Fils de Presse

Donald Trump prononcera son discours sur l’état de l’Union: quoi surveiller?

«Ce sera un long discours», a prévenu le président américain.

Publié le 

Le président des États-Unis, Donald Trump, le 23 février 2026 à la Maison-Blanche, à Washington. Le président des États-Unis, Donald Trump, le 23 février 2026 à la Maison-Blanche, à Washington. (Alex Brandon)

Lorsque le président américain, Donald Trump, se présentera devant le Congrès pour prononcer son discours annuel sur l’état de l’Union, mardi soir, il défendra ses programmes en matière d’économie et d’immigration, qui ont récemment essuyé des revers juridiques et obtenu des résultats médiocres dans les sondages.

«Ce sera un long discours, a prévenu M. Trump lors d’un événement à la Maison-Blanche lundi. Il y a beaucoup de choses dont on doit parler.»

Ce discours intervient à un moment crucial pour le président: sa cote de popularité est en baisse en raison de sa politique controversée de répression de l’immigration, et vendredi, la Cour suprême des États-Unis lui a retiré son outil préféré pour imposer des droits de douane.

Aaron Kall, directeur des débats à l’Université du Michigan, souligne que les discours de M. Trump offrent habituellement «un mélange hétéroclite» de tons, tantôt sombre et rassembleur, tantôt agressif et insultant.

M. Kall note que le discours sur l’état de l’Union de cette année intervient à un moment où le Parti républicain est en perte de vitesse auprès des électeurs, à moins de neuf mois des élections de mi-mandat.

Les derniers sondages montrent que la cote de popularité de M. Trump est en chute libre parmi les électeurs indépendants, qui ont joué un rôle clé dans son accession en 2024. Le président est en difficulté sur l’immigration, l’économie et l’emploi, qui étaient auparavant des domaines dans lesquels il excellait, explique M. Kall.

Certains républicains du Congrès ont suggéré que le président n’avait pas su communiquer efficacement avec les Américains sur la question clé de l’accessibilité financière. M. Trump a qualifié à plusieurs reprises cette question de «canular» des démocrates et a insisté sur le fait que les prix baissaient, que les électeurs le ressentent ou non.

La gouverneure de la Virginie, Abigail Spanberger, qui a été élue l’an dernier avec un programme axé sur le coût de la vie, prononcera la réponse officielle des démocrates au discours de M. Trump.

Constante évolution

Dans son discours d’investiture de 2025, M. Trump a évoqué un «âge d’or» à venir et a promis que les États-Unis «prospéreraient et seraient à nouveau respectés dans le monde entier».

Au cours de l’année tumultueuse qui a suivi, le programme agressif et en constante évolution de M. Trump a brisé des alliances, bouleversé les modèles commerciaux mondiaux et remis en question le système fondamental américain d’équilibre des pouvoirs.

Les droits de douane imposés par le président et ses menaces répétées d’annexion ont nui aux relations entre le Canada et les États-Unis. Le Canada pourrait être mentionné dans le discours, M. Trump ayant invité l’équipe masculine américaine de hockey après sa victoire contre l’équipe canadienne en finale des Jeux olympiques de Milan-Cortina.

Droits de douane : Donald Trump a outrepassé ses pouvoirs, tranche la Cour suprême des États-Unis Une grande partie des tarifs douaniers de Donald Trump sont déclarés illégaux. C'est ce qu'a tranché la Cour suprême des États-Unis vendredi. Le président américain a mentionné tout de même que les accords commerciaux négociés récemment restent en vigueur.

La dernière cible de la colère de M. Trump, les juges de la Cour suprême, qui lui ont retiré son outil tarifaire préféré, seront probablement présents dans la salle de la Chambre lors du discours de mardi.

Dans une décision prise à six voix contre trois, la plus haute juridiction américaine a conclu qu’il n’était pas légal pour M. Trump d’utiliser la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationale pour imposer ses droits de douane du «Jour de la libération» et ceux liés au fentanyl sur le Canada, le Mexique et la Chine.

Quelques heures plus tard, M. Trump a signé un décret pour instaurer un droit de douane mondial de 10 % en vertu de l’article 122 de la Loi sur le commerce de 1974. Le lendemain, le président a annoncé qu’il augmenterait ce droit à 15 %, mais aucun amendement au décret initial n’a pour l’instant été signé.

En vertu de l’article 122, les droits de douane ne peuvent dépasser 15 % et expirent après 150 jours, à moins que le Congrès ne vote leur prolongation.

Il n’est pas rare que les juges de la Cour suprême s’opposent aux présidents lors des discours sur l’état de l’Union. Le juge Samuel Alito a notamment froncé les sourcils et secoué la tête lorsque le président Barack Obama a critiqué la Cour lors d’un discours devant le Congrès en 2010.

Défis

Donald Trump pourrait se mettre dans une position difficile s’il s’en prend aux juges lors de son discours, car ses politiques tarifaires sont également très impopulaires auprès des électeurs, a noté M. Kall.

Tenter de justifier les droits de douane «rendra un discours déjà très difficile encore plus ardu», a-t-il analysé.

Le renforcement militaire américain près de l’Iran pèse également sur le discours au Congrès. Alors que M. Trump avait promis de mettre fin aux interventions militaires américaines à l’étranger, son second mandat a vu une expansion de ces opérations avec des attaques contre l’Iran, la Syrie, le Yémen, l’Irak, le Nigeria, la Somalie et le Venezuela, ainsi que la campagne controversée de bombardement de bateaux soupçonnés de transporter de la drogue dans les Caraïbes.

M. Trump est susceptible de se vanter de ce qu’il considère comme ses réussites en matière de politique étrangère, mais cela pourrait également être un sujet difficile à aborder. Le président a essuyé des critiques de toutes parts, y compris de la part de ses partisans républicains, pour son interventionnisme et l’importance qu’il accorde à la politique étrangère.

Alors que le discours sur l’état de l’Union est censé exposer la vision du président, M. Kall estime que celui-ci ressemblera à un discours de rassemblement typique de M. Trump, dépourvu de fil conducteur.

«Des millions de personnes le regarderont, dit-il. On n’a en gros qu’une seule chance par an. Ce sera la dernière avant les élections de mi-mandat. Aucun autre discours ou événement ne suscitera autant d’attention. L’enjeu est donc très important.»

Avec des informations de l’Associated Press

Kelly Geraldine Malone

Kelly Geraldine Malone

Journaliste