MONTRÉAL — L'homme qui a avoué avoir noyé deux de ses enfants en 2022 a terminé mardi son témoignage lors de son procès pour meurtre au premier degré après plusieurs jours d'un contre-interrogatoire tendu.
Kamaljit Arora, 49 ans, a été interrogé à plusieurs reprises par la procureure de la Couronne au sujet de l'historique de recherche sur son téléphone portable, qui comprenait des recherches sur divers sujets liés aux substances mortelles ou causant la mort.
Au cours de plusieurs jours de témoignage au tribunal de Laval, Arora a souvent déclaré qu'il ne se souvenait pas avoir effectué certaines de ces recherches sur Internet ni avoir lu les articles qui en résultaient.
Parmi les sujets recherchés sur le téléphone figuraient les décès par monoxyde de carbone, les noyades, les homicides et le fentanyl.
Et pour les recherches dont il se souvenait, il a affirmé qu'elles étaient liées à son désir de mettre fin à ses jours.
Arora a même suggéré que l'historique de recherche sur son téléphone ne reflétait peut-être pas exclusivement ses propres actions, car l'appareil de son fils était synchronisé avec son téléphone. Il a aussi mentionné aux jurés que sa femme utilisait souvent son téléphone.
Dans une déclaration écrite adressée au tribunal, Arora a admis avoir noyé son fils de 11 ans et sa fille de 13 ans le 17 octobre 2022. Leurs noms font l'objet d'une interdiction de publication.
Il a plaidé non coupable à deux chefs d'accusation de meurtre au premier degré, de tentative de meurtre sur sa fille aînée et d'étranglement de son ex-femme dans leur maison de Laval.
La Couronne entend prouver que les actes d'Arora étaient prémédités, mais ce dernier soutient qu'il n'a aucun souvenir des événements, car il avait tenté de se suicider en ingérant du fentanyl quelques instants avant le meurtre des enfants.
Le procès a révélé que la famille était arrivée au Canada en provenance d'Inde en 2015, à la recherche d'une vie meilleure pour les enfants.
Arora souffrait de troubles mentaux depuis environ 2020, notamment d'une grave dépression. Il avait tenté ou envisagé de se suicider à plusieurs reprises.
Dans les heures qui ont précédé les meurtres, il avait acheté ce qu'il pensait être du fentanyl dans l'intention de se suicider. Arora a indiqué qu'il n'avait aucun souvenir du reste de la journée après avoir consommé ces drogues illégales.
L'accusé a précisé qu'il se souvenait seulement de s'être réveillé menotté à l'hôpital quelques semaines après les décès. Même à la fin de l'année 2025, Arora ne croyait pas avoir tué ses enfants.
Au cours du contre-interrogatoire, la procureure Claudia Carbonneau a interrogé Arora sur les tensions conjugales et familiales, notamment sur le fait que sa femme avait demandé à plusieurs reprises le divorce depuis 2017, ce que l'accusé avait refusé parce qu'il craignait que les enfants ne souffrent sans lui.
Le procès a également révélé que la famille de sa femme devait plus de 80 000 $ à Arora, mais l'accusé a insisté sur le fait qu'il n'était pas en colère à cause de cette dette. Il s'est plaint d'un membre de sa famille qui avait «détruit» sa vie familiale en s'immisçant dans ses affaires et en influençant sa femme.
L'avocate de la défense, Elise Pinsonnault, a expliqué précédemment qu'un psychiatre qui avait traité Arora témoignerait pour la défense.
Le procès devant jury, présidé par le juge Alexandre Bien-Aimé Bastien de la Cour supérieure, reprendra mercredi.
Sidhartha Banerjee, La Presse Canadienne
