Le premier ministre chinois Li Qiang a défendu mercredi les avancées technologiques de son pays, les qualifiant d’opportunités pour le monde plutôt que de menaces.
M. Li a également mentionné que les importantes subventions publiques accordées par le pays n’étaient pas la principale raison de l’essor rapide de ses industries de haute technologie, alors que les responsables occidentaux se plaignent que le soutien de l’État chinois à des secteurs allant de l’intelligence artificielle aux véhicules électriques confère un avantage concurrentiel déloyal.
Le numéro deux chinois a tenu ces propos lors de son discours prononcé à la séance plénière d’ouverture de la réunion annuelle des «Nouveaux champions» du Forum économique mondial, connue sous le nom de «Davos d’été», qui se tient cette semaine dans la ville côtière de Dalian, au nord-est de la Chine.
Il a reconnu que les innovations technologiques chinoises suscitaient des inquiétudes croissantes à l’échelle mondiale, certains considérant l’essor de la haute technologie dans ce pays comme une menace pour de nombreuses économies avancées.
Il a toutefois estimé que ce phénomène devrait plutôt être considéré comme une «opportunité chinoise 2.0».
«Du point de vue du développement mondial, l’“opportunité chinoise 2.0” signifie un accès plus large aux technologies de pointe et un partage plus large des bénéfices», a soutenu M. Li.
«Les technologies et les produits émergents de la Chine n’apportent pas de chocs au monde, mais des opportunités, a-t-il ajouté. Pas des menaces, mais une autonomisation.»
Les progrès technologiques de la Chine et l’augmentation de ses exportations de véhicules électriques, de panneaux solaires, de puces électroniques, de batteries, d’intelligence artificielle et de robotique ont offert des options abordables aux marchés mondiaux, mais ont également suscité des critiques de la part de gouvernements préoccupés par des problèmes tels que la surproduction. Certains prennent des mesures protectionnistes.
M. Li a également rejeté les allégations selon lesquelles l’essor des secteurs de haute technologie chinois serait dû à des subventions publiques massives.
Les décideurs politiques américains et européens ont exprimé leurs inquiétudes quant aux subventions d’État chinoises, estimant qu’elles créent des inégalités pour leurs industries.
Un rapport publié en juin par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui regroupe 38 pays, indiquait que les subventions d’État massives, notamment celles accordées par la Chine, peuvent fausser les marchés mondiaux et créer des avantages concurrentiels déloyaux.
«Certains affirment que les produits chinois sont compétitifs principalement grâce aux subventions du gouvernement chinois, a mentionné M. Li dans son discours. Ce n’est pas vrai. Le gouvernement chinois n’est pas si riche que cela.»
L’importance du marché intérieur chinois, qui permet un déploiement massif et rapide des nouvelles technologies auprès de sa population de 1,4 milliard d’habitants, ainsi que les investissements colossaux des entreprises comptent parmi les facteurs clés de ses progrès technologiques fulgurants, a-t-il précisé.
M. Li a également cité le géant technologique chinois Huawei, qui a fait l’objet de restrictions occidentales, ainsi que l’entreprise de robotique Unitree, deux sociétés qui ont connu une croissance rapide tant en taille qu’en part de marché, comme exemples du succès de la Chine en matière d’innovation.
Pékin avait auparavant fait part de son opposition à l’extension, ce mois-ci, de la liste établie par le Pentagone des entreprises chinoises liées à l’armée, qui inclut désormais Unitree et d’autres entreprises technologiques, les empêchant ainsi de décrocher des contrats avec le secteur américain de la défense. Huawei figure également sur cette liste.
