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La ministre des Affaires étrangères travaille à renforcer la relation Afrique-Canada

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La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, livre un discours à la Réunion mondiale des chefs de mission à Ottawa, le 1er juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE/Sean Kilpatrick La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, livre un discours à la Réunion mondiale des chefs de mission à Ottawa, le 1er juin 2026. LA PRESSE CANADIENNE (Sean Kilpatrick)

La ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, affirme que le Canada s’efforce de développer les correspondances aériennes, le commerce et les projets de sécurité avec les pays africains, notamment en renforçant le rôle des femmes sur le continent afin de favoriser la croissance économique.

«C’est ce qu’on appelle le lien entre commerce et développement. Il ne s’agit pas de choisir entre l’un ou l’autre, ce ne sont pas des domaines cloisonnés», a soutenu Mme Anand jeudi, lors d’un entretien téléphonique depuis Abidjan, le centre économique de la Côte d’Ivoire.

«Il y a une certitude quant à l’aspect de soutenir l’effectif de femmes faisant partie de la population active ici.»

Mme Anand s’est rendue mercredi à Cotonou, le pôle économique du Bénin, pour inaugurer la nouvelle ambassade du Canada. Cela a marqué une première pour le pays, puisqu’il n’avait jamais reçu la visite de ministres canadiens des Affaires étrangères.

La nouvelle ambassade s’inscrit dans le cadre de la stratégie pour l’Afrique que le gouvernement de Justin Trudeau a dévoilée dans les derniers jours de son mandat, après de nombreux retards et des critiques concernant l’absence d’engagements financiers significatifs dans ce document.

Cette stratégie préconisait une politique étrangère repensée, associant l’aide internationale à la recherche de partenariats économiques avec des pays africains en voie de connaître un essor démographique et économique.

Les partisans d’un engagement accru en Afrique ont accusé le Canada de prendre du retard sur ses pairs comme sur ses adversaires dans le tissage de liens plus étroits sur le continent, dont le pays récolterait les bénéfices sur des décennies, un point de vue partagé par des sénateurs canadiens de plusieurs horizons politiques.

Un ministre canadien des Affaires étrangères n’avait pas mis les pieds en Afrique depuis que les libéraux ont lancé le plan stratégique du Canada pour l’Afrique, en mars 2025, à l’exception d’une brève visite lors du sommet du G20 à Johannesburg, en novembre dernier.

Alors que le gouvernement de Mark Carney réduit les effectifs du service diplomatique et recentre ses priorités sur l’Europe, la région Indo-Pacifique et les pays du Golfe, il a choisi de donner suite à l’engagement pris par le gouvernement précédent d’ouvrir une ambassade au Bénin.

«Cela reflète l’importance croissante de nos relations bilatérales et l’engagement du Canada à renforcer ses rapports avec l’Afrique de l’Ouest en général», a dit Mme Anand.

«Nos liens ne sont pas seulement économiques et commerciaux, mais passent également par notre collaboration au sein de la francophonie. Nous renforçons notre amitié et élargissons notre coopération autour de multiples priorités communes, dont la sécurité et la défense.»

La Côte d’Ivoire, un allié pour le Canada

Mme Anand a indiqué qu’Ottawa souhaitait s’appuyer sur les liens commerciaux déjà solides avec la Côte d’Ivoire grâce à des investissements visant à développer des entreprises capables d’intensifier leurs échanges avec le Canada.

«La Côte d’Ivoire est un pays qui occupe une place prioritaire dans notre stratégie pour l’Afrique», a-t-elle affirmé.

«Le Canada apporte des liens commerciaux, notamment dans le domaine de la cartographie géostratégique ainsi que dans le secteur minier. Et ce sont là des domaines dans lesquels la Côte d’Ivoire souhaite coopérer pour concrétiser ses propres ambitions économiques.»

Selon Affaires mondiales Canada, la Côte d’Ivoire dispose d’un «potentiel de croissance significatif» dans ses échanges commerciaux avec le Canada dans les secteurs minier et pétrolier, ainsi qu’en matière d’infrastructure, d’agriculture, d’éducation et de technologie propre.

Mme Anand a dit que les deux pays avaient entamé des discussions en vue de mettre à jour leur accord sur le transport aérien afin de permettre des vols directs. Selon elle, cela pourrait contribuer à renforcer la collaboration entre les secteurs privés des deux pays.

Mme Anand souligne l’apport des entreprises canadiennes actives en Afrique, mais basées au Canada, telles que Sander Geophysics, qui réalise des arpentages aériens pour l’exploration pétrolière et minière, ou encore la société spécialisée dans les énergies renouvelables JCM Power, qui ont à son avis donné au Canada un avantage sur le continent.

«Le chemin qui pourra faire grandir ces liens avec le secteur privé sera frayé à travers les compagnies canadiennes qui opèrent sur le continent africain, démontrant par leur exemple qu’il est rentable d’être ici, a dit Mme Anand. Le Canada possède une expertise que le monde désire, et chaque recoin du globe compte à cet égard.»

Le Canada exporte principalement des pièces automobiles et des engrais vers le Bénin et la Côte d’Ivoire, et importe des denrées alimentaires, telles que le cacao ivoirien.

La place des femmes africaines

Le premier ministre Mark Carney a déclaré l’année dernière qu’il ne qualifierait pas la politique étrangère du Canada de féministe, suscitant des craintes concernant les programmes canadiens en matière de santé sexuelle et de droit à l’avortement.

Mme Anand a cependant précisé que les femmes restaient au cœur de l’action diplomatique du Canada en Afrique, notamment grâce aux efforts visant à élargir leurs perspectives sur le marché du travail.

L’institution canadienne de financement du développement FinDev a annoncé jeudi l’octroi d’un prêt d’environ 65 millions $ à une grande banque ivoirienne afin d’aider la population locale à accéder au financement. Elle a précisé que 30 % de ce prêt serait destiné aux petites entreprises dirigées par des femmes.

Mme Anand a annoncé jeudi un financement de 17 millions $ pour divers projets, notamment des initiatives visant à favoriser l’accès des femmes au secteur énergétique ivoirien.

«L’entièreté de l’équipe qui m’accompagne dans ce voyage est composée de femmes. Chaque personne, sans exception», a souligné Mme Anand, dont les parents ont exercé la profession de médecin au Nigeria.

«Quand j’étais petite, ma mère me parlait de l’importance des femmes en Afrique de l’Ouest, et ici, je le vois de mes propres yeux.»