Le premier ministre Mark Carney devrait participer à l’Assemblée générale des Nations unies la semaine prochaine, alors que l’instabilité géopolitique, la guerre et les efforts du président américain Donald Trump visant à démanteler l’ordre multilatéral pèsent sur cet événement.
M. Carney ne prononcera pas de discours devant la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies lors de son séjour à New York, du lundi au mercredi. Selon de hauts responsables gouvernementaux, le premier ministre rencontrera des dirigeants mondiaux et des chefs d’entreprise et participera à des événements organisés par l’ONU.
Dans un communiqué de presse publié, M. Carney a expliqué: «Le monde porte un regard différent sur le Canada.»
«À l’heure où l’ordre international est en pleine refonte, le Canada entend contribuer à le façonner, a-t-il ajouté. À l’Assemblée générale, nous nous entretiendrons avec nos partenaires, anciens et nouveaux, nous défendrons les règles qui protègent notre souveraineté et nous transformerons la coopération en une véritable opportunité pour les travailleurs et les entreprises canadiennes.»
Des responsables gouvernementaux ont indiqué que M. Carney coorganisera, avec la France et le Royaume-Uni, un événement consacré à la solution à deux États, un an après que ces trois pays ont reconnu un État palestinien indépendant lors de l’Assemblée générale.
Selon ces responsables, ce sera l’occasion pour ces pays de continuer à manifester leur soutien à la solution à deux États, et d’examiner la mise en œuvre des priorités clés ainsi que les progrès réalisés.
Au début du mois, Ottawa s’est joint aux pays européens pour s’engager à interdire les importations de marchandises produites dans les colonies israéliennes de la Cisjordanie occupée.
Le Canada et les autres pays ont accusé Israël de favoriser la violence des colons et de s’employer à étendre des colonies largement considérées comme illégales au regard du droit international.
Lors de l’Assemblée générale, M. Carney participera à un événement organisé par l’OceanEye International Alliance — visant à garantir des investissements durables et l’ouverture des données océanographiques — aux côtés de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Il participera également à une table ronde sur le renforcement de la collaboration multilatérale avec le président du Conseil européen, António Costa, et le président du Kenya, William Ruto.
Ces discussions interviennent alors que l’ONU poursuit ses efforts de réforme de grande envergure. Donald Trump et son administration ont exigé des changements significatifs et ont suspendu le financement de l’institution, la plongeant ainsi dans la tourmente.
L’administration Trump s’est retirée de plusieurs organes des Nations unies, notamment l’Organisation mondiale de la santé et l’UNESCO.
L’ONU est également en train de sélectionner son prochain secrétaire général.
Le communiqué de presse indique que M. Carney travaillera avec ses partenaires pour contribuer à bâtir une ONU plus efficace, mieux à même de mener à bien ses priorités fondamentales que sont la paix et la sécurité, le développement et les droits de la personne.
Alors que Donald Trump se détourne des institutions internationales, Mark Carney s’est employé à renforcer les relations avec les partenaires mondiaux, parfois au grand dam du président américain.
En début de semaine, Mme von der Leyen a profité de son discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen pour ouvrir la voie à une adhésion du Canada en tant que ce qu’elle a qualifié de premier «membre associé» de l’UE.
Donald Trump a déclaré qu’il considérait la perspective d’une adhésion du Canada en tant que membre associé de l’UE comme un «acte hostile» potentiel et a menacé d’imposer davantage de droits de douane à l’Europe.
M. Trump n’a cessé d’intensifier sa guerre commerciale avec le Canada depuis la rupture des négociations commerciales le mois dernier.
Le président a imposé des droits de douane de 50% sur toute une série de produits canadiens, a décidé d’interdire purement et simplement certaines importations canadiennes dans le courant du mois et a signé un décret visant à rebaptiser le lac Ontario «lac America».
Mercredi, Donald Trump a signé un mémorandum enjoignant aux agences fédérales chargées de superviser les marchés publics aux États-Unis de retirer tous les produits d’origine canadienne.
Les responsables canadiens ont indiqué que l’Assemblée générale était un événement de grande envergure et que MM. Carney et Trump pourraient se croiser. Ils ont ajouté qu’aucune rencontre n’était actuellement prévue avec des membres de l’administration américaine.
La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, doit prononcer un discours lors de l’Assemblée générale.
Avec des informations de Dylan Robertson de La Presse canadienne et de l’Associated Press

