LAVAL — D’un côté, on avait un club qui ne cesse d’accumuler les points en temps réglementaire; de l’autre une formation qui, très bientôt, tentera d’amasser des points dans l’espoir de se voir attribuer le premier choix du prochain repêchage de la Ligue professionnelle de hockey féminin. Tel était le portrait des forces en présence mardi soir à la Place Bell.
La Victoire de Montréal a amélioré son record de la LPHF pour le nombre de matchs consécutifs avec au moins un point au classement grâce à un gain de 4-1 contre le Torrent de Seattle devant une foule de 9247 spectateurs.
Dans un affrontement à saveur de piège, dans le contexte où la Victoire effectuera ses deux prochaines sorties contre le Fleet de Boston mais qu'en attendant, elle devait éviter de sous-estimer le club de dernière place dans la LPHF qu'elle affrontait, la formation montréalaise a obtenu le résultat escompté après une première période peu convaincante.
D'ailleurs, l'entraîneuse-chef Kori Cheverie a clairement énoncé le fait que sa formation n'a pas pris le Torrent (6-1-3-15 - 23 points) à la légère, un club qui sera mathématiquement éliminé des séries éliminatoires avec une défaite en temps réglementaire mercredi soir à Ottawa.
«On ne prend personne à la légère. Je ne pense pas qu'on puisse prendre (Alex) Carpenter et (Hilary) Knight à la légère», a déclaré Cheverie, avant de se lancer dans une analyse de la performance générale de son club.
«Je trouve que notre travail en zone défensive était bien meilleur ce soir. On a corrigé certaines choses qu'on voulait corriger et, au bout du compte, on a une équipe avec de la profondeur. On essaie différents trios. On travaille avec différents groupes d'attaquantes, différentes paires de défenseuses. Ça ne va pas être parfait à chaque match, mais les bonnes équipes trouvent le moyen de gagner et trouvent le moyen d'empêcher l'autre équipe de marquer la plupart du temps.»
Une poussée de trois buts au deuxième vingt face à Hannah Murphy a fait la différence en faveur de la Victoire.
Deux de ces buts ont été inscrits dans un intervalle de 75 secondes, ceux de Natalie Mlynkova (5e) et de Laura Stacey (7e) — ce dernier en avantage numérique — à l’intérieur des quatre premières minutes de l’engagement.
Lina Ljungblom a obtenu des mentions d’aide sur chacun de ces buts.
Skylar Irving (3e) a couronné l'effort de la Victoire en période médiane, quelque deux minutes après que Theresa Schafzahl eut déjoué Ann-Renée Desbiens, qui a fait face à 25 tirs, le même nombre que Murphy.
Le but de Schafzahl a mis fin à une séquence de 200 minutes 44 secondes de la Victoire sans donner de buts aux clubs adverses, soit depuis le milieu de la première période du match du 28 mars contre les Sirens de New York.
Shiann Darkangelo (4e) a ajouté un but dans un filet désert avec 11,1 secondes au cadran, en troisième période.
L’autre séquence de la Victoire (10-2-2), celle des matchs consécutifs avec des points, s’élève maintenant à 14 parties et a permis à la formation montréalaise d’amasser 36 points sur une possibilité de 42.
Mais surtout, la Victoire (15-4-2-5 - 55 points) s'est assurée de demeurer au premier rang du classement de la LPHF devant le Fleet, avant les deux rendez-vous entre les deux clubs au fil des 10 prochains jours.
Le premier de ces duels aura lieu samedi au TD Garden, devant une salle comble déjà annoncée dans le château-fort des Bruins de Boston.
«Contre Boston, ça va être un match axé sur la combativité. Ce sera un match très hermétique défensivement. Ça va ressembler à une partie d’échecs entre les deux équipes. Et jouer à l’extérieur, c’est difficile. Se retrouver dans un amphithéâtre aussi grand et bruyant, ça ajoute un niveau de difficulté supplémentaire», a mentionné Cheverie.
«C'est un bon défi pour notre équipe. Et heureusement pour nous, nous avons disputé beaucoup de matchs de ce genre cette année. J'espère donc que nous pourrons mettre cela à profit.»
Le 17 avril, la Victoire et le Fleet remettront ça, à la Place Bell.
À Edmonton, en fin de soirée, le Fleet (14-5-2-4) l'a emporté 5-1 contre les Goldeneyes de Vancouver pour se maintenir à un point de la Victoire, avec une partie en banque.
Après un mini-coma... le réveil
À leur match précédent devant leurs partisans, le 1er avril contre les Goldeneyes de Vancouver, les joueuses de la Victoire avaient connu une première période peu reluisante. Ça s'était répété à Ottawa, face à la Charge deux jours plus tard, et une fois de plus mardi.
Murphy n'a fait face qu'à trois tirs pendant les 20 premières minutes, mais un seul digne de ce nom, de la part de Catherine Dubois. Un autre est venu de la pointe gauche, nullement menaçant, et le troisième, de derrière le filet.
À l'autre extrémité, Desbiens a été deux fois plus occupée, ce qui signifie qu'elle n'a pas reçu beaucoup de rondelles non plus.
Elle a au moins pu réaliser le meilleur arrêt de la période, aux dépens de Knight.
La Victoire aura eu le mérite de sortir de sa torpeur rapidement. La formation montréalaise a fait mouche sur ses deux premiers tirs de la deuxième période, chaque fois après de belles pièces de jeu, d'abord d'Alexandra Labelle sur le but de Mlynkova, puis de Ljungblom sur celui de Stacey.
«C'est clair que la première période ne s'est pas tout à fait déroulée comme on l'avait prévu et imaginé, mais je ne pense pas que (notre départ) ait été si lent que ça», a mentionné Stacey.
«Je pense juste que les choses n'étaient pas tout à fait au point lorsque l'on envoyait les rondelles au fond de leur territoire. Du coup, on n'arrivait pas vraiment à développer notre jeu. On l’a bien fait en première période, mais je pense qu’il fallait y mettre plus d’intention pour être les premières à récupérer les rondelles et créer des occasions. Ç'a été un peu ça, la différence», a ajouté Stacey.
Michel Lamarche, La Presse Canadienne

