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L'armée atteint son plus haut niveau de recrutement depuis 30 ans

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Incursion dans une simulation militaire Guerre en Iran, tensions en Arctique et investissements majeurs; alors que les yeux sont rivés sur l’armée canadienne, Noovo Info a assisté à une simulation militaire pour le 34e groupe-brigade du Canada.

Les Forces armées canadiennes ont connu une année record enmatière de recrutement, mais pas suffisamment pour que le ministre de la Défense nationale puisse annoncer la fin de ce que son prédécesseur décrivait comme une «spirale de la mort» dans le personnel.

Le recrutement militaire a atteint un sommet en 30 ans, les Forces armées canadiennes (FAC) ayant enrôlé 7310 nouveaux membres au cours de la dernière année, a annoncé lundi le ministre de la Défense nationale, David McGuinty.

Cela représente environ 600 recrues de plus que l’année précédente, lorsque les Forces armées avaient accueilli 6710 nouveaux membres.

M. McGuinty s’est félicité de cette forte hausse des demandes d’enrôlement, lundi matin, quelques heures seulement avant qu’un comité de la Chambre des communes n’entende des témoignages sur les difficultés des Forces armées canadiennes pour retenir les candidats.

Le ministre McGuinty a précisé que l’armée avait reçu plus de 44 000 candidatures au cours de l’année écoulée pour l’enrôlement dans la force régulière, soit 62 % de plus que l’année précédente.

L’ancien ministre de la Défense, Bill Blair, avait déclaré en 2024 que les Forces armées canadiennes étaient prises dans une «spirale de la mort» en matière de recrutement.

Interrogé sur ce constat alarmant et sur la possible fin des difficultés de recrutement des Forces armées canadiennes, M. McGuinty a déclaré qu’il «ne pouvait qualifier la journée autrement que de très positive».

«On est très contents de voir le travail, mais évidemment, il y a du travail à faire», a-t-il reconnu.

Un lien avec Donald Trump?

Le ministre McGuinty a indiqué que les recrues avec lesquelles il s’entretenait disaient «vouloir que le Canada demeure sécuritaire et souverain». Il n’a pas dit explicitement si la hausse du recrutement était en partie due aux appels répétés du président américain Donald Trump à l’annexion du Canada.

Les hauts gradés militaires ont également éludé la question de l’annexion.

«Chacun s’engage pour des raisons personnelles», a soutenu le lieutenant-général Erick Simoneau, chef du personnel militaire, lors d’un point de presse en ligne.

«Est-ce l’économie? Est-ce leur relation avec notre partenaire du Sud? Est-ce la prime de recrutement pour les professions essentielles? C’est probablement un peu de tout cela, mais nous n’avons pas d’enquête précise à ce sujet.»

Le ministre a attribué l’augmentation des effectifs à la hausse de salaire des militaires annoncée l’été dernier et aux modifications apportées aux exigences médicales d’enrôlement.

«On voit depuis un an que le travail des gens dans les Forces armées canadiennes, nos incitatifs, les salaires, le respect accordé aux Forces armées canadiennes, l’augmentation de morale dans le système; nous pensons que ça a un impact positif», a-t-il souligné.

M. McGuinty a précisé que, malgré la croissance des effectifs militaires, il manque encore quelque 3600 militaires de la Force régulière pour atteindre l’effectif autorisé. Le taux de départs s’est établi à 8,5 % au cours du dernier exercice financier, selon la Défense nationale.

Mieux comprendre les désistements

Quelques heures seulement après le point de presse de M. McGuinty lundi, un comité de la Chambre des communes a entendu le rapport du Bureau du vérificateur général concernant une série de problèmes qui ont nui au recrutement ces dernières années.

Le sous-vérificateur général, Andrew Hayes, a déclaré devant le Comité permanent des comptes publics de la Chambre des communes que des dizaines de milliers de candidats avaient tenté de s’enrôler dans les Forces armées canadiennes entre 2022 et 2025, mais que seulement un sur treize avait accédé à la formation de base.

Un grand nombre de candidats se sont désistés et les Forces armées n’ont jamais pu déterminer les raisons de ces abandons, a-t-il affirmé.

«Sans comprendre les raisons de ces abandons, les Forces armées ne savent pas quels changements sont nécessaires pour augmenter le nombre de candidats retenus», a indiqué M. Hayes au Comité.

«En l’absence d’un nombre suffisant de recrues hautement qualifiées, notamment des pilotes et des techniciens d’armement, les Forces armées canadiennes, la Marine et l’Aviation royale canadienne auront de la difficulté à répondre efficacement aux menaces, aux situations d’urgence et aux conflits.»

La sous-ministre de la Défense, Christiane Fox, a dit que le ministère avait mis sur pied un portail en ligne afin de recueillir de meilleures données sur les raisons des abandons et qu’il entreprendrait des entrevues de sortie.

«Nous sommes très préoccupés par cette situation, car il y a un manque si nous ne savons pas pourquoi les gens quittent les Forces armées canadiennes», a déclaré Mme Fox.

Des pénuries subsistent

M. McGuinty a reconnu que les Forces armées canadiennes font toujours face à des pénuries dans certains métiers, comme les techniciens en armement et les techniciens maritimes.

Des statistiques internes montrent que le recrutement est inférieur aux objectifs pour ces deux catégories, tandis que pour d’autres métiers, comme les infirmiers de combat et les techniciens en communications aérospatiales, les objectifs ont été atteints.

Le ministère de la Défense nationale fixe ses propres objectifs et n’a pas fourni les effectifs actuels pour les métiers en pénurie.

Kyle Duggan

Kyle Duggan

Journaliste