Chassez le naturel et il revient au galop, dit un vieil adage. Dans le cas de la Victoire de Montréal, le naturel, c’est Ann-Renée Desbiens qui se déguise en mur impénétrable et la capitaine de l’équipe qui touche la cible au moment des plus opportuns.
Marie-Philip Poulin a inscrit son premier but des séries à 4:02 de la troisième période de prolongation, et la Victoire a arraché au Frost du Minnesota un important gain de 1-0 devant une foule de 7530 spectateurs, mardi soir, à la Place Bell.
La Victoire a donc égalé la série demi-finale trois de cinq à un gain de chaque côté, mais devra remporter un match à St. Paul pour espérer revenir à la Place Bell pour un cinquième et décisif duel lundi soir prochain.
La troisième rencontre aura lieu jeudi soir au Grand Casino Arena et la quatrième dès le lendemain.
Le match de mardi n’a ressemblé en rien à celui de samedi, avec ses neuf buts et ses escarmouches. Il a ressemblé davantage à un match des séries éliminatoires entre deux clubs talentueux.
«J’ai trouvé que les deux équipes avaient livré un excellent match», a analysé l’entraîneuse-chef Kori Cheverie.
«J’ai trouvé qu’on s’améliorait au fur et à mesure que le match avançait, ce qui était super à voir, et j’ai eu l’impression qu’on retrouvait notre niveau habituel, ce qui, je pense, nous a pris quelques matchs, c’est certain. Mais je suis tellement contente et j’ai hâte d’aller me coucher!», a ajouté Cheverie, avec son plus beau sourire.
Poulin a complété un jeu à trois avec Abby Roque et Laura Stacey, déjouant Maddie Rooney à l’aide d’un tir sur réception du cercle droit de mise en jeu sur le 52e tir de la Victoire dans le match.
Presque la moitié de ces tirs, 25 pour être précis, ont été obtenus lors du temps supplémentaire. En comparaison, le Frost a été limité à 11 tirs pendant les 44 dernières minutes de jeu.
«On est retournées après la troisième période, on savait que ça n’allait pas être facile, on savait qu’on allait en prolongation. Et pour être honnête, on s’entraîne très fort. Et je pense que ç’a paru ce soir», a déclaré Poulin.
«Vraiment, ç’a été un trio après l’autre. On a mis beaucoup de pression sur leurs défenseures, on était capables de garder la rondelle dans leur zone. C’est ça qui a fait qu’on les a épuisées un petit peu et qu’on a été capable d’avoir cette chance-là», a ajouté Poulin lorsque questionnée sur la suprématie de la Victoire pendant les prolongations.
Trois jours après l’un de ses matchs les plus laborieux en carrière dans la LPHF, Desbiens a été impeccable, et a stoppé 38 rondelles.
«Je n’étais pas très inquiète de ce côté-là», a fait remarquer Desbiens en faisant allusion au match de samedi.
«Ce n’était pas comme si j’avais eu l’habitude d’aligner les mauvaises performances. Donc, c’est vraiment juste de retourner au travail, s’entraîner. Et puis, en tant qu’équipe, on a démontré énormément de caractère.»
Avec ses 104 minutes et deux secondes, il s’agit du quatrième plus long match dans l’histoire des séries éliminatoires de la Ligue professionnelle de hockey féminin. Trois d’entre eux ont eu lieu dans l’amphithéâtre lavallois.
La Victoire s’impose
La première période allait être un bon indicateur de l’état d’esprit des joueuses de la Victoire après la difficile défaite de samedi. Il a fallu un peu moins de 10 minutes pour que les partisans de la formation montréalaise soient rassurés.
Devant le filet de la Victoire, Desbiens a fait face à neuf tirs pendant le premier vingt, dont cinq sont venus pendant une punition à Kati Tabin. Le dernier pendant cet avantage numérique du Frost a été enregistré à 7:14, et ce fut son dernier de la période.
À partir de là, la Victoire a contrôlé la rondelle et a dominé le Frost 10-0 au chapitre des tirs pendant le reste de la période, sans parvenir à déjouer Rooney malgré deux supériorités numériques.
La Victoire n’a toutefois pas réussi à retrouver cette cadence lorsque s’est amorcé le deuxième vingt. au point d’être fréquemment refoulée dans son territoire pendant la majeure partie de la période et particulièrement pendant la première moitié de l’engagement.
Desbiens a gardé le score à 0-0 grâce à trois arrêts consécutifs, en première moitié de période contre Sidney Morin et Kelly Pannek, en deux occasions. En deuxième moitié de l’engagement, Desbiens a réalisé deux autres arrêts sur des tirs peu commodes de Katy Knoll et de Taylor Heise.
Les premiers moments de tension en troisième période sont venus à mi-chemin de l’engagement lorsque Maggie Flaherty a été prise en défaut pour coup de bâton.
La Victoire a limité le Frost à un seul tir pendant ce désavantage numérique. En fait, c’est la formation montréalaise qui a eu la meilleure chance de marquer lorsque Stacey a pu se présenter seule devant Rooney, sauf que son tir du revers, après une belle feinte, a raté la cible.
La Victoire a entamé la première prolongation avec autorité au point d’obtenir les sept premiers tirs de la période supplémentaire, tout ça en environ cinq minutes.
La Victoire a cependant été incapable d’exploiter une punition mineure à Abby Hustler à 7:35 de la période. En fait, Grace Zumwinkle a obtenu les deux meilleurs tirs pendant cette séquence, mais Desbiens n’a pas bronché.
Desbiens a aussi dû se montrer alerte devant Pannek avec un peu plus de six minutes à jouer à la période additionnelle.
Puis, à peine une minute plus tard, Rooney a temporairement sauvé le match pour le Frost en réalisant un arrêt de son bloqueur contre Dara Greig, qui avait reçu une belle passe de Kaitlin Willoughby et qui avait été oubliée dans l’enclave.
Greig a eu deux autres opportunités de mettre fin au duel, d’abord dès la première minute de la deuxième prolongation, puis avec un peu moins de huit minutes à jouer.

