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«Le plus grand honneur»: François Legault dit adieu en tant que premier ministre

«Ça fait sept ans et demi que je suis ici comme le premier ministre des Québécois. C’est le plus grand honneur que j’ai eu dans ma vie.»

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«Le plus grand honneur»: François Legault dit adieu en tant que premier ministre François Legault a siégé pour une dernière fois comme premier ministre du Québec jeudi à l’Assemblée nationale.

François Legault en est à ses derniers milles en tant que premier ministre, alors qu’il vit sa dernière journée en Chambre dans ces fonctions jeudi.

M. Legault a donc prononcé au cours de l’avant-midi son dernier discours en tant que premier ministre.

«Évidemment, c’est une journée remplie d’émotions pour moi», a reconnu d’entrée de jeu le premier ministre. «Ça fait sept ans et demi que je suis ici comme le premier ministre des Québécois. C’est le plus grand honneur que j’ai eu dans ma vie.»

«Un petit gars de Sainte-Anne-de-Bellevue»

Évoquant ses origines modestes, François Legault a confié que même après toutes ces années, il a parfois été victime du syndrome de l’imposteur au fil de ses deux mandats à la tête du Québec.

«Mes parents n’ont pas fini leur dixième année. Mais ils m’aimaient. Mon plus grand regret... Mon père est mort jeune, il n’a pas vu ce que j’ai fait... Ni chez Air Transat, ni en politique. Vous savez, on travaille souvent pour ses parents. C’est là qu’on voit comment c’est important, la famille», a-t-il poursuivi, sur une note plus personnelle.

François Legault fait ses adieux comme premier ministre du Québec François Legault a siégé pour une dernière fois comme premier ministre du Québec jeudi à l’Assemblée nationale. Il a souligné que René Lévesque et Lucien Bouchard ont inspiré son engagement politique. Dressant son bilan, il a insisté que l’éducation doit être la priorité: «on a un devoir, tout le monde, de penser à long terme».

À partir de son parcours personnel, le premier ministre a choisi d’enchaîner en abordant ce qu’il a qualifié de priorité au cours de sa carrière, l’éducation.

«C’est la clé pour grandir comme être humain, mais c’est aussi le plus grand moteur de développement individuel et collectif. On le répétera jamais assez», a-t-il insisté, balayant du revers de la main les commentaires alléguant qu’il ne s’agit pas d’un domaine d’investissement lucratif politiquement.

«C’est ce qu’il y a de plus important. On a un devoir, tout le monde, de penser au long terme, de penser aux prochaines générations. La priorité des priorités, ça doit être l’éducation.»

—  François Legault, premier ministre du Québec de 2018 à 2026

Lévesque comme modèle, Bouchard comme mentor

François Legault a identifié l’ancien premier ministre et figure indépendantiste René Lévesque comme inspiration politique.

«C’est lui qui m’a donné cet amour du Québec et des Québécois. J’ai senti le besoin de dire: ‘’Il faut que tu fasses ta part’'», a-t-il exprimé.

L’homme politique a ensuite rappelé que c’est un autre ancien premier ministre péquiste, Lucien Bouchard, qui lui a offert sa première chance en politique. Il a louangé son charisme et son leadership.

«Inquiétez-vous pas, je ne me suis jamais pris pour René Lévesque ou Lucien Bouchard», a-t-il nuancé.

Grand fan de hockey, François Legault s’est par la suite permis une parenthèse sportive... et une citation de l’entraîneur-chef des Canadiens de Montréal, Martin St-Louis.

«Il faut prendre ce que la game te donne... J’irai pas plus loin que ça aujourd’hui», a-t-il lancé à la blague.

Pluie d’hommages

Avant le discours du premier ministre sortant, ses adversaires des dernières années ont rangé les gants de boxe le temps d’un avant-midi pour souligner son legs et son implication politique.

Après un hommage senti du ministre Simon Jolin-Barrette, André Fortin du Parti libéral du Québec (PLQ), la co-porte-parole solidaire Ruba Ghaza et le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon ont tour à tour pris la parole.

Pour plusieurs, les larmes ont été difficiles à contenir alors que tous ont voulu honorer l’homme derrière le premier ministre.

Simon Jolin-Barrette gagné par l'émotion en rendant hommage à François Legault Le député et leader du gouvernement Simon Jolin-Barrette s'est montré émotif, jeudi, au moment de rendre hommage à François Legault.  «Vous rendre hommage aujourd'hui, ça implique de vous dire aurevoir et ça, c'est pas facile», a-t-il dit la gorge nouée.

François Legault cédera son poste soit à Christine Fréchette ou à Bernard Drainville le 12 avril à l’occasion d’un congrès du parti qui se tiendra à Drummondville. Il continuera toutefois de siéger comme député de L’Assomption jusqu’aux élections générales.

M. Legault est le doyen de l’Assemblée nationale. Nommé ministre de l’Industrie par Lucien Bouchard il y a de cela 28 ans, en 1998, il fonde la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2011 et réalise son rêve de devenir premier ministre en 2018.

Il vit une véritable histoire d’amour avec les Québécois à travers la pandémie de COVID-19 et jusqu’en 2023, lorsque son parti commence à cumuler les bourdes et sombrer dans les sondages.

Le dernier sondage Léger-Québecor publié cette semaine suggère que la CAQ serait désormais dans les bas-fonds, à égalité avec Québec solidaire (QS), loin derrière le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ).

Résilience

Jeudi matin, les députés caquistes, tout comme les adversaires politiques de M. Legault, lui ont rendu hommage, en soulignant notamment sa résilience et son don de soi.

«Il a beaucoup donné, a déclaré, ému, le ministre de l’Agriculture, Donald Martel. Toutes les critiques qu’il a eues à la fin, je trouve que c’était des fois démesuré. Je suis triste de le perdre comme leader.»

«Ce qu’il a fait témoigne d’un don de soi pour le service public. Donc, je pense qu’il faut le reconnaître», a commenté en point de presse le député péquiste Alex Boissonneault.

«La politique, c’est dur, c’est ingrat, c’est imprévisible, donc de faire ce travail-là, que peut-être peu de gens veulent faire, c’est tout à l’honneur de François Legault», a déclaré pour sa part la cheffe parlementaire de QS, Ruba Ghazal.

«Je tiens à souligner 28 ans d’engagement public de François Legault. Qu’on soit d’accord ou non avec les décisions qu’il a prises, (...) 28 ans de service public, ça vient avec des sacrifices personnels (...) importants», a souligné le chef parlementaire du PLQ, André Fortin.

«Pendant une décennie, il a réussi à mettre fin à un débat qui a divisé le Québec profondément entre des “oui” et des “non”, il a mis fin à la polarisation sur l’enjeu constitutionnel. C’est quelque chose qui m’inspire», a ajouté le chef conservateur Éric Duhaime.

Avec de l’information de Caroline Plante de La Presse canadienne