OTTAWA — Insectes, chauves-souris, rongeurs et autres bêtes ont été signalés plus de 500 fois dans les immeubles fédéraux de la région d'Ottawa depuis le début de l'année alors que le gouvernement s'apprête à obliger tous ses fonctionnaires à revenir travailler au bureau.
Amber Sabourin, porte-parole du ministère des Services publics et Approvisionnement, fait état de 549 signalements de ravageurs dans les 93 édifices fédéraux de la capitale nationale du 1er avril au 24 novembre.
Elle indique que parmi ces rongeurs figurent, sans s'y limiter, des chauves-souris, des oiseaux, des abeilles, des guêpes, des fourmis, des punaises, des souris et d'autres rongeurs.
Mme Sabourin affirme qu'il s'agit d'incidents isolés, et non de véritables infestations.
«Les animaux nuisibles sont très courants dans l'immobilier commercial, avance-t-elle. Des programmes de lutte intégrée contre eux sont intégrés dans l'exploitation des bâtiments et tous les signalements sont pris très au sérieux et font l'objet d'une inspection rapide à l'aide de méthodes approuvées par l'industrie.»
Le ministère n'a pas été en mesure de fournir une liste détaillée des espèces nuisibles signalées dans chaque bâtiment. Auparavant, le gouvernement fournissait ces informations, mais la compilation de ces données était «très chronophage et nécessitait un travail manuel important», explique Mme Sabourin.
La présence d'espèces nuisibles a souvent été dénoncée par les syndicats de la fonction publique fédérale, en particulier dans un contexte où le gouvernement veut convaincre ses employés de travailler plus souvent au bureau.
À l'heure actuelle, une majorité de fonctionnaires travaillent au bureau trois jours par semaine. Un nouvel horaire devrait être présenté au cours de la prochaine année. Les cadres supérieurs, eux, doivent être présents pendant quatre jours.
Le premier ministre Mark Carney a annoncé au début du mois que le plan de retour au bureau des employés fédéraux serait «mieux défini» au cours des prochaines semaines.
Il a déclaré que son gouvernement «collaborerait avec les syndicats du secteur public sur les modalités» de la politique de retour au bureau, les détails du plan devant être rendus publics au cours des prochaines semaines.
M. Carney n'a donné que peu d'indications sur sa position à ce sujet. Il a toutefois précisé que le temps que les fonctionnaires devraient passer au bureau serait déterminé en fonction des rôles individuels et de l'ancienneté.
Sylvain Routier, un fonctionnaire fédéral vivant dans la région d'Ottawa, est déçu par la volonté du gouvernement d'augmenter le temps que les fonctionnaires passent au bureau, invoquant les frustrations liées aux trajets quotidiens et au coût élevé du stationnement.
M. Routier raconte que des espèces nuisibles, notamment des punaises de lit, avaient été signalées dans son immeuble de bureaux à trois ou quatre reprises au cours de l'année écoulée.
«C'est extrêmement stressant et dégoûtant», lance-t-il.
Un document du secrétariat du Conseil du Trésor du Canada obtenu par La Presse Canadienne laisse entendre qu'à un moment donné, le gouvernement envisageait de renvoyer tous les cadres supérieurs au bureau cinq jours par semaine d'ici janvier 2026.
Le document suggère également que le gouvernement songeait à obliger tous les employés non-cadres à être au bureau quatre jours par semaine d'ici juillet 2026, tous les employés devant être de retour sur place à temps plein d'ici janvier 2027.
Le Conseil du Trésor n'a pas répondu aux questions répétées visant à savoir si des discussions sur une politique de retour au bureau étaient en cours, ni quand une politique actualisée pourrait entrer en vigueur.
Catherine Morrison, La Presse Canadienne

