Société

L’ex-ministre libérale Kirsty Duncan est décédée

Elle avait 59 ans.

Mis à jour le 

Publié le 

Kirsty Duncan est photographiée dans son bureau à Ottawa le mercredi 11 juillet 2018. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang Kirsty Duncan est photographiée dans son bureau à Ottawa le mercredi 11 juillet 2018. LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

L’ancienne ministre, scientifique et fervente défenseuse du sport sécuritaire, Kirsty Duncan, est décédée à l’âge de 59 ans.

Mme Duncan avait rendu publiques les nombreuses opérations, les séances de radiothérapie et de chimiothérapie qu’elle avait subies pour traiter son cancer depuis son diagnostic en 2023.

Née le 31 octobre 1966, Mme Duncan a été élue députée libérale de la circonscription torontoise d’Etobicoke-Nord à cinq reprises entre 2008 et 2025. Elle avait choisi de ne pas se représenter lors des élections fédérales de l’an dernier.

Les hommages à Mme Duncan ont afflué lundi après l’annonce de son décès.

«J’ai été profondément attristé d’apprendre le décès de mon amie Kirsty Duncan, une fonctionnaire dévouée et une championne des citoyens d’Etobicoke-Nord», a écrit le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, sur les réseaux sociaux.

«Elle a servi notre communauté avec dévouement et conviction. Mes pensées et mes prières accompagnent sa famille et ses proches», a-t-il ajouté.

Lors d’une conférence de presse tenue lundi à Toronto, M. Ford a déclaré que Mme Duncan était une amie et une «personne merveilleuse».

«Les gens l’ignorent peut-être, mais dans notre famille, il y avait une règle: jamais nous ne nous présenterions contre Kirsty», a lancé M. Ford, député provincial d’Etobicoke, en Ontario.

Les députés ont observé une minute de silence en hommage à Mme Duncan lundi après-midi, après l’annonce de son décès par le député libéral Kevin Lamoureux à la Chambre des communes.

Le vice-président de la Chambre, John Nater, a énoncé que tous les parlementaires présentaient leurs condoléances à la famille de Mme Duncan.

«Ceux d’entre nous qui ont eu le privilège de siéger à ses côtés n’oublieront jamais son travail acharné, son courage, sa compassion et, surtout, sa gentillesse», a-t-il affirmé.

Les membres du Comité permanent de la science et de la recherche de la Chambre des communes ont également observé une minute de silence lundi. La députée libérale Salma Zahid a rappelé que Mme Duncan avait été la première présidente de ce comité, créé à la suite de sa motion d’initiative parlementaire.

Mme Zahid a ajouté que Mme Duncan était une grande députée et une personne extraordinaire. «Elle a été parmi les deux ou trois premières collègues à m’appeler lorsque j’ai reçu mon diagnostic, et je n’oublierai jamais tout le soutien qu’elle m’a apporté», a dit Mme Zahid, une survivante du cancer.

L’ancien premier ministre Justin Trudeau a décrit Mme Duncan comme une personne curieuse, généreuse et profondément dévouée à aider les autres.

«Elle croyait au savoir, à la compassion et au service, et elle incarnait ces valeurs dans chacune de ses conversations et dans tous les combats qu’elle menait. J’ai beaucoup appris d’elle et j’ai eu la chance de la compter parmi mes amies», a écrit M. Trudeau sur les réseaux sociaux.

Défenseuse de la sécurité dans le sport

Mme Duncan a été ministre des Sciences de 2015 à 2019 et ministre des Sports de 2018 à 2019. Elle a également occupé brièvement le poste de ministre des Personnes handicapées en 2018.

Après les élections de 2019, elle est devenue leader parlementaire adjointe du gouvernement, fonction qu’elle a occupée jusqu’en 2021.

Elle a pris un congé de maladie le 26 janvier 2023, mais a continué de siéger comme députée. Bien qu’elle n’ait occupé le portefeuille des sports que pendant moins de deux ans, Mme Duncan a fait de la sécurité dans le sport sa priorité, tant durant son mandat de ministre des Sports qu’après.

Lors d’une audience du Comité du patrimoine sur la sécurité dans le sport, le 15 juin 2023 à Ottawa, elle a exhorté les députés à éliminer les abus dans le sport.

«Nous devons tout mettre en œuvre pour remédier aux nombreuses années d’abus et à leur enracinement — abus émotionnels, physiques, psychologiques, sexuels et verbaux», avait déclaré Mme Duncan au comité, tout en demandant la tenue d’une enquête nationale.

«Si le Canada prend les bonnes mesures, nous pourrons mieux protéger nos athlètes», avait-elle affirmé.

Durant son mandat de ministre des Sports, Mme Duncan a mis sur pied une ligne d’écoute nationale, confidentielle et sans frais, pour les victimes et les témoins d’abus dans le sport.

Elle a également annoncé que le gouvernement fédéral élaborerait un code de conduite pour le sport au Canada et créerait un secrétariat à l’équité des genres pour lutter contre les abus, le harcèlement et la discrimination dans le sport.

En 2019, le budget fédéral a alloué 30 millions $ sur cinq ans au soutien de la sécurité dans le sport, mais son ministère a ensuite été intégré au ministère du Patrimoine. Il a fallu attendre l’arrivée de Pascale St-Onge, en octobre 2021, pour qu’une ministre des Sports soit nommée à ce poste.

Réaction du premier ministre 

Le premier ministre Mark Carney a publié un message sur les réseaux sociaux lundi, exprimant sa compassion envers les Canadiens et Canadiennes à la suite du décès de Mme Duncan.

«La vie de Kirsty était empreinte de bonté et de dévouement», a souligné M. Carney.

«Sa curiosité et sa générosité ont inspiré des Canadiens et Canadiennes de partout au pays. J’offre mes plus sincères condoléances à la famille, aux amis, aux collègues et à tous ceux qui ont bénéficié de son travail», a-t-il ajouté.

Mme Duncan était une athlète accomplie. Gymnaste de compétition dans son enfance, elle est devenue, plus tard, une coureuse passionnée. Adulte, elle a couru le marathon de Boston à plusieurs reprises et a également participé à des triathlons demi-Ironman.

Tout au long de sa vie, elle a été entraîneuse, professeure de danse et juge d’athlétisme, militant pour la promotion de la forme physique et œuvrant à mettre fin à ce qu’elle appelait autrefois «le côté obscur du sport».

Mme Duncan a parlé publiquement de la pression constante qu’elle subissait pour atteindre et maintenir un poids faible lorsqu’elle était enfant et gymnaste.

Mme Duncan s’est lancée en politique forte d’une formation scientifique. Diplômée du Kipling Collegiate Institute, elle a étudié la géographie et l’anthropologie à l’Université de Toronto.

Elle a obtenu son doctorat en géographie à l’Université d’Édimbourg.

De 1993 à 2000, Mme Duncan a enseigné la météorologie, la climatologie et les changements climatiques à l’Université de Windsor.

En 2003, elle a publié «À la recherche de la grippe de 1918: l’enquête d’une scientifique sur un virus mortel», un ouvrage basé sur l’expédition qu’elle a menée pour étudier les origines du virus de la grippe espagnole.

Elle a siégé au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2007.

En tant que ministre des Sciences, elle a nommé un conseiller scientifique en chef national.

Dans une entrevue, Mme Duncan a déclaré que son gouvernement avait «donné la liberté de parole à nos scientifiques» et qu’elle avait rétabli le questionnaire détaillé du recensement «parce qu’il faut des données probantes pour prendre de bonnes décisions».

Mme Duncan a parlé de son traitement contre le cancer lors de l’audience du Comité du patrimoine en juin 2023.

«À celles et ceux qui vivent avec le cancer, sachez que vous n’êtes pas seuls et que je suis à vos côtés, a-t-elle assuré. Je suis reconnaissante pour la médecine, la science et les soins exceptionnels et empreints de compassion prodigués par nos professionnels de la santé, qui nous sauvent la vie.»