a fait dans ce cas-ci, avec la participation de la Grèce.

Le NTSB a réprimandé le chef de la direction de Ryanair, Michael O’Leary, après que celui-ci eut déclaré aux investisseurs le mois dernier que l’enquête portait sur des dommages causés par des corps étrangers et non sur l’âge de l’avion ou son historique d’entretien. Le NTSB a précisé que les enquêteurs n’avaient écarté aucune hypothèse et que M. O’Leary n’était pas habilité à s’exprimer à ce sujet.

Les registres d’entretien montrent que les pales du ventilateur du moteur droit, qui a subi une défaillance, avaient fait l’objet d’inspections par ultrasons en mai 2026 et en novembre 2025, sans qu’aucun dommage n’ait été constaté. Cependant, le NTSB a indiqué que quatre collisions présumées avec des oiseaux sur ce même moteur avaient été signalées par les équipages au cours de l’année écoulée. Des restes d’oiseaux ont été retrouvés à la suite de deux de ces collisions présumées.

Jeff Guzzetti, ancien enquêteur du NTSB et du Bureau fédéral de l’aéronautique (FAA) qui a examiné le rapport préliminaire, explique à l’Associated Press que l’entretien semblait avoir été effectué aux intervalles requis. Mais les enquêteurs examineront probablement la manière dont ces inspections ont été menées et si les quatre collisions présumées avec des oiseaux antérieures auraient pu contribuer à des dommages préexistants sur le moteur.

«Nous savons ce qui s’est passé et, dans une certaine mesure, pourquoi cela s’est produit, mais il reste des questions sans réponse sur lesquelles le NTSB va se pencher», ajoute M. Guzzetti.

L’AP a adressé par courriel des demandes de commentaires sur les conclusions du NTSB à Ryanair, Boeing et CFM International, le fabricant du moteur.

Au moins deux incidents antérieurs ont été recensés au cours desquels des pièces d’un moteur fabriqué par CFM ont cédé et ont percé la cabine de l’avion. En 2018, une femme est morte à bord d’un vol Southwest Airlines après avoir été partiellement aspirée à travers un hublot brisé. Un autre avion de Southwest avait subi une rupture similaire du moteur liée à une pale en 2016 au-dessus de la Floride.

Un incident après le décollage

Cet avion à fuselage étroit, pouvant accueillir jusqu’à 189 passagers, avait été livré neuf à Ryanair en 2008, selon le site de suivi des vols Flightradar24.

Les données de vol indiquent que l’appareil a dépassé les 15 000 pieds (4 570 mètres) environ six minutes après le décollage, puis est immédiatement redescendu à environ 6000 pieds (1830 mètres) «afin de consommer du carburant pendant 30 minutes» avant de revenir à Thessalonique environ une heure après son décollage, selon Flightradar24.

Le vol était assuré par Malta Air, une filiale de Ryanair, la plus grande compagnie aérienne à bas prix d’Europe.

L’avion a atterri normalement et les passagers sont retournés au terminal. Un passager a demandé et reçu une assistance médicale au sol à Thessalonique, a indiqué la compagnie aérienne dans une déclaration publiée à l’époque.