Les récentes arrestations de plusieurs agents de police de Toronto dans le cadre d’une enquête sur le crime organisé sont une tache sur l’image des forces de l’ordre au Canada, mais les services de police à travers le pays font de leur mieux pour lutter contre la corruption, a déclaré mardi le chef de la police de Montréal.
«Croyez-moi, nous faisons tout notre possible pour éviter ce genre d’événement», a assuré Fady Dagher aux journalistes.
«C’est un moment très triste pour la police au Canada, ce qui s’est passé à Toronto.»
Sept agents actuellement en service à Toronto et un agent à la retraite figuraient parmi les vingt-sept suspects accusés dans le cadre d’une enquête menée par la police régionale de York, qui a mis au jour des faits présumés de corruption, de complot en vue de commettre un meurtre et de trafic de drogue.
Trois agents de la police régionale de Peel ont également été suspendus, mais n’ont pas été accusés dans le cadre de la même enquête.
M. Dagher a reconnu que la police montréalaise n’est pas à l’abri de tels cas, citant des exemples d’agents accusés d’avoir vendu des informations à des groupes criminels en 2012 et 2013.
Il a cependant souligné que les forces de police de la ville ont mis en place plusieurs mesures de protection pour surveiller les agents et autres employés qui pourraient présenter des vulnérabilités susceptibles d’être exploitées.
«Nous avons nos échecs, nos moments tragiques. (...) Ça ne veut pas dire que ça ne se reproduira plus jamais, mais depuis ces années-là, nous avons mis en place de nombreuses barrières pour nous assurer d’évaluer la vulnérabilité de nos policiers au cours de leur carrière.»
Par exemple, a-t-il ajouté, une fois que les agents rejoignent des unités spécialisées, ils font l’objet d’une surveillance accrue pour repéré des éléments à risque, tels que des dettes ou des problèmes dans leur vie personnelle qui pourraient les exposer au chantage.
M. Dagher s’est entretenu récemment avec le chef de la police de Toronto, Myron Demkiw, pour faire le point.
«Ce n’est pas facile du tout, car personne ne veut de cela dans sa propre organisation, en particulier les policiers — ils détestent les flics corrompus», a noté M. Dagher.
