🌐 Guerre commerciale Canada–États-Unis

La ministre Joly rencontre plusieurs démocrates aux États-Unis, notamment en Illinois

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La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, prend parole, le 27 mai 2026, à l'événement annuel en matière d'industrie de la défense connu sous son acronyme CANSEC, à Ottawa. LA PRESSE CANADIENNE/Justin Tang La ministre de l'Industrie, Mélanie Joly, prend parole, le 27 mai 2026, à l'événement annuel en matière d'industrie de la défense connu sous son acronyme CANSEC, à Ottawa. Crédit image | LA PRESSE CANADIENNE (Justin Tang)

À l’approche des élections de mi-mandat ainsi que de celles des gouverneurs aux États-Unis, la ministre canadienne de l’Industrie, Mélanie Joly, rencontre plusieurs politiciens démocrates.

Elle est revenue, samedi, sur son récent séjour à Chicago, en Illinois. Elle y a rencontré le gouverneur démocrate de l’État, J. B. Pritzker. 

«L’Illinois est très très intégré, au niveau économique, avec le Canada. Le principal pays où les produits de l’Illinois sont exportés, c’est le Canada et donc l’objectif était de pouvoir travailler avec lui pour voir comment on peut s’assurer de faire tomber les tarifs», a dit la ministre en se rendant à une réunion du caucus libéral sur la colline parlementaire, à Ottawa.

L’objectif de son séjour à Chicago était aussi «de parler à plusieurs compagnies», a-t-elle précisé. «Je suis persuadée qu’on va être capable d’annoncer de bons investissements qui proviennent de l’Illinois dans les prochaines semaines», a signalé Mme Joly.

Questionnée par un journaliste à savoir à quoi elle s’attend en matière de droits de douane si les démocrates ressortent vainqueurs des élections de mi-mandat, la ministre ne s’est pas avancée.

«C’est exactement pourquoi je rencontre autant de gouverneurs et de candidats potentiels à la présidence», a-t-elle néanmoins déclaré.

Elle a ensuite relevé avoir rencontré plusieurs politiciens américains, ne nommant que des démocrates. Elle a mentionné l’ex-candidat défait à la primaire démocrate Pete Buttigiege et le gouverneur de la Pennsylvanie, Josh Shapiro.

Peu importe l’issue des élections à venir aux États-Unis, Mme Joly est d’avis — comme le premier ministre Mark Carney — que la relation commerciale avec les États-Unis ne sera plus jamais la même qu’auparavant.

«Je pense que le premier ministre a raison lorsqu’il dit que c’est une rupture, a-t-elle affirmé. Je pense qu’on doit toujours penser que notre plan A, c’est de construire notre pays et de faire en sorte d’attirer les investissements ici. Et se tourner vers l’Europe est important, mais aussi vers l’Asie pour diminuer notre dépendance aux États-Unis.»

«Nouvelle alliance» avec l’Union européenne

M. Carney revient d’Europe, où il s’est adressé au Parlement européen et a annoncé l’aube d’une «nouvelle alliance avec l’Union européenne». 

Dans un discours, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de faire évoluer la relation Canado-européenne au-delà d’un simple partenariat commercial pour faire du Canada le premier «membre associé» de l’Union européenne (UE).

M. Carney a salué cette idée, même si les implications exactes du statut de «membre associé» restent à définir.

Le premier ministre a réuni vendredi et samedi l’ensemble de son caucus pour le préparer à la rentrée parlementaire, mais il n’est pas clair s’il leur partage des informations ou non sur la façon dont s’articulerait une «nouvelle alliance» avec l’UE.

Vendredi, le député Rob Oliphant, qui est secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, a indiqué que les élus n’avaient pas été mis au courant des détails. «Je ne sais pas ce que ça va vouloir dire», a-t-il dit aux journalistes.

Selon sa compréhension, l’idée est de donner suite à la volonté exprimée par le premier ministre à Davos que les États de puissance moyenne («middle powers») se rassemblent. «C’est, dans les faits, des États moyens en puissance réunis ensemble», a dit M. Oliphant en faisant référence à l’Union européenne.

Selon lui, le nouveau partenariat se définira «étape par étape», main dans la main avec l’Europe.

«C’est comme une relation amoureuse. On ne parle pas de mariage, mais de relation amoureuse. Et donc nous verrons ce que ce sera», a-t-il imagé.

Samedi, le député nouvellement élu dans North Vancouver—Capilano, Braeden Caley, a laissé entendre que le rapprochement avec l’Europe fait partie d’un objectif beaucoup plus vaste du gouvernement Carney dont le caucus discute.

«Le point focal de l’équipe entière, en ce moment, est le plan du premier ministre de bâtir l’économie. C’est très cohérent avec ce sur quoi j’ai fait campagne dans North Vancouver—Capilano; faire en sorte que de grandes choses soient construites et que ça se réalise plus rapidement», a dit celui qui était, jusqu’à tout récemment, chef de cabinet adjoint de M. Carney.

Le député de la circonscription d’Argenteuil—Papineau—Des Collines, Stéphane Lauzon, estime que le rapprochement du Canada avec l’Europe n’est qu’une «mince portion» de ce qui fait l’objet de discussions au sein du caucus libéral.

«Notre caucus, on parle de toutes sortes de choses. C’est la façon qu’on se rassemble en famille et qu’on puisse intervenir. Puis, on donne le droit de parole à tous les membres», a-t-il soutenu.

Émilie Bergeron

Émilie Bergeron

Journaliste