En septembre, le prix moyen demandé pour un logement en location s’élevait à 2034 $, soit une baisse de 4,2 % par rapport à l’année dernière.
Un rapport mensuel publié par Rentals.ca et Urbanation mercredi indique que ces chiffres marquent deux années complètes de baisse annuelle, soit la plus longue période de ralentissement que le marché locatif canadien a connu dans son histoire récente.
Les loyers moyens demandés ont baissé de 7,3 % au cours des deux dernières années et se situent 9,2 % en dessous du pic de 2202 $ atteint en mai 2024. Le rapport met également en avant des chiffres de Statistique Canada qui montrent que les revenus hebdomadaires moyens ont augmenté de 19,4 % au cours des cinq dernières années, ce qui témoigne d’une amélioration générale de l’abordabilité du logement locatif.
Les loyers ont légèrement retraité sur une base mensuelle, reculant de 1 $ par rapport aux 2035 $ enregistrés en août, ce qui marque une deuxième baisse mensuelle consécutive. Le rapport précise que cette évolution s’inscrit dans un schéma saisonnier classique, la demande augmentant au printemps et en été avant de commencer à s’atténuer à l’automne.
À travers les provinces, les loyers moyens pour tous les segments immobiliers ont baissé de 4,8 % par rapport à l’année précédente en Ontario, de 2,9 % en Colombie-Britannique, de 2,6 % en Alberta et de 1,7 % au Québec. En revanche, d’autres provinces ont enregistré des hausses, notamment de 1,4 % en Nouvelle-Écosse et en Saskatchewan.
Par pied carré, les loyers moyens demandés sur les six plus grands marchés canadiens se sont établis à 2,48 $, soit une baisse de 1,5 % par rapport à septembre 2025.
Les loyers demandés pour les appartements ont baissé de 2,7 % par rapport à l’an dernier pour s’établir à 2036 $ en moyenne en septembre, tandis que ceux des condominiums ont diminué de 7,8 % pour atteindre 2052 $. Les loyers des appartements ont enregistré la plus faible baisse annuelle parmi tous les types de biens immobiliers.
Ce sont les loyers des condominiums qui ont connu les baisses les plus marquées, notamment ceux des studios, qui ont chuté de 9,6 %. Les loyers des autres logements du marché secondaire, comme les maisons, ont quant à eux baissé de 7,4 % pour s’établir à 2016 $.
Stabilisation sur certains marchés
Le rapport indique toutefois que les marchés locatifs de Toronto et de Vancouver montrent des signes de stabilisation, après que les loyers ont atteint leur plus bas niveau en cinq ans.
«Nos recherches montrent que l’offre a été le principal moteur de cette correction et que, sur des marchés clés comme Toronto et Vancouver, l’offre nouvelle a dépassé son pic», souligne Shaun Hildebrand, président d’Urbanation, dans un communiqué.
«Les loyers dans ces deux villes ont affiché une tendance à la hausse au cours des six derniers mois, et les baisses annuelles se sont considérablement réduites à mesure que les locataires reviennent sur le marché. Ce qui se passe à Toronto et à Vancouver se répercute sur le reste du pays.»
Plusieurs facteurs laissent entrevoir «un retour prochain à une croissance positive des loyers» dans ces villes, selon le rapport. Parmi ceux-ci, on peut citer le fait que le parc immobilier en construction a atteint son pic, que les révisions des données montrent une légère augmentation de la population, et que ces deux villes sont relativement moins exposées aux droits de douane sur leurs marchés du travail respectifs.
«À court terme, des loyers plus abordables et des incitatifs à l’emménagement libèrent une demande refoulée liée au report de la formation de ménages, alors que la hausse des loyers des années précédentes avait poussé des locataires potentiels à demeurer plus longtemps chez leurs parents ou avec des colocataires», précise le rapport.
Daniel Johnson, La Presse Canadienne

