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La Russie affirme avoir utilisé un nouveau missile balistique Oreshnik

L’attaque a provoqué des coupures d’eau et d’électricité dans certaines parties de la capitale Kyiv.

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Russia Ukraine War Cette photo fournie par les services de sécurité ukrainiens le vendredi 9 janvier 2026 montre un fragment qui serait issu d'un missile balistique hypersonique russe à moyenne portée Oreshnik qui a frappé la région de Lviv. (Services de sécurité ukrainiens via AP)

La Russie a bombardé l’Ukraine avec des centaines de drones et des dizaines de missiles lors d’une attaque nocturne à grande échelle, vendredi, faisant au moins quatre morts, selon des responsables locaux.

Pour la deuxième fois seulement, les troupes de Moscou ont utilisé un nouveau missile balistique qui, selon elles, vole à une vitesse dix fois supérieure à celle du son et est impossible à contrer.

Selon les autorités ukrainiennes, quatre personnes ont été tuées et au moins autres ont été 22 blessées dans la capitale ukrainienne, Kyiv, lors de l’attaque nocturne qui a touché des immeubles résidentiels.

L’une des victimes était un secouriste, selon le chef de l’administration militaire de Kyiv, Tymur Tkachenko. Cinq autres secouristes ont été blessés alors qu’ils intervenaient sur les lieux des attaques, a rapporté le service de sécurité ukrainien.

L’attaque a endommagé l’ambassade du Qatar à Kyiv, a fait savoir le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Ce dernier a rappelé que le Qatar avait joué un rôle clé dans la médiation de l’échange de prisonniers de guerre.

M. Zelensky a appelé à une «réponse claire» de la communauté internationale, en particulier des États-Unis.

Moscou parle d’une riposte

Le ministère russe de la Défense a déclaré que l’attaque était une riposte à ce que Moscou a qualifié de frappe ukrainienne par drone contre une résidence du président russe, Vladimir Poutine, le mois dernier.

L’Ukraine et le président américain, Donald Trump, ont tous deux rejeté les allégations russes concernant cette attaque présumée contre la résidence de M. Poutine.

In this image made from video provided by Russian Defense Ministry Press Service on Monday, Dec. 29, 2025, A Russia's Oreshnik missile system is seen during a training in an undisclosed location in Belarus. (Russian Defense Ministry Press Service via... Sur cette image tirée d'une vidéo fournie par le service de presse du ministère russe de la Défense le lundi 29 décembre 2025, on peut voir un système de missiles russe Oreshnik lors d'un entraînement dans un lieu tenu secret en Biélorussie. ((Service de presse du ministère russe de la Défense via AP))

Le président Poutine avait déjà précisé que l’Oreshnik fonçait vers sa cible à une vitesse de Mach 10, «comme une météorite», et qu’il était immunisé contre tout système de défense antimissile.

Selon M. Poutine, si plusieurs d’entre eux étaient utilisés dans le cadre d’une frappe conventionnelle, les conséquences pourraient être aussi dévastatrices que lors d’une attaque nucléaire.

Il a averti l’Occident que la Russie pourrait utiliser l’Oreshnik contre les alliés de Kyiv qui lui permettent de frapper à l’intérieur de la Russie avec leurs missiles à longue portée.

Un immeuble résidentiel endommagé après une frappe russe à Kyiv, en Ukraine, le vendredi 9 janvier 2026. ASSOCIATED PRESS/Efrem Lukatsky Un immeuble résidentiel endommagé après une frappe russe à Kyiv, en Ukraine, le vendredi 9 janvier 2026. ASSOCIATED PRESS/Efrem Lukatsky (Efrem Lukatsky)

Les services de renseignement ukrainiens affirment que le missile est équipé de six ogives, chacune transportant six sous-munitions.

La Russie n’a pas révélé où l’Oreshnik avait frappé, mais les médias russes et les blogueurs militaires ont rapporté qu’il visait un immense site de stockage souterrain de gaz naturel dans la région de Lviv. L’aide militaire étrangère destinée à l’Ukraine passerait par cette région, qui borde la Pologne.

La Russie a utilisé pour la première fois le missile Oreshnik contre la ville ukrainienne de Dnipro en novembre 2024. Selon les analystes, cela offre à la Russie un nouvel élément de guerre psychologique, déstabilisant les Ukrainiens et effrayant les pays occidentaux qui fournissent des armes à l’Ukraine.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a annoncé que l’Ukraine allait lancer une action internationale en réponse à l’utilisation de ce missile, notamment une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et une réunion du Conseil Ukraine-OTAN.

Des immeubles résidentiels touchés

À Kyiv, plusieurs quartiers ont été touchés par l’attaque. Dans le quartier de Desnyanskyi, un drone s’est écrasé sur le toit d’un immeuble de plusieurs étages. Ailleurs dans le même quartier, les deux premiers étages d’un immeuble résidentiel ont été endommagés.

À Dnipro, des fragments d’un drone ont endommagé un immeuble de plusieurs étages et un incendie s’est déclaré.

L’attaque a provoqué des coupures d’eau et des pannes d’électricité dans certaines parties de la capitale, a fait savoir le maire de Kyiv, Vitali Klitschko.

L’attaque a eu lieu quelques heures seulement après que le président Zelensky a alerté la nation sur les intentions de la Russie de lancer une offensive à grande échelle.

Il a mentionné que la Russie cherchait à profiter du temps glacial qui règne dans la capitale et qui rend les rues dangereusement verglacées.

Pourparlers

Plus tôt cette semaine, l’Ukraine et ses alliés ont annoncé des progrès majeurs vers un accord sur la manière de défendre le pays contre de nouvelles agressions de Moscou si un accord de paix était conclu pour mettre fin à l’invasion russe.

Cependant, les efforts de paix menés depuis des mois par les États-Unis n’ont pas réussi à mettre fin aux combats.

Le président Zelensky affirme avoir réalisé des progrès significatifs sur les termes d’un éventuel accord de paix lors de pourparlers avec les émissaires de Washington. Mais Moscou n’a donné aucun signe public indiquant qu’elle était prête à revenir sur ses exigences.

Cette attaque est intervenue dans un contexte de nouveau refroidissement des relations entre Moscou et Washington, après que la Russie a condamné la saisie d’un pétrolier dans l’Atlantique Nord par les États-Unis.