Fils de Presse

L’ancien chef de l’APNQL appelle les autochtones à rester vigilants vis-à-vis des projets énergétique

Publié le 

L'ancien chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, parle durant une entrevue lors d'une conférence sur l'énergie de HEC Montréal, à Montréal, le jeudi 5 novembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Graham Hughes L'ancien chef de l'Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, parle durant une entrevue lors d'une conférence sur l'énergie de HEC Montréal, à Montréal, le jeudi 5 novembre 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Graham Hughes)

L’ancien chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador a déclaré qu’il estimait que le secteur de l’énergie allait dans la bonne direction en matière de réconciliation.

Mais Ghislain Picard a ajouté que les nations autochtones devaient veiller à ce que leurs droits soient respectés face aux récentes initiatives de développement menées par le gouvernement fédéral.

«On est sur un bel élan, mais en même temps, les Premières Nations n’ont pas d’autres choix que de rester vigilantes», a-t-il déclaré jeudi à La Presse Canadienne lors d’une conférence sur l’énergie à Montréal.

L’ancien chef, originaire de la communauté innue de Pessamit, a salué les efforts déployés ces dernières années par Hydro-Québec pour associer les Premières Nations et les Inuits aux projets de développement énergétique, citant le plan d’action 2035 de l’entreprise, qui fait de la création de partenariats avec les communautés autochtones une priorité.

Il a également encouragé les parties prenantes à poursuivre le développement de ce type de collaboration, soulignant que Hydro One, en Ontario, propose aux communautés autochtones de prendre des participations dans certains nouveaux projets.

Mais les récents changements de gouvernance, notamment l’élection de Mark Carney, remettent en question la collaboration future, a ajouté M. Picard, qui occupe désormais un poste de professeur adjoint à HEC Montréal. Il a indiqué que les Premières Nations s’inquiétaient des modifications proposées aux lois environnementales canadiennes visant à accélérer la mise en œuvre de grands projets.

«On n’est pas opposé à la nécessité d’une certaine accélération, mais pas aux dépens de processus qui sont aussi réglementés et soutenus par la jurisprudence au niveau juridique», a-t-il déclaré aux participants à la conférence.

Les représentants du secteur présents à la conférence ont souligné les défis auxquels les entreprises sont confrontées lorsqu’elles doivent composer avec des directives législatives susceptibles de ralentir le développement.

M. Picard a précisé que les Premières Nations ne s’opposaient pas à une accélération des procédures d’autorisation, si cela ne portait pas atteinte à l’obligation de la Couronne de consulter les communautés autochtones.

Il a ajouté qu’il espérait que la victoire démocrate de cette semaine aux élections de mi-mandat américaines allégerait la pression politique exercée sur les communautés pour qu’elles donnent leur soutien hâtivement à de nouveaux projets énergétiques.

«On comprend que le ciel est redevenu bleu du côté du sud de la frontière avec nos voisins, a commenté M. Picard. Est-ce que cela va contribuer à changer cette géopolitique que je considère qui est toujours, toujours en mouvement? Espérons-le.»