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Le Brésil convoque la représentante de l'Argentine après la fuite de Bolsonaro

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ARCHIVES – Le président argentin Javier Milei prononce un discours au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques, en amont de la «Semaine de l’Argentine», un événement visant à promouvoir les investissements et les opportu... ARCHIVES – Le président argentin Javier Milei prononce un discours au siège de l’Organisation de coopération et de développement économiques, en amont de la «Semaine de l’Argentine», un événement visant à promouvoir les investissements et les opportunités commerciales, à Paris, le 1er octobre 2026. Photo AP/Teresa Suarez, archives (Teresa Suarez)

Le gouvernement du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a convoqué la représentante de l’Argentine dans le pays après que Flávio Bolsonaro s’est enfui aux États-Unis en passant par l’Argentine, marquant ainsi le dernier épisode en date des relations tendues entre les deux grandes puissances d’Amérique du Sud.

Le ministère brésilien des Affaires étrangères a demandé des explications jeudi après-midi après que le candidat présidentiel battu a transité par l’Argentine pour se rendre à Miami, selon une source diplomatique qui a souhaité garder l’anonymat, n’étant pas autorisée à s’exprimer publiquement sur le sujet.

Le président argentin Javier Milei a soutenu M. Bolsonaro lors de l’élection présidentielle remportée dimanche par M. Lula et n’a toujours pas reconnu la victoire du candidat de gauche, se démarquant ainsi des autres alliés de M. Trump dans la région qui ont rapidement félicité le président sortant.

M. Bolsonaro, qui fait l’objet d’une enquête au Brésil pour des allégations de corruption et de blanchiment d’argent, a refusé de reconnaître sa défaite et a qualifié les élections de frauduleuses, sans fournir de preuves.

Son père, l’ancien président Jair Bolsonaro, a également refusé de reconnaître sa défaite face à M. Lula en 2022 et purge actuellement une peine de 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.

Sous MM. Milei et Lula, l’Argentine et le Brésil ont entretenu des relations houleuses, qui ont pris un tournant décisif pour le pire en juillet lorsque le Brésil a rappelé son ambassadeur en Argentine après que M. Milei eut insulté des responsables brésiliens lors de son séjour dans le pays.

M. Milei se trouvait à São Paulo pour participer à l’événement confirmant la candidature présidentielle de M. Bolsonaro lorsqu’il a qualifié M. Lula de «voleur» et de «délinquant», entre autres.

L’Argentine a également rappelé son ambassadeur au Brésil. Les intérêts des deux pays sont désormais représentés par des diplomates de rang inférieur, appelés «chargés d’affaires».

Le plus haut diplomate brésilien, João Marcelo, directeur du département Amérique du Sud du ministère, a convoqué la chargée d’affaires argentine María Emilia Cortés pour une brève rencontre, a indiqué la source.

M. Milei n’a pas commenté le voyage de M. Bolsonaro, mais le porte-parole présidentiel, Juan Pablo Carreira, a déclaré sur les réseaux sociaux que l’administration avait sauvé M. Bolsonaro «des griffes du communisme, qui cherche à emprisonner toutes les figures de l’opposition».

Le président américain, Donald Trump, a qualifié l’élection brésilienne de «truquée» et de «très étrange», mais s’est abstenu d’appeler M. Bolsonaro «président élu». À la place, M. Trump a donné à M. Bolsonaro un «laissez-passer» pour entrer sur le territoire américain.

«Je ne m’en mêlerai pas», a mentionné M. Trump, dont l’administration a approuvé cette semaine l’octroi de visas américains à M. Bolsonaro et à sa famille.

Dans ses premières déclarations depuis qu’il a fui le Brésil, M. Bolsonaro a remercié à la fois MM. Milei et Trump.

«Je tiens à remercier le président Milei pour son courage, son sens de la justice et du respect de la légalité, ainsi que M. Trump et le merveilleux peuple américain de m’avoir accueilli», a-t-il souligné.

M. Bolsonaro, âgé de 45 ans, fait l’objet de deux enquêtes portant sur des allégations de corruption et de blanchiment d’argent.