Au 39e jour du marathon électoral et à la veille du scrutin, les chefs ont galvanisé leurs troupes et ont aussi été amenés à poser un regard sur la campagne qu’ils ont menée.
Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Charles Milliard, s’est dit convaincu que le vote libéral est actuellement «sous-évalué» dans plusieurs régions, dont la Montérégie, la Mauricie, la Capitale-Nationale et la Beauce.
Il a amorcé sa dernière journée de campagne dimanche à Saint-Victor, en Beauce, avec sa candidate Nancy Labbé.
Les libéraux font grimper les attentes et promettent de faire mentir les pronostics dans Beauce-Nord, une région pourtant réputée comme étant conservatrice.
Le chef libéral a appelé les conservateurs et les caquistes déçus à voter stratégiquement pour son parti, le seul, selon lui, qui peut coiffer le Parti québécois (PQ) au fil d’arrivée et former le prochain gouvernement.
M. Milliard a prédit quatre ans de «chicanes» si le PQ était élu lundi, à moins que le nouveau gouvernement ne soit minoritaire, dans quel cas le Québec pourrait rapidement replonger en élections, a-t-il dit.
«À choisir entre deux maux, je préférerais une autre élection dans deux ans qu’un référendum dans trois ans», a laissé tomber M. Milliard en mêlée de presse.
PSPP demande de «tout donner»
Faisant campagne à Montréal et à Laval, le chef péquiste, Paul St-Pierre Plamondon, a soutenu qu’avec la force de ses militants, le PQ est le seul parti qui peut faire toute la différence à la dernière minute.
À moins de 24 heures du vote, M. St-Pierre Plamondon a demandé à ses militants de «tout donner» pour inciter les électeurs à aller voter pour le Parti québécois.
«La seule certitude, c’est que ça va être serré», a-t-il déclaré en mêlée de presse au dernier jour de la campagne, dans la circonscription de Rosemont, à Montréal.
Le chef péquiste a passé la majeure partie de la dernière journée de campagne à Montréal, où son parti ne détient actuellement qu’une circonscription, la sienne, Camille-Laurin.
Après Hochelaga-Maisonneuve, il s’est rendu dans Rosemont et Maurice-Richard. Ce sont trois circonscriptions qui avaient élu des députés de Québec solidaire (QS) en 2022.
«À Montréal, on vise une progression quand même importante pour le Parti québécois en étant en position de le faire», a affirmé le chef péquiste en mêlée de presse.
Fréchette «fière» de sa campagne
Lors de son bilan de campagne, la cheffe caquiste, Christine Fréchette, a admis que le système électoral québécois actuel risquait de désavantager son parti politique le 5 octobre au soir.
Selon l’agrégateur de sondages Qc125, la Coalition avenir Québec (CAQ) pourrait être rayée de la carte tout en récoltant autour de 16 % des intentions de vote.
Malgré cela, Christine Fréchette a affirmé il y a quelques jours qu’elle ne voulait pas réformer le mode de scrutin pour le rendre proportionnel, arguant qu’elle ne sentait pas d’appétit de la part des Québécois.
La cheffe caquiste s’est dite «fière» de sa campagne. Elle a toutefois affirmé qu’elle aurait dû parler davantage des effets négatifs de la promesse péquiste de tenir un référendum dans un premier mandat.
Mme Fréchette s’est dite «inquiète» de voir le Québec revenir dans le carcan opposant fédéralistes et souverainistes. La troisième voie doit donc continuer «d’être offerte avec force et avec vigueur aux Québécois», a-t-elle fait valoir.
En fin de journée, Mme Fréchette a fait du porte-à-porte dans la circonscription de Trois-Rivières, où elle est candidate. Selon l’agrégateur de sondages Qc125, les projections placent Mme Fréchette en deuxième position, à 23 %, derrière le candidat du Parti québécois, Jean Pellerin, à 30 %. Le candidat du Parti conservateur, Jonathan Couturier, se trouve au troisième rang selon les projections, à 21 %.
QS lance un appel aux «indépendantistes progressistes»
De son côté, la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Ruba Ghazal, a lancé un dernier appel aux «indépendantistes progressistes (...) qui ne se reconnaissent plus dans l’austérité présentée par le Parti québécois».
En campagne dans la circonscription de Verdun, à Montréal, elle a aussi soutenu que l’élection de députés libéraux dans le Sud-Ouest de la métropole représenterait un «recul».
Elle a fait valoir que les Montréalais ont «été pris pour acquis depuis toujours» par le PLQ.
Mme Ghazal a réitéré son appel aux électeurs à voter «avec leur coeur» pour faire élire le plus grand nombre de députés solidaires à l’Assemblée nationale.
«Envoyez un signal que tout le Québec n’a pas viré à droite, n’est pas devenu conservateur, et envoyez aussi des gens qui vont être les seuls à résister face à l’influence d’Éric Duhaime sur le prochain Parlement», a-t-elle soutenu.
Questionnée sur les bons et moins bons coups de sa campagne, la co-porte-parole solidaire a souligné comme une réussite le ton positif de sa campagne.
En ce qui concerne le moins bon coup de la campagne, Mme Ghazal a souligné les enjeux autochtones qui ont été abordés trop tard.
Duhaime croit avoir «le vent dans le dos»
Le chef Éric Duhaime a dit croire que le Parti conservateur du Québec (PCQ) a «le vent dans le dos».
S’exprimant dimanche devant le Centre Vidéotron, à Québec, avant un match des Remparts, M. Duhaime a dit se sentir «serein» et «confiant» à la veille du scrutin, rappelant une dernière fois aux Québécois l’importance d’aller voter.
Réagissant aux appels du chef péquiste qui a demandé aux électeurs de voter pour un gouvernement, et non pour une opposition, M. Duhaime a dit croire que le Parti québécois réalise que la situation est «en train de leur glisser entre les doigts».
Le chef conservateur a réitéré son objectif que le PCQ devienne un groupe parlementaire reconnu, soit en faisant élire 12 députés, soit en obtenant 20 % des voix.
M. Duhaime a lancé un message aux électeurs qui pensent que le PCQ ne peut pas obtenir la victoire dans leur circonscription, soutenant que chaque vote pour sa formation politique compte.
