L’adoption de la loi renforçant la laïcité dans les écoles a entraîné le départ d’un nombre «marginal» d’employés, a soutenu mercredi la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel.
Elle était questionnée par la députée libérale Madwa-Nika Cadet lors de l’étude des crédits budgétaires, un exercice de reddition de comptes qui se tient annuellement à l’Assemblée nationale.
Le projet de loi 94, adopté en octobre dernier, étend notamment l’interdiction du port de signes religieux à l’ensemble du personnel dans les écoles et dans les centres de services scolaires (CSS).
Une clause de droits acquis existe pour tous ceux ayant été embauchés avant le 19 mars 2025.
Mercredi, Mme Cadet a voulu savoir combien d’employés avaient été licenciés en raison de leur refus de se conformer à la nouvelle loi.
«C’est marginal, a répondu la ministre LeBel. À ma connaissance, on est dans les dizaines, même pas les centaines, même pas 100. C’est très minime. (...) À ma connaissance, c’est très peu.»
Selon ses explications, la plupart des gens qui ont été contactés étaient sur des listes de rappel.
«La grande majorité de ces gens-là n’avaient pas enseigné dans le réseau de l’éducation depuis plusieurs années. (...) Cent cinquante personnes ont été contactées et beaucoup là-dedans n’enseignent même plus.
«Les gens (...) qui étaient dans des écoles, qui occupaient un poste dans des écoles (et qui ont quitté), je pense qu’on les compte sur les doigts de la main», a-t-elle insisté.
Le mois dernier, des syndicats avaient pourtant dénoncé la perte de 150 employés, dont des dizaines d’éducatrices en service de garde, des techniciennes en éducation spécialisée (TES) et des préposées aux élèves handicapés.
Ils avaient dit craindre, sur les ondes de Radio-Canada, que ces départs forcés n’accentuent la pénurie de personnel dans les écoles à Montréal.
Le Centre de services scolaire de Montréal (CSSDM) affirmait, lui aussi, que les congédiements allaient avoir un impact dans les écoles.
«La Coalition avenir Québec semble sous-estimer le défi de rétention de personnel touché par les dispositions du projet de loi 94», a déclaré Mme Cadet, mercredi.
«Si plusieurs employées quittent, il y aura certainement des ruptures de services. Il faudrait tout de même se préparer à cette éventualité pour ne pas nuire aux élèves, alors que le milieu prépare déjà la prochaine rentrée scolaire», a-t-elle ajouté.
Selon les données du gouvernement, plus de 3100 postes (enseignants, personnel de soutien, professionnels) étaient toujours à pourvoir en date de février.

