De minuscules grains de pollen ont permis à la police de Vancouver de localiser la dernière présence connue d’une femme, dont le corps a été retrouvé flottant au large du front de mer de la ville, dans la région de Seattle et de Portland.
C’est un mystère que la police cherche à élucider depuis près de quatre ans, depuis qu’un équipage de remorqueur a découvert le corps dans la baie English en septembre 2022.
Un kayak gonflable se trouvait à proximité et elle avait des bonbons gélifiés, de l’insuline et une petite somme en dollars canadiens dans son sac à dos, mais aucun document d’identité.
Une recherche menée à travers l’Amérique du Nord et via Interpol n’a permis de trouver aucune personne disparue correspondant à la description de cette femme d’origine africaine, âgée d’une trentaine d’années.
Le sergent Adam Donaldson, de la police de Vancouver, a indiqué lundi qu’après quatre ans passés à «suivre toutes les pistes, ils se sont heurtés à un mur».
La situation a changé lorsque la police a appris l’existence d’une nouvelle technique médico-légale utilisée dans un laboratoire des douanes et de la protection des frontières des États-Unis, capable d’analyser les spores de pollen présentes sur les vêtements afin de déterminer où une personne a pu se trouver récemment.
Le sergent Anton Schamberger a mentionné que les douanes américaines avaient accepté de recevoir certaines pièces à conviction et qu’elles avaient envoyé le pull et le sac à dos de la kayakiste.
Ils ont reçu les résultats en août dernier, a-t-il précisé.
«D’après les grains de pollen et les spores de fougère trouvés sur le pull de la kayakiste, ils ont pu déterminer que le pull lui-même avait été exposé à un environnement du nord-ouest du Pacifique, quelque part entre Portland et Seattle», a expliqué M. Schamberger.
Il n’y avait pratiquement aucune trace de ce type de pollen provenant de la région de Vancouver.
M. Donaldson a précisé que la police comptait suivre cette piste.
«Nous ne disons pas qu’elle vivait à Seattle, ni qu’elle était originaire de Seattle, mais qu’elle a probablement passé ses derniers jours là-bas d’après cette analyse des retombées», a-t-il fait savoir.
Une nouvelle vidéo a été publiée sur les réseaux sociaux du service de police et une conférence de presse sera organisée mardi, avec le soutien de la police de Seattle, afin de trouver une personne susceptible de connaître cette femme.
«L’objectif de cette initiative est de raviver des souvenirs, de générer de nouvelles pistes et, à terme, d’identifier la femme afin que sa famille puisse être informée», a indiqué la police dans un communiqué de presse.
«Cette affaire a déjà suscité un vif intérêt en raison de sa complexité et du mystère entourant l’identité de la femme», a-t-il été précisé.
La vidéo publiée par la police montre le capitaine Jonas Grey se remémorant les instants où son équipage a découvert le corps. Il a expliqué qu’ils traversaient English Bay pour aller chercher une barge lorsqu’ils ont aperçu ce qui semblait être un corps dans l’eau.
«Nous l’avons amenée près de l’échelle de sauvetage. Nous sommes descendus, avons cherché son pouls, puis l’avons hissée à bord», a raconté M. Grey à propos du corps de la femme.
Elle a été déclarée morte peu après à l’hôpital.
M. Donaldson a mentionné que les enquêteurs avaient écarté de nombreuses hypothèses, notamment celle selon laquelle elle aurait pu descendre d’un porte-conteneurs et tenter de trouver une vie meilleure.
«Et nous savons que si tel était le cas, il y aurait quelqu’un quelque part qui voudrait savoir ce qui est arrivé à son proche», a affirmé M. Donaldson.
L’inspectrice Rebecca Matson s’est dite convaincue que la femme n’avait pas été portée disparue au Canada.
Mme Matson a indiqué que les agents avaient consulté les bases de données américaines disponibles et qu’il y avait de fortes chances qu’elle soit américaine, mais qu’elle n’ait peut-être pas été portée disparue.
Mme Matson a ajouté que les agents lançaient un appel à témoins afin d’aider la famille à tourner la page.

