Se disant déçu du peu de progrès dans sa négociation pour renouveler sa convention collective, le plus gros des syndicats chez Hydro-Québec se prépare à la grève.
Il s’agit d’une section locale du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affilié à la FTQ, qui représente 6200 travailleurs: des employés de métier, comme des électriciens d’appareillage, des mécaniciens d’appareillage, des monteurs distribution.
La négociation dure depuis environ deux ans, mais elle n’avance plus guère, a affirmé en entrevue, mardi, le président de la section locale concernée du SCFP, Frédéric Savard.
«On est dans les derniers préparatifs pour déposer un avis de grève», a-t-il confié.
Invité à préciser quelle forme prendrait cette éventuelle grève — journées de grève isolées ou en blocs ou grève générale et illimitée — il n’a pas voulu préciser, indiquant que la stratégie n’était pas encore arrêtée.
«Ça fait plus de deux ans qu’on est en négociation présentement. Dernièrement, c’est sûr que ça va moins bien. Après plus de deux ans et demi, on est en train de regarder nos options. Effectivement, on est rendu à un stade qu’il faut changer de stratégie. On est encore disposé; on invite Hydro-Québec à venir s’asseoir aux tables, parce qu’on est encore en attente, depuis plus d’une semaine, d’un retour de l’employeur suite à un dépôt qu’on a fait voilà deux semaines», a rapporté M. Savard.
En cas de déclenchement effectif d’une grève, des services essentiels devraient être maintenus. Et le Tribunal administratif du travail devrait se pencher sur le dossier pour déterminer si les services essentiels proposés seraient suffisants pour assurer la santé et la sécurité publique.
M. Savard assure ne vouloir aucunement prendre la population en otage, si ses membres en viennent à déclencher une grève.
L’enjeu principal, dans leur cas, est le recours à la sous-traitance.
La direction d’Hydro-Québec n’a pas voulu commenter les négociations publiquement, «par respect pour le processus en cours». Elle a assuré négocier de bonne foi avec ce syndicat, comme avec les autres.
La convention collective est échue depuis le 31 décembre 2023.
La société d’État a déjà conclu des ententes avec d’autres grands syndicats, notamment celui des spécialistes et professionnels (5500 membres), pour lequel la sous-traitance était également un enjeu.

