Les ingénieurs du gouvernement du Québec durcissent leur grève; elle deviendra générale et illimitée à compter du 6 juillet.
À l’heure actuelle, la grève à durée indéterminée des membres de l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec a lieu tous les jeudis, ainsi que les soirs et les fins de semaine.
L’APIGQ représente quelque 1900 ingénieurs travaillant pour le gouvernement du Québec, principalement au ministère des Transports, mais aussi à ceux des Affaires municipales, de l’Environnement, des Ressources naturelles et de la Cybersécurité.
«C’est ironique de faire la grève pour s’assurer d’avoir une meilleure gestion des infrastructures, mais on est rendu là. On ne fera pas rire de nous encore longtemps. C’est plate! On s’excuse pratiquement à la population, parce que ça va avoir des impacts socio-économiques assez majeurs», a commenté en entrevue, mardi, Marc-André Martin, président du syndicat.
Ces ingénieurs avaient déjà débrayé durant huit jours en 2025, puis une journée le 20 mai, cette année, avant d’en venir, en juin, à cette grève des jeudis, des soirs et des fins de semaine.
Leur convention collective est échue depuis le 31 mars 2023, soit en même temps que celles des autres employés des secteurs public et parapublic.
Des services essentiels sont maintenus durant une grève des ingénieurs du gouvernement, puisqu’en cas d’inquiétude concernant l’état d’une infrastructure, de désastre, de mouvements de terrain, d’une route qui s’affaisse ou d’accident, par exemple, ils doivent s’assurer de la sécurité des lieux pour les citoyens.
Le litige
Le litige porte principalement sur l’octroi d’une «enveloppe sectorielle», dotée d’un montant qui permettrait d’accorder plus que les 17,4 % d’augmentations salariales sur cinq ans qu’ont obtenues l’ensemble des employés de l’État.
L’APIGQ estime qu’avec la crise des infrastructures, les ingénieurs, qui planifient et surveillent les travaux, devraient être considérés comme une catégorie de travailleurs prioritaire, donc pouvant bénéficier de cette «enveloppe sectorielle» qui est destinée à financer des avantages spécifiques.
Contacté, le Conseil du trésor a déjà répondu que son équipe de négociation avait tous les mandats requis en main pour parvenir à conclure une entente avec le syndicat des ingénieurs. Il a rappelé qu’il s’est déjà entendu avec la grande majorité des syndicats qui représentent les autres employés de l’État.
Le Conseil du trésor assure également que son offre présentée aux ingénieurs est du même ordre que celle qui a été faite aux autres employés de l’État et qui a été acceptée par eux. Il dit donc agir au nom de l’équité.
Ces négociations sont donc dans une impasse. «Le gouvernement nous dit qu’il a les mandats pour régler, mais c’est la même “poignée de change” qu’il nous rebrasse et qu’il nous remet sur la table à toutes les fois», se plaint M. Martin.

