Le premier ministre Mark Carney devrait annoncer jeudi une stratégie nationale pour l’automobile qui supprimera l’obligation de vendre des véhicules électriques au profit de nouvelles normes d’émissions pour les véhicules neufs et rétablira les remises accordées aux consommateurs pour l’achat de véhicules électriques.
Ottawa devrait également créer un fonds de 1,5 milliard $ pour les infrastructures liées aux véhicules électriques.
Des sources gouvernementales et industrielles, qui n’étaient pas autorisées à discuter publiquement des détails avant l’annonce, affirment qu’Ottawa instaurera des normes d’émissions pour les nouveaux véhicules similaires à celles en vigueur en Europe.
L’Union européenne fixe des normes de performance en matière d’émissions, communément appelées normes CAFE (Corporate Average Fuel Efficiency). Ce système exige que les émissions moyennes de toutes les voitures et fourgonnettes neuves respectent des objectifs d’émissions précis.
La Commission européenne indique que cette réglementation a permis une diminution de 28 % des émissions de toutes les voitures neuves entre 2019 et 2024, tandis que les émissions des nouvelles fourgonnettes ont baissé de 9 %.
Bien que les normes canadiennes ne soient pas encore clairement définies, l’objectif actuel de l’Europe est de garantir que toutes les voitures et fourgonnettes neuves soient carboneutres d’ici 2035. Toutefois, la réglementation révisée proposée en décembre abaisserait cet objectif à 90 %, offrant ainsi une certaine flexibilité aux véhicules hybrides rechargeables.
Selon une source, la nouvelle réglementation canadienne sur les émissions se rapprocherait de la réduction des émissions prévue par le mandat initial sur les véhicules électriques.
Le précédent gouvernement libéral s’était fixé pour objectif que les véhicules électriques représentent au moins 20 % des ventes au Canada cette année, un objectif qui aurait été porté à 100 % d’ici 2035.
En septembre, M. Carney a suspendu l’obligation — qui aurait forcé les constructeurs automobiles à garantir qu’un certain pourcentage des ventes de véhicules neufs provienne des modèles électriques à partir de cette année — et a lancé un examen de 60 jours afin d’assurer la liquidité du secteur automobile canadien face à la guerre commerciale en cours avec les États-Unis.
Les constructeurs automobiles avaient exhorté le gouvernement à abandonner purement et simplement cette mesure, arguant qu’elle était inutile, puisque le Canada dispose déjà d’autres politiques pour atteindre ses objectifs de réduction des émissions.
Comme l’a révélé CBC News, le Programme d’incitatifs pour les véhicules zéro émission (iVZE), qui a été suspendu l’année dernière après l’épuisement de son budget de plus de 3 milliards $, devrait également faire son retour.
Selon ce qu’a appris La Presse Canadienne, le gouvernement rétablira les rabais à un niveau similaire. Ottawa devrait offrir 5000 $ à l’achat d’un véhicule entièrement électrique neuf et 2500 $ pour un véhicule hybride rechargeable.
Auparavant, les véhicules entièrement électriques et les véhicules hybrides rechargeables à grande autonomie bénéficiaient du rabais complet de 5000 $, tandis que ceux à plus petite autonomie étaient admissibles à un rabais de 2500 $.
Les véhicules hybrides classiques ne seront plus admissibles aux rabais, mais les fabricants pourront réclamer des crédits d’impôt pour leurs émissions lors de leur vente.
Les ministres fédéraux avaient promis, pendant et après la campagne électorale du printemps dernier, de rétablir les incitatifs, sans toutefois fixer de date.
Cette situation a frustré les concessionnaires automobiles, qui ont constaté une chute des ventes de véhicules électriques, les consommateurs préférant attendre le retour des rabais.
Les ventes de véhicules électriques au Canada ont commencé à augmenter vers la fin de l’année 2025. Selon les plus récentes données de Statistique Canada, les véhicules électriques représentaient 11,3 % de toutes les ventes de véhicules neufs en novembre.
Les ventes mensuelles ont culminé à 18,29 % en décembre 2024, soit avant la suspension du programme iZEV.
