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L'Australie veut renforcer sa loi sur les réseaux sociaux

L’interdiction imposée aux jeunes enfants de posséder des comptes sur des plateformes telles que Facebook, Instagram et YouTube aurait échoué depuis son entrée en vigueur, le 10 décembre dernier.

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ARCHIVES – Trois garçons utilisent leur téléphone tandis qu'ils sont assis devant une école à Sydney, le lundi 8 décembre 2025. (Photo AP/Rick Rycroft) ARCHIVES – Trois garçons utilisent leur téléphone tandis qu'ils sont assis devant une école à Sydney, le lundi 8 décembre 2025. (Photo AP/Rick Rycroft) (Rick Rycroft)

Le gouvernement australien veut renforcer sa loi interdisant aux enfants de moins de 16 ans d’utiliser les réseaux sociaux, a annoncé le premier ministre Anthony Albanese.

Des observateurs ont indiqué vendredi que le gouvernement réagissait ainsi aux preuves démontrant que l’interdiction imposée aux jeunes enfants de posséder des comptes sur des plateformes telles que Facebook, Instagram et YouTube avait échoué depuis son entrée en vigueur, le 10 décembre dernier. L’Australie a été le premier pays au monde à adopter une loi visant à empêcher les jeunes d’accéder aux réseaux sociaux, mais d’autres pays ont depuis emboîté le pas.

M. Albanese a déclaré jeudi au Parlement que son gouvernement étudiait différentes options pour renforcer cette interdiction.

«Nous y travaillons en priorité, car c’est un problème auquel les générations précédentes n’ont pas eu à faire face, ce qui rend la situation complexe», a statué M. Albanese au Parlement.

Interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes de moins de 16 ans: entrevue avec la Dre Mélissa Généreux La nouvelle loi sur la sécurité en ligne du gouvernement libéral obligerait les plateformes de réseaux sociaux à bloquer l’accès aux enfants de moins de 16 ans. Pour la Dre Mélissa Généreux, une telle loi ne serait pas exagérée.

Il a déclaré vendredi à l’Australian Broadcasting Corporation que le gouvernement se demandait «si les lois étaient aussi strictes que possible» et si la commissaire à la sécurité en ligne, Julie Inman Grant, responsable de veiller à la sécurité en ligne en Australie, «disposait de tous les pouvoirs nécessaires».

Le Royaume-Uni a annoncé la semaine dernière son intention d’interdire aux enfants de moins de 16 ans l’accès à toute une série de plateformes afin de les protéger contre les contenus préjudiciables et une utilisation excessive des écrans.

Le Canada, le Brésil et l’Indonésie ont adopté des lois ou annoncé des restrictions ou des conditions liées à l’âge aux réseaux sociaux. La France, l’Espagne, le Danemark, la Thaïlande et la Corée du Sud font partie des pays qui étudient ou élaborent actuellement des mesures similaires.

En avril, Mme Inman Grant a affirmé qu’elle envisageait d’intenter une action en justice contre Facebook, Instagram, Snapchat, TikTok et YouTube, leur reprochant de ne pas en faire assez pour empêcher les jeunes australiens d’accéder à leurs plateformes.

Ces plateformes, ainsi que X, Kick, Reddit, Threads et Twitch, s’exposent à des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (48,5 millions $ CA) si elles ne prennent pas de mesures raisonnables pour supprimer les comptes des jeunes enfants.

Une mesure qui a «échoué»

Lisa Given, experte en sciences de l’information à l’université RMIT de Melbourne, a indiqué que la réforme proposée par le gouvernement était une réponse aux preuves démontrant l’échec de l’interdiction. Parmi ces preuves figurent les données d’eSafety publiées en mars, qui montrent que sept mineurs sur dix continuaient à détenir des comptes sur Facebook, Instagram, Snapchat et TikTok depuis décembre.

Mme Given a également évoqué une étude publiée mercredi dans le British Medical Journal, qui a révélé que 85 % d’un groupe d’Australiens âgés de 12 à 17 ans utilisaient des plateformes soumises à des restrictions.

«Je pense effectivement que cette mesure est un échec, a-t-elle soutenu. De nombreux jeunes interrogés par les médias ont indiqué qu’ils considéraient eux aussi qu’il s’agissait d’une initiative qui avait véritablement échoué.»

La commissaire veut plus de pouvoirs

En entrevue début juin avec le «Sydney Morning Herald», Julie Inman Grant a affirmé qu’elle ne disposait pas de pouvoirs suffisants.

«Ce que je dirais, c’est qu’un régulateur ne vaut que par les outils et les ressources qui lui sont fournis», a-t-elle déclaré au média.

L’Associated Press a demandé vendredi au bureau de Mme Inman Grant de commenter ces informations, mais celui-ci n’avait pas répondu au moment d’écrire ces lignes.

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Lisa Given a souligné que Mme Inman Grant était confrontée à un défi pour faire respecter une loi à laquelle les plateformes s’opposent.

«Soit la commissaire à la cybersécurité a besoin de pouvoirs supplémentaires, soit nous devons adopter une autre approche en matière d’application de la loi», a-t-elle indiqué.

Mme Given s’attend à ce que les tribunaux aient à déterminer ce qui constitue les «mesures raisonnables» requises par la loi pour empêcher les enfants d’accéder à ces plateformes.

M. Albanese a déclaré que, dans le cadre des efforts accrus visant à faire respecter l’interdiction des réseaux sociaux, son gouvernement allait mettre en œuvre une loi sur le devoir de diligence numérique qui tiendrait les plateformes responsables des préjudices prévisibles causés par les contenus et les algorithmes.

Rod Mcguirk

Rod Mcguirk

Journaliste