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Défilé de la Fête nationale: célébrer les valeurs québécoises dans l’adversité

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La Fête nationale célébrée à Montréal au parc Maisonneuve Fête nationale à Montréal: Le Grand spectacle réunit sur scène plusieurs grands noms de la musique francophone, dont Gilles Vigneault.

Sous le son de la musique québécoise, des tambours et des cris de joie, des milliers de Montréalais étaient réunis, mercredi après-midi, dans le secteur de Rosemont-La Petite-Patrie, pour le traditionnel défilé de la Fête nationale. Les politiciens sur place ont souligné l’importance de se rassembler et de célébrer les valeurs québécoises, malgré le drame survenu deux jours plus tôt.

Lundi, une fusillade a éclaté dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges, tuant trois personnes, dont un policier, un civil et le présumé tireur. Les organisateurs de la fête de quartier ont décidé d’annuler les festivités locales alors que la communauté reste sous le choc.

«Je pense que Côte-des-Neiges vit cela différemment. Il faut leur laisser le temps de passer à travers la tragédie que nous avons vécue, et par respect pour les deux personnes qui sont décédées. Il y a aussi des funérailles qui commencent aujourd’hui», a commenté la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada.

«Ce qui est arrivé il y a deux jours, c’est exceptionnel, tragique, mais en même temps, ce n’est pas qui nous sommes comme peuple québécois, a-t-elle poursuivi. Et se rappeler aujourd’hui, qu’on est dans un vivre ensemble, dans un Québec ouvert sur le monde dans lequel on se respecte, et on respecte l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est ça qu’on célèbre. C’est cette culture francophone identitaire nationale.»

La co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a admis qu’elle avait trouvé la semaine «extrêmement éprouvante». Elle a dit avoir reçu de nombreux appels de femmes qui lui ont raconté qu’elles avaient peur à la suite de la fusillade, dans le contexte où le tireur présumé a laissé un manifeste violent contre les femmes.

«Pour moi, une des meilleures réponses pour résister face à cette peur, et à ceux qui veulent nous faire reculer dans des temps préhistoriques, c’est de faire ce qu’on est capable de faire au Québec, c’est-à-dire fêter ensemble, fêter notre culture, notre langue, fêter qui nous sommes. Fêter nos valeurs d’égalité entre les hommes et les femmes, c’est ce qu’on fait pendant la fête nationale. Ça, c’est le meilleur moyen de résister pour moi, c’est même un devoir de venir le faire», a déclaré Mme Ghazal.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a également fait valoir l’importance d’être uni dans ce moment difficile. «Quand le Québec est face à des drames et des défis, on est une nation qui se rassemble. Le 24 juin est une journée pour tous se rassembler et se rappeler qu’uni, on est plus fort, plus capable de faire face à ces défis. Je pense que la réponse va être forte aujourd’hui», a-t-il dit, tout juste avant le coup d’envoi du défilé.

Dans une allocution, le ministre de la Culture, Mathieu Lacombe, a fait mention de la défense du français. «On est un peuple qui se bat, certains diront depuis 400 ans, moi je dirai plus particulièrement depuis plus de 250 ans, pour pouvoir continuer à dire qui on est, et plus précisément pouvoir dire qui on est en français», a-t-il rappelé.

Des festivités ont lieu aux quatre coins du Québec, mercredi, pour fêter la Saint-Jean-Baptiste. En soirée, à Montréal, le grand spectacle au parc Maisonneuve mettra plusieurs vedettes à l’honneur, dont Diane Dufresne, Harmonium, Pierre Lapointe et Bruno Pelletier, avec Guylaine Tremblay à l’animation.

La veille, le grand spectacle de la fête nationale de la capitale avait lieu sur les plaines d’Abraham. Pier-Luc Funk était à l’animation et plusieurs artistes ont fait vibrer les festivaliers, dont le groupe Alaclair Ensemble, Gab Bouchard, Lou-Adriane Cassidy, Claude Dubois et Marie Denise Pelletier.

Ailleurs au Canada, des communautés francophones célèbrent aussi la Saint-Jean-Baptiste.

«De La Broquerie au Manitoba, dont la tradition du défilé annuel de la Saint-Jean remonte à la fin du XIXe siècle, au Solstice Saint-Jean fêté au Yukon, aux différents festivals francophones qui ont eu lieu à plusieurs endroits en Ontario ces derniers jours, la Saint-Jean-Baptiste rime avec rassemblement, a énuméré dans une déclaration écrite, la présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada, Liane Roy. Le 24 juin et le 15 août, Fête nationale de l’Acadie, forment une paire de célébrations estivales où l’on voit à quel point les gens qui parlent français en ce pays ont la fierté chevillée à l’âme.»