À peine une semaine après que certains «Canadiens perdus» ont reçu l’ordre de rendre leurs nouveaux certificats de citoyenneté, quelques-uns d’entre eux ont reçu cette fin de semaine des lettres indiquant que leurs attestations de citoyenneté étaient à nouveau considérées comme valides.
Un porte-parole d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada a déclaré lundi que le ministère examinait actuellement les quelque 4100 demandes de citoyenneté par filiation déposées en vertu d’une modification à la loi, qui offre une voie d’accès à la citoyenneté aux personnes ayant des ancêtres canadiens.
Les certificats de citoyenneté ne seront pas suspendus, à moins que l’examen ne révèle un problème concernant un document déjà délivré, a précisé le porte-parole.
Dans un communiqué publié la semaine dernière, le ministère avait indiqué qu’il suspendait temporairement la finalisation des certificats de citoyenneté liés à la modification de la loi sur la citoyenneté par filiation, adoptée sous le nom de projet de loi C-3.
La Loi sur la citoyenneté du Canada a été modifiée le 15 décembre 2025, permettant aux personnes nées avant cette date de revendiquer la citoyenneté canadienne si elles peuvent prouver leur filiation directe avec un parent, sans que celle-ci ne soit limitée à la première génération.
Bon nombre de ceux qui font valoir leurs droits à la citoyenneté en vertu de cette nouvelle règle sont des Américains.
Grand soulagement
Le ministère a indiqué que «quelques dizaines» de personnes ayant obtenu un titre de citoyenneté en vertu de la loi canadienne sur la citoyenneté par filiation avaient reçu, au début du mois, des courriers leur demandant de restituer ce titre dans l’attente d’un nouvel examen.
Bridget Burnett a reçu l’une de ces lettres, tout comme sa mère et son fils. Elle a déclaré que tous les trois avaient reçu samedi des courriels d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada leur indiquant que leur citoyenneté était à nouveau valide.
«Ce fut un immense moment de joie et de soulagement. Ma mère pleurait littéralement en intermittence pour près de huit heures. Le soulagement et la joie la submergeaient à nouveau, tout comme lorsqu’elle avait reçu son certificat la première fois», a raconté Mme Burnett depuis son domicile actuel, dans le Colorado.
Mme Burnett a reçu samedi matin un nouveau courriel du ministère de l’Immigration indiquant que sa citoyenneté avait été reconfirmée après un «examen approfondi» de son dossier.
Le courriel précisait également que l’ordre de remise de son certificat de citoyenneté, daté du 13 juin, avait été donné après que le ministère a examiné les documents qu’elle avait fournis dans le cadre de sa demande.
Mme Burnett a raconté que l’agent de l’IRCC à qui elle avait parlé vendredi n’avait pas été en mesure de lui expliquer pourquoi son dossier et ceux des membres de sa famille avaient subi un examen.
«Ils ne m’ont jamais demandé de documents supplémentaires ni d’explications. Je les ai rappelés vendredi et j’ai parlé à un autre agent au téléphone; il s’est montré à nouveau très compréhensif et a vraiment essayé de m’aider à obtenir des réponses ou des éclaircissements, mais il était lui-même dans le flou et n’a pas pu me donner d’indications», a-t-elle affirmé.
«Même si cela n’a pas abouti, c’était agréable de parler à un interlocuteur de l’IRCC qui se montrait réactif et compréhensif, mais c’était aussi difficile de constater qu’il semblait tout aussi perplexe que moi.»
L’incompréhension demeure
La ministre de l’Immigration, Lena Diab, et son ministère n’ont pas précisé ce qui avait conduit à ces réexamens. La ministre a indiqué que les preuves tirées de sites internet, tels qu’Ancestry.ca, ne suffisaient pas à prouver la citoyenneté par filiation et que les demandeurs devaient présenter «des documents vérifiés et authentifiés».
Un communiqué publié mercredi soir par le ministère de l’Immigration indiquait que ce dernier examinait les circonstances ayant conduit au retrait des documents de citoyenneté. Un porte-parole du ministère a précisé lundi que cet examen était toujours en cours.
Dans le cadre de sa demande de citoyenneté, Mme Burnett avait fourni une copie d’un relevé de recensement certifié indiquant que son arrière-grand-père était canadien.
Le ministère de l’Immigration avait informé les personnes dont la citoyenneté faisait l’objet d’un réexamen que leurs passeports canadiens n’étaient plus valides et devaient être restitués.
Les destinataires de ces lettres sont informés qu’ils disposent de 15 jours pour restituer leurs passeports. Il leur est également indiqué que leur admissibilité à un passeport canadien pourra être réévaluée si leur demande de citoyenneté est validée.
Mme Burnett n’avait pas encore fait de demande de passeport canadien lorsqu’elle a reçu la première lettre lui demandant de renoncer à sa citoyenneté.
Aujourd’hui, elle et sa famille se sentent plus sereines alors qu’elles s’apprêtent à quitter cette semaine le Colorado pour s’installer sur l’île de Vancouver, où elle prévoit de relancer son cabinet de psychologie.
Elle a expliqué à La Presse Canadienne que le système de santé américain «subissait de nombreux changements», notamment en ce qui concerne les soins aux femmes, et que le Canada lui semblait plus stable.
Mme Burnett a déclaré que, même alors qu’elle s’apprête à commencer une nouvelle vie en Colombie-Britannique, elle craint que sa citoyenneté ne fasse à nouveau l’objet d’un réexamen.
«Je suis très enthousiaste et je me sens très bien accueillie par la communauté où je m’installe sur l’île de Vancouver, mais il y aura toujours une partie de moi qui se demandera si tout cela est bien réel ou s’ils vont à nouveau révoquer ou suspendre ma citoyenneté.»

