Le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, dit prendre «au sérieux» les préoccupations concernant la nouvelle approche de la désignation de la langue de travail dans les unités des Forces armées canadiennes (FAC) et au ministère de la Défense.
«J’ai ordonné l’examen et la révision des désignations de langue de travail au sein des unités des FAC. Cette révision portera sur la manière dont les exigences par rapport à la langue de travail ont été appliquées et sur la capacité de l’approche actuelle à répondre aux besoins opérationnels et à respecter les droits linguistiques de l’Équipe de la Défense, incluant les FAC», a-t-il déclaré dans un communiqué de presse transmis jeudi après-midi par le ministère de la Défense.
Celui-ci avait annoncé en juillet une révision de sa manière de déterminer si la langue de travail doit être l’anglais, le français ou les deux, en appliquant les Directives et ordonnances administratives de la défense (DOAD) 5039-2, Langues officielles en milieu de travail.
L’Union des employés de la Défense nationale s’était à ce moment inquiétée d’un recul des droits des francophones.
Dans le communiqué, M. McGuinty indique que «la DOAD ne change pas l’obligation de fournir des services dans les deux langues officielles» et que «les services au public, les services personnels, la formation et l’instruction demeurent offerts en français et en anglais».
«Je comprends les préoccupations des francophones et des francophiles quant à la place du français au Canada. Ils veulent que notre langue soit défendue et respectée. Comme ministre de la Défense nationale, je fais de l’inclusion et du respect du français au sein des FAC une priorité», affirme-t-il.
«Je tiens à réitérer l’engagement de notre gouvernement envers la protection et la promotion de nos deux langues officielles, la préservation du français, ainsi que l’épanouissement de nos communautés de langue officielle en situation minoritaire partout au Canada et dans les FAC», ajoute-t-il.
Les propos du ministre McGuinty n’ont pas rassuré les autres partis représentés à la Chambre des communes.
Selon les conservateurs, «une simple révision ne suffit pas».
«Dans une organisation nationale dont les membres servent partout au Canada et dans le monde, la maîtrise et l’utilisation de nos deux langues officielles représentent une force. C’est la raison pour laquelle les conservateurs demandent au gouvernement d’annuler la DOAD 5039-2 et de rétablir un régime permettant de désigner bilingues les unités, les organisations et les établissements militaires lorsque leur mission, leur mandat national, leurs responsabilités de formation ou leurs besoins opérationnels le justifient», écrit le parti dans un communiqué de presse.
«Le ministre reconnaît maintenant qu’il y a un problème. Les libéraux doivent aller au bout de la démarche et corriger la directive qu’ils ont créée, ajoute-t-il. Les militaires francophones doivent pouvoir servir leur pays, progresser dans leur carrière et exercer leur leadership en français, peu importe où les besoins des Forces armées canadiennes les amènent à servir.»
De son côté, le Bloc québécois estime que cette demande d’examen et de révision «arrive trop tard» et «ne changera rien dans la culture de ce ministère, qui ne respecte qu’une seule langue officielle: l’anglais».
«Depuis janvier 2025 que le ministère de la Défense était informé que la nouvelle directive sur les langues de travail dans la Défense signifiait ni plus ni moins la disparition du français pour ses employés civils et militaires presque partout à l’extérieur du Québec. Il aura fallu encore une fois que la nouvelle soit rendue publique pour que le gouvernement libéral bouge le petit doigt», a déploré la leader parlementaire du Bloc, Christine Normandin, dans une déclaration envoyée par courriel à La Presse Canadienne.
