La cheffe caquiste, Christine Fréchette, s’est dite préoccupée par la volonté de son homologue fédéral, Mark Carney, d’augmenter l’immigration au Canada. Elle demande que les seuils du Québec soient respectés.
Dans une récente entrevue accordée au «New York Times», Mark Carney a affirmé que, comme le système d’immigration canadien est de nouveau stable, la question est désormais de savoir quand entamer une «augmentation contrôlée» de la population du pays.
Le premier ministre canadien a continué en précisant que «cela va donc se produire, et nous voulons simplement nous assurer que nous maîtrisons la situation».
«Je ne pense pas qu’on soit dans une situation où il faut rehausser l’immigration», a pour sa part affirmé Christine Fréchette en mêlée de presse mercredi à Saint-Sauveur.
La cheffe caquiste a admis qu’elle n’avait pas eu de discussion avec Mark Carney sur le sujet.
«Il faut voir dans quelle manière ça va se déployer et puis il faudra respecter le seuil adopté par le gouvernement du Québec. Ça, c’est incontournable!» a-t-elle affirmé.
Christine Fréchette veut réduire le nombre d’immigrants temporaires au Québec entre 81 000 et 156 000 dans deux secteurs qui sont contrôlés par Ottawa: les demandeurs d’asile et les travailleurs étrangers temporaires du Programme de mobilité internationale (PMI).
Elle demande au fédéral de réduire le temps de traitement des dossiers des demandeurs d’asile et une meilleure répartition à travers le pays.
La cheffe caquiste exhorte aussi Ottawa à «renouveler les permis de travail des personnes immigrantes qui sont déjà établies au Québec, qui sont déjà en entreprise, dont les enfants vont à l’école et qui ont leur milieu de vie».
Questionné sur le sujet, le chef libéral, Charles Milliard, dit que le gouvernement du Québec avait un «rôle extrêmement important à jouer» en immigration.
«La capacité d’appui est limitée, elle doit être mieux mesurée. On doit prendre soin de nos entreprises et la proposition de M. St-Pierre Plamondon, à cet égard-là, elle est dangereuse. On a la proposition la plus méthodique. Et je n’aurai pas de difficultés à tenir tête au gouvernement fédéral si d’aventure, ils décidaient d’aller dans une autre direction. Être fédéralistes, c’est collaborer, et tenir tête au gouvernement fédéral lorsque c’est nécessaire», a-t-il soutenu.
La porte-parole solidaire, Ruba Ghazal, a affirmé que le Québec devait avoir son mot à dire quand il est question d’immigration.
«C’est important qu’on soit consulté et partie prenante des décisions qui sont prises», a-t-elle dit.
M. Carney avait déclaré en juillet que le gouvernement avait «repris le contrôle» du système d’immigration après une croissance démographique rapide sous le gouvernement du premier ministre Justin Trudeau.
Le gouvernement avait prévu de porter à 500 000 le nombre annuel de résidents permanents admis au Canada. Il a changé de cap avec le plan d’immigration 2024-2025 et a commencé à réduire les quotas d’admission.
Le gouvernement a également commencé à plafonner le nombre de travailleurs temporaires et d’étudiants admis au Canada, après avoir expliqué que l’augmentation importante de ces populations avait contribué à mettre à rude épreuve les marchés du logement et de l’emploi, ainsi que les services de santé et d’autres services.
Le gouvernement s’est fixé pour objectif de ramener la population de résidents temporaires à 5 % de la population totale d’ici la fin de l’année prochaine. En octobre 2024, ce taux avait dépassé les 7 %.
Les «U-Turn» de PSPP
Christine Fréchette n’a pas manqué d’écorcher le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, l’accusant d’avoir fait des «U-Turn» sur le troisième lien et Santé Québec
Le Parti québécois (PQ) avait promis au début de la campagne électorale un troisième lien entièrement consacré au transport en commun. Il y a quelques jours, Paul St-Pierre Plamondon a finalement dit que le projet ne serait pas dans les cartons dans un premier mandat péquiste.
Également, alors que le PQ s’était initialement engagé à abolir Santé Québec, il propose désormais la création d’une agence pour remplacer la société d’État.
«Pour quelqu’un qui a acheté de la publicité le long de l’autoroute en disant: “Un gouvernement qui dit ce qu’il fait et qui fait ce qu’il dit”, on n’est même pas arrivé à l’élection que déjà il a fait deux U-Turn», a lancé Christine Fréchette.
-Avec les informations de David Baxter, La Presse Canadienne
