Le gouvernement fédéral présente un projet de loi visant à soutenir les lancements spatiaux au Canada.
Le ministre des Transports, Steven MacKinnon, a déclaré mardi aux journalistes que le Canada était le seul pays du G7 à ne pas disposer de capacités de lancement spatial.
«À l’heure actuelle, nous devons compter sur des pays étrangers, le plus souvent les États-Unis, pour mettre en orbite les satellites canadiens», a-t-il expliqué.
«Cette dépendance vis-à-vis des États-Unis entraîne une fuite des investissements hors de notre pays, engendre des retards coûteux et expose des infrastructures essentielles à des décisions qui échappent à notre contrôle.»
Lors d’un breffage technique, les responsables ont affirmé que ces nouvelles règles permettront de lancer dans l’espace des satellites et des fusées depuis le sol canadien.
Ils ont précisé que ces lancements serviront à la fois à des fins civiles et militaires.
M. MacKinnon a affirmé que cette législation pourrait mener à la création d’une industrie spatiale commerciale canadienne d’une valeur de 40 milliards $. Les lancements pourraient commencer dans deux ou trois ans, a-t-il ajouté.
En mars, le gouvernement a annoncé qu’il allait investir 200 millions $ dans un bail de 10 ans pour une rampe de lancement détenue par le Canada en Nouvelle-Écosse. Le ministre de la Défense, David McGuinty, a alors fait valoir qu’environ 20 % de l’économie canadienne — y compris le secteur bancaire et les télécommunications — dépendait des satellites.
«Nous voulons pouvoir nous assurer davantage de souveraineté et de sécurité sur ce front», a soutenu M. McGuinty.
M. MacKinnon a indiqué mardi que des progrès majeurs avaient été réalisés dans l’utilisation de l’espace pour les télécommunications, la cartographie, la géolocalisation et la collecte de renseignements.
«Ce sont des domaines dans lesquels le Canada ne peut se permettre de prendre du retard. Il s’agit donc de nous donner les moyens et la capacité de protéger le Canada, de veiller à ce que nos forces armées restent à la pointe et en phase avec le reste du monde», a-t-il déclaré.
Il a ajouté que la capacité de lancement aiderait à la prévision et à la lutte aux incendies de forêt, à la conservation marine et à la sécurité dans l’Arctique.
M. MacKinnon a également cité Telesat, un opérateur de satellites installé à Ottawa qui lance une myriade de satellites en orbite terrestre basse — similaire au Starlink d’Elon Musk — capable de connecter les régions les plus reculées du pays à l’internet haut débit.
«C’est une alternative canadienne dans ce domaine (…) Je pense que nous savons qui sont les autres alternatives», a remarqué M. MacKinnon.
Le ministre a précisé que «la capacité de lancement de Telesat depuis le Canada est actuellement faible, voire inexistante. Cela leur offrira donc une alternative canadienne pour cette technologie canadienne.»
Avec la collaboration de Kyle Duggan

