Les députés du Parti québécois (PQ) ont été conviés, jeudi, à une formation offerte par l’ex-première ministre Pauline Marois.
Elle était accompagnée pour l’occasion de l’ex-chef de cabinet de Jacques Parizeau, Jean Royer.
C’est le premier ministre Paul St-Pierre Plamondon qui a eu l’idée d’organiser cette formation, qu’il a qualifiée de «mini MBA» pour les nouveaux élus.
S’adressant à eux en début de rencontre, il a déclaré: «De l’extérieur, la politique a l’air simple. (...) Ça peut donner l’impression que vous êtes déjà en maîtrise de ce nouveau rôle.
«La réalité est tout autre. (...) On voit dans le développement de chaque député des moments où ils se disent: “Avoir su, je n’aurais pas fait ça comme ça”.»
Le PQ a fait élire 60 députés le 5 octobre dernier, la plupart des néophytes en politique qui n’ont jamais siégé à l’Assemblée nationale.
La formation de jeudi doit servir à leur expliquer les rouages du parlement et de l’État québécois, et à prodiguer des conseils sur les pièges à éviter, a indiqué Mme Marois en mêlée de presse.
Elle a dit qu’elle mettrait l’accent durant la formation sur l’importance de traiter l’ensemble des intervenants avec respect, à commencer par les partis d’opposition.
Le gouvernement minoritaire du PQ aura besoin d’eux pour faire avancer les projets de loi, a-t-elle souligné.
«C’est toujours de partir du fait que des gens peuvent m’apprendre quelque chose, (...) et si je les (...) respecte, ils vont le faire d’une façon plus spontanée, plus normale», a-t-elle déclaré.
«Créer des liens, (...) dans la saine relation qu’on va avoir avec eux, je pense que ça facilite les choses», a-t-elle ajouté.
L’ex-première ministre est bien placée pour le savoir: elle-même a dirigé un gouvernement minoritaire entre 2012 et 2014.
«Il y a des choses que je referrais peut-être autrement, a-t-elle confié. Je serais peut-être plus ouverte à l’égard de l’opposition.»
Pauline Marois conseille également aux nouveaux élus de rester «authentiques».
«Ils doivent porter les engagements qu’ils ont pris, les assumer et en rendre compte à la population. C’est le plus grand défi qu’ils ont, de rester eux-mêmes.»
M. Royer ajoute que les députés devront «être conscients qu’ils font partie d’une équipe». «Pour le reste, ça va aller.»
Interrogée à savoir si elle comptait rester proche du nouveau gouvernement, Mme Marois a eu un petit rire, avant de rappeler son projet de lutte contre l’itinérance.
Elle s’est réjouie du fait que M. St-Pierre Plamondon ait pris lui-même le dossier en main, au lieu de le confier à l’un de ses ministres.
«Il y a beaucoup de coordination à faire à l’intérieur de l’appareil gouvernemental, a-t-elle affirmé. Il faut aller plus vite, il faut aller mieux. On doit faire briser un peu les silos.
«Que le dossier soit sous la responsabilité du premier ministre, ça permet d’envoyer un message très clair dans la machine que lorsqu’on demande de modifier des règles, de changer des règlements, on agit et on le fait rapidement», a-t-elle ajouté.
Au terme de la formation jeudi, plusieurs députés sont passés en vitesse devant les journalistes, s’arrêtant seulement pour dire avoir trouvé l’exercice «très intéressant» et «très instructif».
Une leçon retenue: «être à l’écoute et savoir de quoi on parle avant de parler», a fait savoir le député de Borduas, Cédric Ducharme Gagnon.
