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Le responsable américain du commerce affirme avoir soumis des propositions à Ottawa

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Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, le 9 avril 2026 à Warren, au Michigan. AP/Julia Demaree Nikhinson Le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, le 9 avril 2026 à Warren, au Michigan. Crédit image | AP (Julia Demaree Nikhinson)

WASHINGTON — Le plus haut responsable américain du commerce affirme que l'administration Trump ne compte pas reconnaître au Canada le mérite de ses concessions commerciales.

Jamieson Greer s'est dit satisfait que le Canada ait abandonné sa taxe sur les services numériques et «fait marche arrière» sur sa loi relative aux services de diffusion en continu, mais il estime que «l'on ne peut pas vraiment féliciter quelqu'un d'avoir fait quelque chose de mal et ensuite revenir dessus».

«C'est simplement une bonne pratique de leur part», a déclaré M. Greer lors du Forum sur la sécurité à Aspen, dans le Colorado, mercredi.

Le premier ministre Mark Carney a supprimé cette taxe en juin dernier, quelques heures avant l’échéance des paiements dus par les géants de la technologie, dans le but de relancer les négociations commerciales. Cette taxe devait être imposée aux entreprises sur une partie de leurs revenus générés par les utilisateurs canadiens.

Cette initiative semblait avoir brièvement stabilisé les relations entre le Canada et les États-Unis, et un accord circonscrit sur certains droits de douane sectoriels imposés par le président américain Donald Trump semblait imminent en octobre dernier.

Mais les États-Unis ont de nouveau gelé les négociations ce même mois, après que Donald Trump eut été irrité par une publicité financée par l’Ontario citant l’ancien président Ronald Reagan critiquant les droits de douane.

En juin, Ottawa a demandé au CRTC de reconsidérer sa décision de tripler les contributions financières des plateformes au contenu canadien dans le cadre de la mise en œuvre de la Loi sur la diffusion continue en ligne. Cette décision a été prise à la suite de protestations de groupes d’intérêt américains et de l’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra.

Les relations entre les responsables canadiens et américains du commerce se sont lentement dégelées cette année. S’exprimant mercredi lors du Forum sur la sécurité à Aspen, M. Greer a indiqué qu’il était en contact hebdomadaire avec ses homologues canadiens et qu’il avait soumis à Ottawa des propositions visant à placer la discussion «dans une meilleure position».

Il a également déclaré: «Nous n’avons tout simplement pas constaté beaucoup d’avancées.»

Les États-Unis ont officiellement annoncé, début juillet, qu’ils ne renouvelleraient pas l’accord de libre-échange entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, connu sous le nom d’ACEUM.

L’accord reste en vigueur dans le cadre de révisions annuelles renouvelables pendant une période pouvant aller jusqu’à dix ans, après quoi il expirera si aucune entente de prolongation n’est négociée.

Le Canada et le Mexique ont tous deux fait savoir qu’ils souhaitaient une prolongation de 16 ans.

L’accord commercial continental a protégé le Canada et le Mexique d’une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump, mais des secteurs tels que l’acier, l’aluminium et l’automobile sont frappés de droits distincts.

Ces droits de douane sectoriels constituent un enjeu majeur pour les négociateurs canadiens, et Donald Trump semble peu disposé à revoir sa position sur ces droits de douane.

M. Greer se montre optimiste

Washington et le Mexique ont entamé des négociations officielles sur l’ACEUM, mais des pourparlers de ce type n’ont pas encore commencé avec Ottawa.

M. Greer a déclaré que les Mexicains étaient «pragmatiques», mais que «le déficit commercial du Mexique constituait véritablement un défi». Il a ajouté qu’il existait des problèmes avec le Mexique concernant la surcapacité, les subventions, les pratiques commerciales déloyales et la politique monétaire.

M. Greer n’a pas cité de points de friction commerciaux spécifiques avec le Canada, mais il a repris un argument de l’administration Trump en affirmant que le Canada et la Chine étaient les seuls pays à avoir pris des mesures de rétorsion après que le président eut imposé ses droits de douane de grande envergure.

Il a ajouté que le président Trump restait également déterminé à réduire le déficit commercial avec le Canada. Ce déficit est en grande partie dû aux importations de pétrole; si l’on ne tient pas compte du secteur de l’énergie, les États-Unis affichent un excédent commercial avec le Canada.

M. Greer s’est toutefois montré optimiste quant à un futur accord avec le Canada, indiquant que certaines discussions devaient se dérouler au plus haut niveau.

«En réalité, si le président et le premier ministre Carney parviennent à s’entendre, je suis sûr que nous pourrons mettre au point une solution sensée qui nous permettra de surmonter ces difficultés, a-t-il déclaré. Nous continuerons toujours à commercer dans une certaine mesure avec le Canada, ne serait-ce que parce qu’il est juste là.»

Kelly Geraldine Malone, La Presse Canadienne

Kelly Geraldine Malone

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Journaliste