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L’aide acheminée à Gaza inférieure aux termes de l’accord selon les chiffres d’Israël

Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre entre Israël et le Hamas, Israël a accepté de laisser entrer 600 camions d’aide humanitaire chaque jour à Gaza.

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Une jeune fille mange un sandwich dans un camp de tentes pour Palestiniens déplacés sur la plage de Gaza, le mercredi 10 décembre 2025. (Photo AP/Jehad Alshrafi) Une jeune fille mange un sandwich dans un camp de tentes pour Palestiniens déplacés sur la plage de Gaza, le mercredi 10 décembre 2025. (Photo AP/Jehad Alshrafi) (Jehad Alshrafi)

Selon une analyse de l’Associated Press basée sur les chiffres fournis par l’armée israélienne, les livraisons d’aide humanitaire à Gaza sont bien en deçà des quantités prévues dans le cadre du cessez-le-feu négocié par les États-Unis. Les organisations humanitaires affirment que ce manque à gagner a de graves répercussions sur les 2 millions d’habitants de la bande de Gaza.

Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu conclu en octobre entre Israël et le Hamas, Israël a accepté de laisser entrer 600 camions d’aide humanitaire chaque jour à Gaza.

Cependant, selon une analyse de l’AP des derniers chiffres fournis par le COGAT, l’organisme militaire israélien chargé de coordonner l’entrée de l’aide humanitaire, seuls 459 camions en moyenne sont entrés chaque jour dans la bande de Gaza entre le 12 octobre, date à laquelle l’acheminement de l’aide a repris, et dimanche.

Le COGAT a déclaré qu’environ 18 000 camions d’aide alimentaire étaient entrés à Gaza sur la même période, soit 70 % de toute l’aide à être entrée sur le territoire depuis la trêve.

Cela signifie que le COGAT estime qu’en incluant le reste de l’aide (les articles non alimentaires, tels que les tentes et les médicaments), un total d’un peu plus de 25 700 camions sont entrés à Gaza. Ce chiffre est bien inférieur aux 33 600 camions qui auraient dû pénétrer selon les termes du cessez-le-feu.

En réponse à l’analyse de l’AP, le COGAT a insisté mercredi sur le fait que le nombre de camions entrant chaque jour à Gaza était supérieur à 600, mais a refusé d’expliquer pourquoi les chiffres ne correspondaient pas à l’analyse ou de fournir les données brutes sur l’entrée des camions.

Le COGAT communiquait les chiffres quotidiens des camions entrant à Gaza pendant la guerre, mais a cessé de le faire lorsque le cessez-le-feu a commencé. Des groupes de défense des droits de la personne affirment que c’est parce que le COGAT contrôle les points de passage et qu’il est le seul à pouvoir suivre la quantité d’aide et de marchandises commerciales entrant à Gaza.

Les Nations unies et des organisations humanitaires ont souvent déclaré que la quantité d’aide entrant à Gaza était bien inférieure aux chiffres du COGAT.

Selon l’ONU, seuls 6545 camions ont été déchargés aux points de passage de Gaza entre le cessez-le-feu et le 7 décembre, soit environ 113 camions par jour. C’est ce qui ressort de sa base de données en ligne. Les chiffres de l’ONU n’incluent pas les camions d’aide envoyés par des organisations qui ne travaillent pas via son réseau.

Un document du Hamas remis samedi à l’AP estime à 7333 le nombre total de camions d’aide humanitaire entrés depuis la trêve.

Cette semaine, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU, connu sous le nom d’OCHA, a souligné le besoin urgent d’une aide supplémentaire pour Gaza, affirmant que les restrictions imposées par Israël sur l’aide humanitaire ont entravé les efforts de reconstruction.

Les organisations humanitaires affirment que le manque d’aide a eu des conséquences dramatiques sur une grande partie des habitants de Gaza, dont la plupart ont été déplacés de force par la guerre. La nourriture reste rare alors que le territoire palestinien lutte pour se remettre de la famine qui a frappé certaines parties de Gaza pendant la guerre.

Israël a au moins une fois suspendu temporairement toute entrée d’aide humanitaire en réponse aux violations présumées de la trêve par le Hamas. L’État hébreu a soutenu que le Hamas n’avait pas restitué les corps des otages dans le délai fixé par le cessez-le-feu. Le groupe a indiqué avoir eu du mal à retrouver les corps en raison des destructions causées par Israël dans le territoire palestinien.

Israël exige la restitution de la dépouille du dernier otage, Ran Gvili, depuis Gaza.

Le bureau du premier ministre Benyamin Nétanyahou a déclaré mercredi que la dépouille devait être restituée pour conclure la première phase du cessez-le-feu; «une fois la première phase terminée, la deuxième phase commencera».

Un adolescent tué dans un camp à Gaza

Le directeur de l’hôpital Shifa de Gaza, Mohamed Abu Selmiya, a déclaré avoir reçu mercredi le corps d’un adolescent palestinien de 17 ans qui avait été écrasé par un char israélien dans le camp de réfugiés de Jabaliya, au nord de Gaza.

L’armée israélienne a déclaré avoir tué mercredi un militant qui avait franchi la «ligne jaune» — qui sépare la partie de Gaza contrôlée par Israël du reste — dans le nord de Gaza.

Interrogée par l’AP pour confirmer si cela avait un lien avec la mort de l’adolescent palestinien, l’armée a déclaré qu’elle ne pouvait fournir plus de détails à ce sujet.

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Les journalistes de l’Associated Press Megan Janetsky à Jérusalem et Sam Mednick à Tel-Aviv, en Israël, ont contribué à cet article.

Julia Frankel, The Associated Press